JEAN J
Le chevalier DE LA MOTHE, leur oncle,
La châtelaine DE LA MOTHE , leur lanlc.
RACHBL, remme juive, nourrice de Bertrand Diiguescltn,
a «c^ne ne pbhm iTabard an cbai«an dn rtrr de DotncacIlD, pDla
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la Jeunesse de Du^esclm.
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Vous mentez encore, Bachel, pour l'excuser.
Je suis sûre que vous l'avez surpris derechef se battant ou luttant avec les enfants des paysans du village.
Oh! oui, maman, il aime mieux ces petits vilins que nous.
Il dit que nous ne sommes p^ assez forts ; nous sommes trop sages pour lui.
Ainsi, vous accusez votre frère absent; c'est bien mal.
Et VOUS, nourrice , vous le justifiez toujours.
RACHEI..
Madame...
Enfin, où est-il?
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RACHEL
Madame, il s'exerce à la fronde daas la cour du cbAleau.
OLIVIER, M ICTaDt et t'approefaBat d'une fenèlre.
Voyons si c'est vrai. . . Oh ! le voici qui ren,tre, le visage en sang , les habits décliirés.
JEAN , s'approchanl i son tour di: la (ei)£tre.
Oh I il est aussi laid qu'un petit diable.
Méchant enfant ! il ne me donnera jamais que du chagrin !
BERTRAND, nrinut.
J'en ai vaincu trois .. Et maintenant j'ai bien faim.
Et VOUS, ne mangerez pas, et vous serez au pain et à l'eau, et vous sortirez d'ici pour aller avec mes laquais. Vous êtes la honte de ma famille, difforme , méchant , sans esprit. . .
BERTRAND
J'ai de la force.
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Le chapelain ne peut rien faire de vous ; vous ne savez pas lire encore.
Dois-je me faire moine ou écrivain, pour passer mon temps à l'étude ? Est-ce avec une plume que je pourrais un jour chasser les Anglais de la France ?
Voyez, madame, quelle grande pensée il y a dans cette jeune tête.
11 n'y a rien de grand en lui , car il oublie la noblesse de ses parents, et il se mêle à nos serfs.
Les Anglais sont nos serfs aussi, et, si je bats aujourd'hui nos petits paysans, cela me donne l'espérance que je battrai un jour nos ennemis. Mais, ma mère, j'ai bien faim! laissez-moi me mettre à table.
LA COMTESSE
Non , sortez d'ici.
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Moi, l'atné de vos enfants, je serai chassé de votre table , et mes frères y resteront ; non , par Dieu!
Oh ! madame , un peu de bonté pour lui ; cet enfant est destiné à de grandes choses.
n est destiné à faire le malheur de sa mère.
C'est la gène et la contrainte qui me rendent ainsi : le fruit qui ne peut pas mûrir est mauvais.
LA COMTESSE
Votre esprit ne mûrira jamais.
Laissez-moi vous dire son avenir, madame; vous savez que je suis un peu devineresse.
BERTRAND
N'est-ce pas que je serai un grand guerrier?
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m LES PREMIERS EXPLOITS
HACHEL.
Donne-moi ta main.
LA COUTESSB.
Je crois que vous êtes folle , nourrice.
RACHEL
Oh! madame, cette petite main est un grand livre où je lis bien des choses.
Et qu'y lisez-vous?
Laissez-moi me recueillir. (Elle tient la main de Bertrand et l'examine atuntivement.) Yoyez , madame, ces lignes sont belles! voilà le courage, la force, l'héroïsme, le désintéressement. Toutes les grandeurs, toutes tes vertus , seront dans l'âme de votre fils ; il illustrera sa famille et sa patrie. Je vois Bertrand se montrer dans les tournois et vaincre les chevaliers les plus valeureux. Les Anglais ravagent la France , mais Bertrand grandira , et il chassera les Anglais. Bertrand deviendra le sauveur et l'ami de son r^ il sera fait connétable. Sa vie sera une longue suite de prouesses; il obtiendra le respect
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et l'admiration de ses eoDemis mêmes ; et , quand sa belle carrière sera remplie, il ira reposer à Saint-Denis parmi les tombes des rois de France , qui le salueront comme leur égal. Oui, madame ,
cet enfant disgracié, cet enfant qui vous paraît si
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101 LES PRfiHEI» EXPLOITS
grossier, deviendra le plus renommé et le plus brillant chevalier du monde.
Oh! oui, je serai fort et brave, je le jure par tous les seiints.
LA COMTESSE
Tu n'es qu'une insensée, nourrice ; par tes folles flatteries , tu le rends encore plus indocile. Allons, je veux être obéie ; emmenez-le;
Ma mère [ ma mère ! laissez-moi m' asseoir à votre table, à la place qui m'est due.
La place qui vous est due est un chenil. Sortez.
BERTRAND, furieux.
Eh bien! oui, je sortirai, mais mes frères sortiront aussi. Si je suis laid , je suis fort , et je vais vous le prouver.
<ll se jelte sous ta table , la renverse et pousse brusquement ses firèiei.)
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LA COMTESSE
Misérable enfant! il a brisé toute ma vaisselle... Holà ! qu'on appelle son père pour le c|iâtier ! . .
BERTRAND
Oh ! je m'en vais maintenant; les paysans que j'ai vaincus ne me refuseront pas du pain.
(Ilsori; ttachellesuil.)