AMÉDÉE ACHARD*, CRITIQUE DE THÉATR£ APPRÉCIATION DE PAUL FÉVAL
Bien peu de temps avant de mourir, Amédée
Achard m'écrivait... a On n'aura plus affaire à
If moi, en qualité de critique. Trop de besogne, mon*
ami, et trop d'inimitiés... » ^
Un ennemi! lui, Amédée Achard?... « Il njpst
Û'un Homme de Théâtre. 32 1
personne qui ne l'ait aimé- et honoré, » a dit Paul
4préval^n lui adressan^le dernier adieu. ^
"'/*-AiUeur% Paul Péval, ce suprême arbitre en fait
d-Jic^ijpeur et de loj^té, rendait ainsi hommage au'
T/^t regreljfe" défunt : « p'ilkiStres sympathies
itourèrent..'. Toujoitrs il se tint droit le long de
iQ route littéraire mais glissante... Son âge mûr
'^piit rega^jtikren souriant sa jeunesse. »
CSrtaie c'est vrai !
'''^MILE ZOLA ET ^-'âCTRICE BRUNE
^Lorsau'il fut question de monter Thérèse Ra- ^quirtj un maître drame, dont Emile Zola est, on le sait, l'auteur, on lui avait offert de faire jouer le rôle de Thérèse par M"® Dica-Petit.
Il ëy refusait. <t Les cheveux blonds de M"® Dica m^nt éfi^f^yé, écrivait-il. Ne*pourriez-vous^avoir fliFactrice brune.et un talerit brun?,,, »
Puis^'l'auteiJr se félicitai^d^'avoir le concours de il?*- Laurentj cett^dmirable comédienne qu'il faut remercier, au nom de la littérature, des grands et nombreux services qu'elle a rendus à l'art drama- «que. '
Pour faire un trio^agistral avec M"® Laurent etâ^umaine, ]^mile Zola réclamait Lia-Félix.
M"« Dica-Petit joua'le rôle de Thérèse Raquin. Elle eut le talent brun et un succès de couleur trèsvive. L'auteur fut enchanté de son actrice.
VOYAGE A LA RECHERCHE d'uN DIRECTEUR DANS SON THEATRE
Il s'agit d'un écrivain dramatique qui, ne pouvant parvenir à joindre le directeur à qui il a affaire, raconte comiquement, et sous forme épistolaire, son odyssée d'auteur à la poursuite^^iune lecture.
ce Chermonsiei^r, il y aurait une pièce à faW avec ce sujet : Voyages à la recherche de M. X..., directeur.
« Je serais le héros de cette pièce.
a Dans le prologue, on me dirait de venir au bout de huit ou dix jours.
a I" acte. — L'attente, — Douze jours se se; raient écoulés. On me verrait, attendant, dans le foyer de la scène, au milieu des papillons de la
danse — bleu et argent, rouge ^ or. —
<c A la fin de ce premier acte, le directeur apparaît pour me dire... de réunir.
« 2® acte. — Conseils perfides. — Là, on me conseillerait de choisir unelieure dans la journée, pour déranger moins. •*'■ ^
D'un Homme de Théâtre. 323
a Long monologue. Je me décide à me présenter, le lendemain, dans le jour. Sortie pleine de dignité et empreinte d'une dotice espérance.
fjL 3* agte. — Espoir déçu. — Le théâtre repré- ^nte... le théâtre. Il est deux Heures de l'après-midi. Oh i:épète. On nf envoie successivement à toutes les portes, oîi je ttie casse le nez. — On finit par me dire que le directeur est indisposé, on m'invite à revenir le soir.
« 4« acte. — Pas de chance! — Je reviens à dix heures. Un régisseur m'apprend que le directeur est parti à neuf heures trois quarts. On accourt m'annoncer qu'il* m'attend sur la scène, a côté cdfar. » J'y vole; non; c'est « côté jardin; » je revole. Erreur; il est au contrôle. En un bond, j'y suis. Le directeur n'avait pas quitté la scène ; autre bond... Enfin, je l'aperçois... Il disparaît dans une trappe. Tabreau I
tt 5® acte. — L'entrevue I enfin I — Cet acte est encore à faire... J'attends un rendez-vous positif afin de Tarrêter et d« le mettre en scène... »
Si le spirituel baron de L..* vient à lire ce qui précède, qu'il veuille bien m'excuser d'avoir gaiement conclu les présentes historiettes en donnant uae page de sa prose vivante et spirituelle.
Bien d'autres letires, bien d'autrea^ocutnenis, de date plus récente, auraient pu être extraits des cartons de l'ex-directeur de théâtre.
Il y aurait lieu de placer ces souvenira^sous les yeux du lecteur, dans le cas oti cette première série lui paraîtrait digne d'avoir une s^ite.