‹ Historiettes moralesChapitre 18 sur 28 · LE HÉRAUT · texte numérisé non relu

LE HÉRAUT

Fermez la barrière , le tournoi commence.

BERTRAND

Oh ! je serai un des premiers.

(Il met la lanreen «rr^tet atlaque un chevalier.)

Quel démon! le voilà aux prises avec le plus brave!

LA COMTESSE, du gradin où elle est assise avec u (hinjlle.

Quelle intrépidité a ce jeune chevalier!

RACHEL

Madame, c'est le même qui tout à l'heure était si mal vêtu.

OLIVIEB.

Quels coups de lance il donne !

Comme il est beau à présent! comme il se sert bien de ses armes 1

LA CHATELAINE.

Sans doute il ne veut pas être connu, il garde tt)UJours sa visière baissée.

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LE CHEVALIER

Courage, chevalier inconnu! la victoire est à toi : le cheval de ton antagoniste est blessé à mort.

LA COMTESSE

Quel valeureux champion !

LA FOULE

Bravo ! bravo ! (Bertrand renverse k clievilier qu'il combil ,

après avoir tué son ciievai.) Gloire au Vainqueur! qu'il lève sa visière et salue les dames.

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LES HÉflAUTS.

Non, ce jeune chevalier veut combattre encore et désire demeurer inconnu.

LA FOULE

Qu'il combatte ! qu'il combatte !

LE CHEVALIER, à pari.

Oh ! je brûle de t'embcasser, mon brave neveu !

BERTHAND, bas.

Mon oncle, c'est le plus beau jour de ma vie!

LE COMTE

Jeune chevalier, recevez mes compliments.

BERTRAND

Quelle voix ! c'est celle de mon père ; oui , c'est lui , je le reconnais à ses armes; je dois le fuir jusqu'à ce que le tournoi soit terminé.

LE COMTE

Je voudrais bien rompre une lance avec vous.

BERTRAND

Je ne puis.

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LE CHEVALIER

Excusez-le , il est peut-être blessé.

LE COMTE

Non , tout chevalier qui est encore sur ses étriers ne doit pas refuser le combat. Je le défie , je l'attaque , il faudra bien quMl me réponde.

(Il poursuii BKrtrand , qui cherche & fuir.) RERTRAND.

Être attaqué en plein tournoi et ne pouvoir se défendre!... Mais non, je ne dois pas me battre contre mon père.

LA FOULE

S'il refuse le combat , honte à lui!

BERTRAND

Oui, je le refuse.

LA FOULE

Honte à lui ! honte à lui !

Il vient de vous prouver pourtant qu'il avait du courage.

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D'UN GRAND CAPlTAINIi:. 133

BERTRAND

Et je saurai le leur prouver encore. Défendezvous, chevalier.

(Il MUiquAiu cbevulier qui entre <lans la Ike.) LE COMTE.

Mais pourquoi m'a-t-il refusé le combat?

LE CHEVALIER

Nous le saurons quand il se fera connaître.

BERTRAND

Rendez-vous, chevalier!

(Il renverse stin adversaiie dans la poussière.) LA FOULE.

Honneur ! honneur à l'inconnu !

LA COMTESSE, de sa |)lace.

Oui , oui , qu'il vienne recevoir le prix du courage !

BERTRAND

Oh ! ma mère m'applaudit aussi sans me con-

131 LES PREHEERS EXPLOITS

naître! C'est devant elle que je vais lever ma visière; elle ne pourra nie repousser. Quelle joie si

elle me pardonne! (Ils'approcbedugradina&esisamère.le comte Duguesctin et le chevalier de la Uotbe l« suivent ; il s'incline.)

Noble comtesse Duguesclin , c'est pour vous que j'ai combattu, daignerez-vous m'avoir en grâce?

<11 se découvre.) LA COMTESSE.

Bertrand!., mon fils!..

RACHEL

Mon enfant bien-aimé!..

Oh! je comprends maintenant pourquoi me il refusait le combat. Viens que je t'embrasse, mon noble fils !

LE CHEVALIER

1) sera l'orgueil de votre race.

Et celui de la France entière , (-royez-en la devineresse.

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