LA DU RYER
La du Ryer étoit une pauvre fille, d'auprès de Mons en Hainaut, qui étoit assez jolie en sa jeunesse : elle se donna à Saint-Preuil, qui lui fit gagner dix ou douze mille livres, en une campagne, où elle fut vivandière. Elle épouse un nommé du Ryer, et se met à tenir auberge; elle étoit aussi
un peu m Un jour qu'elle demanda de l'argent à
Saint-Preuil, il la battit. Au lieu de se fâcher de cela, elle lui alla demander pardon, et lui dit qu'elle étoit une impernente de lui avoir demandé de l'argent, elle qui savoit bien qu'il n'en avoit pas. Quand il eut la tête coupée à Amiens, elle reçut sa tète dans son tablier, et lui fit faire un magnifique service à ses dépens.
Veuve de du Ryer, elle se remaria à uu homme dont elle n'a jamais porté le nom; il étoit son maître cuisinier, à Saint-Cloud, où elle fit un cabaret magnifique. Au commencement, les dames n'y vouloient point aller ; elle avoit uu jardin là auprès, où On leur portoit ce qu'elles avoient commandé; enfin on s'y apprivoisa.
Madame de Champré, à Saint-Gloud, chez la du Ryer,