‹ Historiettes (volume 2)Chapitre 501 sur 522 · DEUX LETTRES DE DES RÉ AUX · texte numérisé non relu

DEUX LETTRES DE DES RÉ AUX

En 1856, durant un court voyage en Allemagne, j'ai trouvé parmi les nombreux manuscrits de la Bibliothèque impériale de Vienne, et grâce à l'obligeance de mon excellent ami, M. Ferdinand Wolff, bibliothécaire de l'Empereur, la première lettre qu'on va lire. Des Réaux envoie à Nublé, quo non Catonior aller, ainsi que disoit Scarron, un sixain et un quatrain qu'il fait semblant d'attribuer à Gombaud, mais qui pourroient bien être de lui-même. Le quatrain conviendroit assez à la belle Lolo, M""^ de Gondran, auprès de laquelle notre des Réaux joua longtemps le rôle de l'un des quatorze témoins de sa vertu.

La seconde lettre a été trouvée par M. Louis Paris

dans les portefeuilles du chanoine de Reims, Favart. Elle

rappelle assez bien l'élégant badinage de Voiture, qui

sans doute ne l'auroit pas désavouée.

A Paris, le 7 de septembre 1G46.

Monsieur,

Nous sommes aux plus beaux jours de l'année, je veux dire que je me promené plus que jamais. Les dernières pluyes nous ont délivrés du grand chaud et de la poudre ; et puys la poste par qui Ton vous peut escrire ne part qu'une fois par sepmaine; ce jour perdu en fait perdre huict autres. Mais après tout cela je suis bien empesché de vous envoyer pour vous divertir ; on ne voit plus que de gros volumes, chacun prétend à faire recueil et il faut attendre quelque commodité pour faire tenir si loing des paquets si pesans. Je presse M. Gombaud de haster son imprimeur afin de donner encore son livre à M. de Louvat , qui peut-estre sera assez longtemps à Fontainebleau pour en attendre encore d'autres; au moins s'il y a des affaires. Messieurs du Conseil ne font qu'aller et venir, et l'on ne sait où les prendre. L'ambassadeur de Suède, nommé le comte de la Gardie, françois d'origine, y doit faire dem.ain son entrée. Il la fit hier icy, et parce que ce fut à Rully chez M. Rambouillet que monsieur lemareschal de Schomberg l'alla recevoir, on crut qu'elle seroit aussy belle que celle des Polonois, puisqu'il osoit marcher sur leurs traces; mais il y eut bien des gens trompez ; et son train véritablement estoit beau, mais c'estoit son train ordinaire de quelques gentilshommes et d'assez bon nombre de pages

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et de valets de pied. Je vous envoyé une épigramme de M. GoTTibaud. Encore qu'il imprime, il s'est réservé encore assez de bien pour pouvoir être v^olé : je luy a y desrobé celle -cy à mon ordinaire; il n'en fait pas grand cas, mais pour moy je la trouve naifve.

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