UNE LETTRE DE M. ED. THIERR
En 1871, lorsque le Théâtre-Français perdit M. Edouard Thierry, comme administrateur, un journaliste' disait : « Il est parti, de même qu'il était venu, tranquillenîent, modestement. » Le journaliste rapp^ait les mérites littéraires de M. Edouard Thierry, sa rare élégance de style, et enfin les éminénts services qu'il avait rendus à la Comédie- Française pendant une période de douze ailRées.
Cette note^valut Json auteur la réponse suivante toute empreinte d'aiticisme et d'esprit :
ficMon cher ami,
a Voilà comme vous envoyez votre carte de visite aux gens qui faussent compagnie, . et comme vous leur serrez la main^ur le seuil de la retraite ! Dites donc après cela que je m'en vais tranqui^ement et modestement. Tranquillement y cela commence, et. Dieu merci l je reprends toute ma sérénité depuis que j'ai quitté la rue Richelieu, depuis que je ne serre plus les mains qui se tendaient vers moi et que je n'ai plus à échanger des adieux avec ceux que j'aimais. Modestement, c'estautre chose. Vous ne m'y aidez guère, vous me mettez au contraire hors d'état d'être modeste en me traitant d'une feçon si flatteuse. Voilà ce que c'est que d'avoir passé
Hun Homme de Théâtre. 3i5
ensemble le premier siège de Paris, le bombardement, la disette et la Commune. Cela rapproche et relie singulièrement. On était déjà d'anciennes et lointaines connaissances, on devient de vrais et de vieux amis..., ejlc.
« Votre bien dévoué, <•
« Edouard Thierry.
a 26 juillet 1871. »
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