CHAMPS
Le 30 ventôse an Y, il désarme et conduit au camp deux Tyroliens qui voulaient le faire prisonnier.
le 16 germinal an VII, il contribue À tirer d*un pas difficile le 6<> régiment de hussards» en faisant tirer à bout portant sur la cavalerie ennemie, et protège la retraite du 2® bataillon.
Le 8 thermidor an VU, il repousse la cavalerie du Château-Lamoline, défend dans une attaque de nuit la route de Novi au camp et, le
lendemaiD, après huit heures de combat, reçoit un coup de feu qui lui traverse le corps.
Arnaud, sergent-major. — Le 14 brumaire an y, à Gadinetto, il fut chargé de tenir sur la gauche Tennemi en échec, pour soutenir la retraite du 2® bataillon, et déploya dans cette affaire une si grande fermeté, qu'avec 60 hommes, il résista aux efforts de 4,000 Autrichiens et favorisa la retraite de la division Vaabois, qui occupait les environs de Lavis.
Le 27 brumaire an V, à Rivoli, à la tête de plusieurs carabiniers dont il était sergent-major, il enleva un retranchement à l'ennemi et reçut, en y entrant, un coup de feu qui lui traversa le corps et le laissa pour mort sur le champ de bataille.
Bathier, lieutenant. — Le 3 prairial an VII, il a passé un pont sur le Pésio, entre Mondovi et Coni, défendu par 2,000 hommes d'infanterie, protégés par leur artillerie, et a forcé l'ennemi à la retraite.
Le 2 thermidor an VII, au combat de San- GuîTiano, il a chargé trois fois sur l'ennemi avec la compagnie de carabiniers dont il faisait partie et a pris deux pièces de canon.
Belle, chasseur. — Au combat de Dégo (i796), le chasseur Belle pénètre le premier dans les retranchements ennemis, arrache le drapeau des mains d'un officier piémontais et le fait prisonnier.
Biolac, chasseur. — A la bataille de Castiglione, le chasseur Biolac pénètre l'un des premiers dans les retranchements ennemis, tue
plusieurs canonniers à coups de baiounette, prend deux pièces de canon, poursuit les Autri* chiens qui avaient pris la fuite et fait 7 Hongrois prisonniers.
Bon, sous-lieutenant. — Le 3 vendémiaire an XIV, à Ulm, il arriva, malgré la mitraille, un des premiers sous les voûtes de la Porte blanche et, ne pouvant entrer, il monta sur le retranchement ; en battant en retraite, il sauva trois chasseurs qui se noyaient dans un fossé.
Bourdon, lieutenant. — Dans la journée du 7 avril i8U, cet officier a donné les preuves d'un grand courage en soutenant une charge et en se défendant contre un escadron de cavalerie anglaise, à la tète de la 4^ compagnie de voltigeurs, dont on lui avait confié le commandement. 11 reçut quatre coups de feu dans cette affaire, où sa conduite lui mérila les éloges des officiers supérieurs et généraux.
Caillaud (Jacques), sergent. — Le 8 floréal an Yll, il attaque seul une bande d'ennemis; "revenus de leur première surprise, ceux-ci se réunissent pour l'accabler. Caillaud soutient avec courage une lutte engagée avec tant d'audace, jusqu'au moment où ses camarades viennent le dégager.
Cardeilhac, capitaine. — Le 22 nivôse an V, à Rivoli, il poursuivit l'ennemi jusque sur les hauteurs de la Gorona, et contribua beaucoup, par sa valeur et son intelligence, aux brillants succès de cette journée.
Le 5 brumaire an VIII, près de Lesegno, faisant partie d'un détachement envoyé pour pro-
léger l'arrivée de plusieurs pièces d'artillerie, il reçut, du chef de bataillon commandant ledit détachement, l'ordre de marcher à la tête de la compagnie de ^carabiniers, sur l'arrière-garde d'une colonne ennemie, fondit sur elle malgré la supériorité du nombre, la mit en fuite et s'empara de deux pièces de canon et de quatre caissons.
Le 6 germinal an VII, à Bussolengo, il reçoit l'ordre d'attaquer l'ennemi avec deux compagnies, et, malgré la résistance qu'il éprouve, et le nombre bien supérieur des Autrichiens retranchés, il parvient à les forcer sur un point et leur fait beaucoup de prisonniers. -
Le 10 nivôse an IX, à l'attaque du Mont-Tonal, il enlève, à la tête d'une compagnie de carabiniers, un des principaux retranchements de l'ennemi, et se conduit dans cette journée avec jdistinction.
Clerc, capitaine. — Le 27 avril 1809, le lieutenant Clerc, à la tête de cinquante carabiniers de bonne volonté, franchit le pont de Passau,' dont une partie était démolie. Arrivé de l'autre côté de la rivière, malgré le feu très vif de 400 Autrichiens embusqués dans les maisons, il enfonce la porte de la ville, attaque l'ennemi dans sa retraite, lui fait 132 prisonniers et le force à prendre la fuite.
Un mois après, à la bataille d'Ebersberg, le même officier, ayant reçu Tordre de se porter avec sa compagnie à la tête d'un pont pour en défendre le passage, fut attaqué, au moment où il formait sa troupe en sections, par 1,000 hommes de Tarrière-garde ennemie, tant cjivalerie
qu'infanterie. Après avoir repoussé victorieusement plusieurs charges à la baïonnette et tué un grand nombre d'Autrichiens, le lieu tenant Clerc, s'apercevant que l'ennemi se disposait à lâcher pied, se mit à sa poursuite., lit 486 prisonniers et lui enleva un grand nombre de chevaux.
Cette action lui valut le grade de capitaine.
Le 5 juillet, à la bataille de Wagram, la division dont faisait partie le 17® régiment d'infanterie légère, s'étant dirigée vêts les fossés et les retranchements qui couvraient le camp des Autrichiens, était écrasée par la mitraille, lorsque le capitaine Clerc, à la tête de sa compagnie, courut sur les pièces, s'en empara et se maintint dans la position qu'il venait d'enlever de .vive force, jusqu'au moment où les Français, frappés subitement d'une terreur panique, battirent en retraite sur toute la ligne. Il fut alors forcé de suivre le mouvement de la division et de renoncer à continuer le feu sur deux colonnes d'infanterie ennemie, dont il avait déjà préparé la déroute.
Le lendemain, la position de Wagram ayant été enlevée par l'armée française, et le 17® léger ayant donné dans cette circonstance des preuves de la plus grande intrépidité, en faisant meltre bas les armes à un carré de 1,800 Autrichiens, que trois régiments de cavalerie n'avaient pu entamer, le capitaine Clerc, qui, dans cette journée avait partagé la gloire de ses frères d'armes, fut envoyé avec sa compagnie pour s'emparer d'un passage gardé par aoo hommes de troupes ennemies. Cette expédition offrit encore à cet officier une occasion de se distinguer : il tomba sur les Autrichiens comipe la
foudre, les culbuta, les fit prisonniers et se rendit maître du passage, par lequel l'artillerie et la cavalerie défilèrent aussitôt.
Dans la nuit du 27 au 28 octobre i8i3, pendant le siège de Dantzig, le capitaine Glebc, de garde aux avant-postes de Schidlitz, ayant reçu l'ordre d'attaquer l'ennemi qui était venu, avec des forces très supérieures, s'emparer du poste avancé de la barrière du village, parvint non seulement à reprendre ce poste qui lui fut disputé avec acharnement, mais encore à faire à lui seul un officier prussien et cinq soldats russes prisonniers.
Le 2 novembre, à l'attaque de Stolzenberg, cet intrépide capitaine, suivi de 70 carabiniers qui formaient la tête de la colonne, s'élauça l'un des premiers dans les retranchements ennemis.
Clérisi, capitaine. — Le 28 avril 1809, à l'évacuation de la ville d'Amarante, le capitaine Clérisi fut commandé avec sa compagnie (la 2^ du 2° bataillon), pour sauver pendant la nuit deux pièces de canon, un obusier et leurs caissons qui se trouvaient au bas de la ville, près d'une église. Toute la ville était en feu. Ce fut dans cette circonstance que M. Clérisi parvint, après avoir manœuvré toute la nuit, à sauver cette artillerie en traversant la ville au milieu des flammes, puis en suivant un petit chemin tortu.eux, unique issue qui lui restait. Pendant qu'une partie de sa compagnie résistait à l'ennemi qui rentrait dans la ville, l'autre partie travaillait à abattre des murs et de pelits rochers pour frayer un passage aux pièces; mais des
obstacles de nature à ne pouvoir être abattus s'étant présentés, il fut obligé de faire enlever les canons et les voitures par les hommes pour les franchir.
Il déploya dans cette occasion une énergie et une constance remarquables, et parvint à rejoindre le camp français avec son artillerie et ses caissons, après avoir traversé encore un faubourg en feu, qui semblait devoir lui barrer le chemin.
Collas (Paul), chasseur, né à Purre (Ardeunes). — Au combat de Manheim, le 18 septembre 1799, Collas, envoyé en tirailleur, aperçoit trois de ses camarades qui, enveloppés par un parti de cavalerie autrichienne, sont sur le point d'être faits prisonniers. Aussitôt il vole à leur secours, renverse tout ce qui s'oppose à son passage, parvient à dégager deux de ces braves (le troisième venait d'être tué), et met en fuite les cavaliers étonnés de l'audace du fantassin. Au moment où il retourne à sou poste, Collas est mortellement blessé d'un coup de feu :
« Camarades, dit-il alors aux deux soldats qu'il avait délivrés, voici ma bourse, je vous la donne ; mais auparavant, faites-moi le plaisir (et il leur montrait celui qui l'avait si bien ajusté)
de descendre ce b là. » Les soldats, ayant
rempli ses intentions, revinrent auprès de lui : « A la bonne heure, ajouta-t-il, c'est toujours un de moins ; je meurs content. Vive la liberté ! »
Il donnait ainsi à ses camarades un exemple touchant de fraternité militaire, jointe à un ardent patriotisme et au mépris de la mort.
CosTEY, sous-lieutenant. — Le 16 thermidor an IV, il était entré de vive force dans Gastiglioue, y avait fait 60 prisonniers après une heure de combat quand, assailli bientôt par un nombre considérable de cavaliers autrichiens, il se vit reprendre ses prisonniers et tomba luimême au pouvoir de l'ennemi.
Dairt (François), caporal, né à Réthel (Ardennes). — Il pénétra l'un des premiers dans le vieux château de Castiglione, tua plusieurs ennemis après avoir escaladé les retranchements et fit plusieurs prisonniers.
Daran, capitaine. — Dans la journée du 11 juin 1807, après que l'ennemi eut attaqué avec des forces supérieures le camp de Borki, la 4^ compagnie du 1®'' bataillon du 17® léger, commandée par le capitaine Daran, fut assaillie dans la redoute de Klinbialobsegio par une nuée de Cosaques et par un bataillon d'infanterie, soutenus par trois bouches à feu; malgré les efforts réitérés de l'ennemi, elle résista avec intrépidité, repoussa victorieusement l'attaque et se couvrit de gloire.
Dedoltall, adjudant-major. — S'est conduit avec distinction à l'attaque du Mont-Tonal dans la nuit du 2 au 3 nivôse au IX ; forcé à la retraite, il prit sur ses épaules le sergent-major Lejosne, faisant fonctions d'adjudant, qui, blessé d'un coup de feu lui traversant l'épaule, aurait péri dans les neiges, et le transporta ainsi jusqu'à ce qu'il l'eût mis à portée d'avoir du secours.
A Austerlitz, il commandait les tirailleurs qui
chassèrent les Russes de la droite du village au bas du Santon.
, Degeorge (Cyprien), carabinier. -— Degeorge est un de ces soldats qui font. l'orgueil du corps auquel ils appartiennent. Pendant la guerre de 180^, en Allemagne, il montra tant de sangfroid, de courage et d'intrépidité, que ses chefs se plurent à le citer en exemple aux recrues et même aux vieux militaires qu'ils conduisaient au feu. Devant Ulm, il se précipita dans une rivière rapide et dangereuse, pour sonder le gué et pour faciliter à ses compagnons d'armes les moyens d'exécuter contre l'ennemi ime manœuvre qui n'eut pas lieu, parce que les obstacles à surmonter étaient invincibles. Peu d'instants après avoir donné les preuves d'un pareil dévouement, coînme il était venu reprendre son rang parmi ses camarades et qu'il entendit son capitaine s'écrier : « Carabiniers, aux pièces ! » suivi de deux des plus braves. Dans et Didel^ il s'élança en avant du front de sa compagnie, courut directement à une batterie placée à l'extrémité d'un pont presque détruit et dont il ne restait plus que quelques poutres brisées, s'avança audacieusement sur les débris chancelants des arches, fonça aussitôt sur les canonniers ennemis, les mit hors de combat et s'empara de deux bouches à feu dont la mitraille moissonnait nos soldats.
Encouragés par ce succès, Degeorge et ses deux compagnons, bravant le feu terrible qui partait des remparts d'Ulm, poursuivirent les Autrichiens la baïonnette dans les reins, jusque sous les voûtes de la porte principale, qui se
ferma au moment où ils allaient pénétrer dans la place. Les trois intrépides carabiniers se trouvèrent alors dans une situation des plus critiques. Il fallait se rendre, ou rétrograder au milieu de mille morts, et sous le plomb meurtrier ' de plusieurs milliers d'ennemis ; sans hésiter, Degeorge adopta cette dernière résolution et parvint à rejoindre ses compagnons. Moins heureux que lui, Dans et Didel furent mortellement frappés.
Le iO octobre 1806, Degeorge se signala de nouveau à l'affaire de Saalfeld, où il fit des prodiges de valeur. De nombreuses actions d'éclat le firent, à cette époque, remarquer des généraux Suchet et Claparède^ qui demandèrent pour lui la décopation de la Légion d'honneur.
Delaunay, chef de bataillon. ~r Le 23 nivôse an V, au combat de Ferrare, il entra un des premiers dans un épaulement dont l'ennemi s'était emparé, contribua à forcer ce dernier à la retraite et fit prisonnier un officier autrichien.
Le 24 nivôse an V, à Rivoli, il fut enveloppé par six Autrichiens qui lui enlevèrent sa capote ; mais, par sa défense vigoureuse, il parvint à se débarrasser d'eux.
Le 25 nivôse an V, il contribua beaucoup à forcer un parti ennemi, au nombre d'environ 200 hommes, à abandonner, dans le bois de Passone, deux pièces de canon que, faute de chevaux, il fit traîner jusqu'à Saint-Martin par des Autrichiens qui venaient d'être faits prisonniers.
Dbschamps, capitaine. — Le 16 thermidor an IV, il chargea sur deux pièces d'artillerie et,
quoique blessé à la cuisse d'un coup de biscaîen, demeura à son poste jusqu^à la fin de l'action.
Le 27 brumaire an V, à Rivoli, il délivra deux compagnies cernées par l'ennemi au nombre de 300 hommes, fit prisonnier le commandant de cette troupe qui, coupée dans sa retraite par un détachement de la 4^ légère, mit aussi bas les armes.
Le 23 floréal an VH, au combat de Valence, il délivra une cinquantaine de grenadiers français qui, réfugiés dans une cour, étaient pris par les Russes et fit de ces derniers un grand carnage ; n'ayant pu leur faire rendre les armes, il continua de charger sur eux jusqu'au moment où il eut la poitrine traversée d'un coup de feu.
Deschamps, sous-lieutenant. — A été fait souslieutenant de grenadiers par ordre du général jMoreau, pour sa belle conduite dans la journée du 28 thermidor an VII, à Novi.
Deshayes, capitaine. — Le 18 thermidor an IV, avec huit chasseurs, a enlevé un convoi d'artillerie, pièces et caissons attelés, et a mis en fuite un détachement de hussards qui l'escortait.
Le 14 brumaire an'v, voyant l'ennemi près d'entrer dans Cadinetto avec les Français, il va précipitamment en fermer les portes, rallie en dehors les chasseurs du 2® bataillon, s'y soutient contre l'ennemi jusqu'à ce que le pont de Trente soit incendié et lui ôte le moyen de faire aucune tentative.
DuMAREix, chef de bataillon. — Comme capitaine, le 16 thermidor an IV, à Gastiglione, après
être arrive un des premiers à la redoute de gauche de l'église, il poursuivit l'ennemi jusqu'à la fin du jour et le débusqua d'une position où il voulait se maintenir.
Le 25 nivôse an V, à Rivoli, il gravit le premier le roclier d'Aspine, malgré le feu le plus vif ; les soldats, encouragés par son exemple, le suivirent et l'ennemi fut culbuté.
Le 16 germinal an VII, devant Vérone, il fit tète à la cavalerie ennemie et rendit vains ses elTorts pour rompre le l^*" bataillon en colonne.
Le 8 floréal an VU, à Cassano, avec quatre compagnies, il fit mettre bas les armes à un bataillon de grenadiers hon^ois.
Comme chef de bataillon, le 3 vendémiaire an VIII, il enleva de vive force Villafranca en Piémont, défendue par 900 hommes, dont 200 cavaliers et trois pièces de canon.
Deshuissart (Joseph), sergent, né à Ville- Parisis (Seine-et-Marne), -r Parti en 1792, avec un bataillon de volontaires de son département, il se signala par sa bravoure pendant toutes les guerres de la Révolution, de 1793 à 1799. A l'armée du Rhin, envlSOO, il faisait partie, d'un peloton de tirailleurs, lorsqu'il se trouva subitement entouré par une compagnie d'infanterie autrichienne ; sommé de se rendre, le brave Deshuissart refuse de déposer sou arme, et engage avec l'ennemi un combat inégal, lui tue plusieurs hommes et se défend jusqu'à l'arrivée de ses camarades, qui viennent bientôt le dégager.
Le général Moreau, informé de cet acte d'intrépidité, sollicita en faveur de son auteur la délivrance d'un fusil d'honneur ; il en reçut le
brevet à la date du 29 brumaire an X. Ce brçive sous-officier obtint sa retraite en 1804 et alla terminer son honorable carrière dans ses foyers.
FouLLu, lieutenant. — Le 6 germinal an VII, il coupa la retraite, sur les bords de l'Adige, à l'arrière-garde ennemie, l'obligea à s'enfermer dans une tuilerie et, après s'être concerté avec deux officiers sur ce qu'il convenait de faire, il attaqua les Autrichiens, enfonça la porte de la tuilerie et lit poser les «armes à 400 hommes, parmi lesquels 6 officiers.
Le 8 floréal an VII, à Gassano, il se défendit contre plusieurs hussards, en démonta un d'un coup de fusil et ramena son cheval. Il sauva un sergent qui, blessé de plusieurs coups de sabre, allait être pris par l'ennemi. 11 n'a cessé de se distinguer pendant cette journée ; posté à l'entrée d'un bois avec quelques chasseurs, il arrêta la marche de l'ennemi.
FouRTET, chef de bataillon, né à Valence d'Agen (ïarn-et-Garonne). — Entré au service en 1792, dans la compagnie franche de Morlaix, où il avait été nommé lieutenant, Fourtet a fait avec distinction toutes les campagnes de la Révolution, jusqu'au moment du licenciement de l'armée de la Loire. Pendant 23 années, il a pris part à presque tous les combats dans lesquels s'est signalé le brave 17« régiment d'infanterie légère.
Le 16 décembre 1793, cet officier ayant reçu Tordre de se porter sur-le-champ avec sa compagnie à l'entrée d'un bois d'où les Français avaient été repoussés, ramena à la charge les tambours qui fuyaient, attaqua Kennemi avec
impétuosité, le culbuta^ lui tua un grand nombre d'hommes et fit plusieurs prisonniers.
Le 19 floréal an IV, au combat de Fombio, après le passage du Pô, il s'est emparé de la porte d'une maison où s'était retranchée une compagnie d'Autrichiens, laquelle ayant refusé de se rendre, après trois sommations, voulut tenter une sortie qui réussit d'abord ; mais assaillie de nouveau par le lieutenant Fochtet et les neuf carabiniers qu'il avait avec lui, elle mit bas les armes ; 70 Autrichiens, dont un capitaine, furent faits prisonniers.
Peu de jours après, à la bataille de Borghetto, où les Autrichiens perdirent i,SOU hommes, 500 chevaux et 5 canons, étant à la tête d'une section de ses carabiniers, il traversa le premier le Mincio, sous un feu des plus meurtriers, et contribua puissamment, par cet acte d'intrépidité, au succès qui couronna cette journée.
En 1806, au combat de Saalfeld, Fouêtet, avec la compagnie de voltigeurs qu'il commandait comme capitaine, enleva une pièce de canon, s'empara d'une des portes de la ville et la traversa en ripostant au feu terrible qui, de toutes les croisées, était dirigé sur lui. Pendant que l'action était le plus vivement engagée, il franchit en courant la plaine entre Saalfeld et la rivière, entra dans l'eau jusqu'à la ceinture, aborda sur la rive opposée un carré d'infanterie qui résistait au choc de notre cavalerie, fit sur lui une décharge à bout portant et commença la déroute de l'ennemi ; celui-ci, poursuivi par les 9® et 10® hussards, mêlés aux voltigeurs, laissa entre leurs mains un grand nombre de prison^ niers. Parvenus à une montagne trop escarpée
pour que les chevaux pusseut la gravir, les fuyards tentèrent de se reformer ,• mais l'intrépide FouRTET avec ses soldats fonce sur eux, les culbute de nouveau, les pousae la baïonnette aux reins et ne s'arrête qu'après les avoir tous tuôs,^ pris ou dispersés.
Le duc de Montebello, témoin de ce succès, avait voulu savoir à quel corps appartenait la compagnie q.ui avait opéré un mouvement aussi audacieux; il chargea le général Victor de s'en informer ; celui-ci flt venir le brave Fourtet et, après lui avoir fait plusieurs questions : « Capitaine, lui dit'il, je vous fais mon compliment ; le maréchal Lannes vous observait, vous vous êtes parfaitement conduit, au revoir ! »
Dan^ la matinée du jour qui précéda la bataille d'Iéna, le brouillard était si épais qu'à peiae pouvait-on voir à une distance de quatre pas. Pendant cette bmme, quelques coups de fusil entendus sur la hauteur Arent présumer au maréchal Lannes que l'ennemi n'était p^s fort éloigné. Afin de s'en assurer, il y envoya une compagnie de voltigeurs ; c'était au tour du capitaine FouBTET de marcher; il partit aussitôt, se dirigea sur le point indiqué, culbuta un poste de 20 hommes et le chassa devant lui ; tout à coup, il fut en présence de quatre bataillons qui, en faisant un feu des mieux nourris, se retiraient lentement à mesure qu'il avançait ; il leur répondit par des décharges réitérées de son peloton et continua cette manœuvre l'espace de plus de 300 toises; alors les bataillons s'arrêtèrent à un quart de portée de mousqueterie.
FouRTET les observait attentivement ; bientôt ils disparurent ; il crut qu'ils se disposaient à l'enve-
lopper ; dans celte incertitude, il détaclia autour de lui quelqnes tirailleurs et resta immobile, espérant qu'averti par le bruit qu'il se trouvait engagé, son régiment ne tarderait pas à le secourir. Cinq minutes à peine s'étaient écoulées depuis qu'il était dans cette position," lorsque les vapeurs venant à se dissiper et l'horizon à s'éclaircir, il se voit au milieu de l'armée prussienne qui, de sa droite à sa gauche, formait un vaste demi-cercle ; aucun corps ne s'ébranle, les quatre bataillons n'interrompent pas leur mouvement de retraite ; mais des nuées de tirailleurs fondent de toutes parts sur la poignée de soldats que guide Fourtet. Il était dans cette situation critique, quand un capitaine de ses amis, étant accouru à son secours avec sa compagnie, ils parvinrent ensemble, jpar un feu habilement dirigé, à tuer un grand nombre de tirailleurs, »^ éloigner les autres et à sortir du plus pressant danger. Le maréchal Lannes, qui se trouvait sur la hauteur quand Fourtet arriva, lui dit : « Capitaine, à Saalfeld, il y avait de la bravoure ; ici, à la bravoure vous avez joint la témérité ; vous vous êtes bien défendu, je suis content de vous ; mais, une autre fois, soyez plus sage. »
A minuit, Napoléon fit venir Fourtet et lui demanda ses observations sur la nature du terrain qu'il avait dû apercevoir à droite et à gauche; Fourtet répondit à toutes ses questions d'une manière satisfaisante. Le lendemain, l'attaque eut lieu par les points qu'il avait reconnus et ce fut lui que l'on choisit pour guider le corps d'armée, en tête duquel il marcha avec ses voltigeurs. Il s'acquitta de cette tâche avec beau-
coup d'intelligence et ne commit aucune erreur, malgré un brouillard qui n^élait pas moins épais que celui de la veille.
Après s'être successivement fait remarquer par sa bravoure en Italie, en Suisse, en Autriche, en Prusse et en Pologne, Fourtet, qui avait été fait capitaine sur le champ de bataille, et dont les vertus guerrières avaient déjà été récompensées par l'étoile de l'honneur, fut envoyé en Espagne, où de nouveaux exploits le montrèrent digne de la réputation qu'il avait acquise.
Le 19 mars 1809, devant Braga, il chargea à la tête de sa compagnie contre trois pièces de canon et parvint à s'en emparer.
Dix jQurs après, à Oporto, il s'élança l'un des premiers dans une redoute vigoureusement défendue par les Portugais, tua les canonniers et enleva encore trois bouches à feu.
En septembre 1810, il déploya la plus grande valeur au combat de Busaco : à Sabugal, le 3 avril 1811, il montra un sang-froid et un courage à toute éprenve. Au fort de la mêlée, il offrit son cheval à son colonel qui ne pouvait plus maîtriser celui sur lequel il était monté ; mais cet officier supérieur n'ayant pas voulu accepter une offre aussi généreuse, le chef de bataillon Fourtet mit pied à terre et envoya son cheval au capitaine Pioche dangereusement blessé, sur le point de tomber au pouvoir de- l'ennemi que le nombre avait rendu victorieux. Au risque d'être fait lui-même prisonnier, le brave Fourtet suivit à pied le mouvement rétrograde de son régiment.
Le 16 décembre 1812, ù Bohnsaek, près de Dantzig, il résista avec son bataillon à 600 Rus-
ses soutenus par 400 hommes d'infanterie et 4 pièces de canon. Obligé de se retirer, après un combat des plus meurtriers, it le lit en bon ordre, marchant en bataille, au pas ordinaire, et se frayant un passage à travers la cavalerie qui Tenvironnait de toutes parts^ Arrivé k Neufehr, où la hrigade du général Gault vint à son secours, il reprit l'offensive, culbuta l'ennemi, le poursuivit avec vigueur pendant plus d'une lieue et le força de se précipiter au galop sur les glaces de la Vistule, pour sauver son artillerie.
GouDAux (Jean), capitaine. — Le 16 thermidor an IV, à Castiglione, il enlève une pièce de canon défendue par un détachement nombreux d'infanterie et de cavalerie.
Le 13 brumaire an Vlll, ayant pris le commandement du i^^ bataillon, il protégea la retraite de la division de Villafellata et empêcha, par ses manœuvres, qu'elle ne fût enveloppée et prise dans cette journée.
Grenet, capitaine. — Le 7 germinal an V, il arriva le premier aux portes du château de Milbach et sabra plusieurs Tyroliens qui le mettaient en joue. Il entra le premier au château, suivi d'un carabinier auquel il sauva la vie, et tua un Tyrolien qui '^'ardait la porte du château.
Le 26 nivôse an V, à Rivoli, avec uu sergent et 14 chasseurs, il fit, sur les hauteurs de la Gorona, 500 prisonniers, dont 4 oiïiciers.
Le îl ventôse an VU, avec 150 hommes, il défit, près d'Acqui, les insurgés, au nombre de 800, leur prit une pièce de canon et délivra le bataillon de la 29^ légère, prisonnier dans Acqui.
GuiBÉGA, capitaine. — Il y avait à peine trois mois que le capitaine Guibéga avait obtenu ce grade, lorsqu'il se présente à son général pour lui demander celui de chef de bataillon : « Vous l'avez gagné il y a quinze jours, lui dit le général, mais j'ai cinq capitaines plus anciens que vous qui ont mérité ce grade et je dois les faire passer avant vous. » — « Eh bien ! général, lui dit Guibéga, je vous donne ma parole d'honneur que je vous forcerai la main. » — « Eh bien ! essayez, dit le général. »
Huit jours s'étaient à peine écoulés, qu'on vit, à l'affaire de Cairo, le capitaine Guibéga devancer à travers une pluie de balles, la tète d'une colonne, se jeter dans une redoute, y faire le coup de sabre avec deux oflBciers et un sergent, tuer le dernier, désarmer les deux autres et chasser tous les défenseurs de la redoute. Le général, présent à cet acte d'audace et de bravoure, lui accorde le grade demandé dans la redoute même et au milieu du feu de l'ennemi.
GuiLMAiN, caporal. — Le 1^'' frimaire au V, envoyé en patrouille avec 4 chasseurs dans les gorges de Passone, le caporal Guilmain fait mettre bas les armes à 50 hommes.
GiOMARD, capitaine. — Le 6 germinal an VII, à l'attaque qui eut lieu sur Sona, accompagné d'un sergent et de 3 voltigeurs seulement, il fonça sur un poste ennemi qui les tenait en joue et fit 11 prisonniers.
Henon, capitaine. — Dans le combat du 4 novembre 1796, à Mori, nul ne ût preuve de plus d'énergie que le capitaine Hemon ; placé avec
quatre compagnies sur les hauteurs de Segonzano, il avait Tordre d'attendre la brigade qui était à Pergine. Celle-ci fit son mouvement par une autre route et le capitaine Henon se trouva cerné et sommé de mettre bas les armes. Pour toute réponse, il se jeta à la tête de sa troupe et se fit jour.
Henry (Adrien), carabinier. — Le 16 germinal an Vil, à Bussolengo^ en Italie, ce militaire s'est particulièrement distingué, a fait 8 Autrichiens prisonniers et a été blessé à la cuisse gauche.
Le 14 octobre 1805, il se dévoua pour passer le Danube à la nage, afin de sonder le fleuve qui était alors débordé ; ne calculant aucun danger, il n'écouta que son courage et fut l'un des quatre soldats qui se dévouèrent à la demande du général Suchet et du duc de Montebello ; il fit, dans cette journée, un capitaine et un soldat prisonniers.
Herland, lieutenant. — Le 16 novembre 1796, à Rivoli, ayant été pris et dépouillé par les Croates, non seulement il s'échappa de leurs mains, mais encore dégagea deux de ses camarades, prisonniers comme lui.
Le 14 janvier 1797, à Rivoli encore, le lieutenant Herlând [se trouvant inopinément en face d'une douzaine de Croates, en désarma un et fit le reste prisonnier.
Hue, capitaine. — Le 2 frimaire an IV, dans la rivière de Gènes, il reçut l'ordre d'attaquer avec 160 hommes l'ennemi retranché, lui enleva plusieurs redoutes, et notamment Tune d'elles, défendue par quatre pièces d'artillerie et une
grosse troupe d'infanterie dont il écharpa la majeure partie ; bientôt, un autre corps autrichien s'avança pour reprendre cette redoute; mais le capitaine Hue tourna contre lui l'artillerie dont il s'était emparé, l'ébranla par son feu, puis se jeta sur lui à la baïonnette et le mit en déroute.
Le 16 thermidor an IV, il monta au fort de Castiglionô, y prit deux pièces de, canon et fit 400 prisonniers.
Le 15 brumaire an V, il délivra une compagnie cernée par un régiment autrichien.
Le 25 nivôse an V, à Rivoli, il cliargea un bataillon autrichien, le mit en déroute et fit un grand nombre de prisonniers.
Impérial, lieutenant. — Comme tambourmajor, le 25 nivôse an V, il se comporta avec la plus grande valeur; il culbutait l'ennemi, tantôt à coups de canne et de sabre, tantôt à coups de pierre et de poing, et mit plusieurs Autrichiens hors de combat.
Le 8 pluviôse an V, il entra le premier dans la redoute de Brentonlco, frappant sur l'ennemi à coups de canne, et en chassa ceux qui la défendaient.
Jamotte, caporal. — Le 24 décembre J800, le Caporal Jamotte entre seul à la baïonnette dans une redoute avancée du Mont-Tonal, s'y bat longtemps contre trois Autrichiens, en met deux hors de combat, fait l'autre prisonnier et jette tellement l'épouvante dans la redoute qu'elle tombe au pouvoir des Français.
JuLLiEN, capitaine. — Le 16 thermidor an IV, à l'attaque de Gastiglione, 11 est entré l'un des
premiers dans la ville et, d'un coup de sabre, il a mis hors de combat un canonnler sur le point de mettre le feu à une pièce chargée à mitraille ; il a, par ce moyen, évité la perte de plusieurs braves qui en eussent été infailliblement victimes.
KuDER, capitaine. — Le 14 janvier 1797, à Rivoli, ayant été fait prisonnier, il attaqua son escorte, tua un de ceux qui la composaient, en étourdit un autre et s'échappa.
Lacomblée, porte-aigle, né à Forest (Nord).
— Entra au service le 10 septembre 1792 dans im des bataillons de volontaires qui formèrent la 17<^ demi-brigade d'infanterie légère. Il fit les campagnes de 1792, 1793 (ans 11 et llïj, à l'armée de Sambre-et-Meuse et fut nommé caporal le 19 prairial an îlf. Passé en l'an IV à l'armée d'Italie, où il fit la guerre jusqu'en l'an VIIl, il se distingua, le 19 floréal an IV, au passage du Pô et au combat de Fombio ; il fit des prodiges de valeur au combat de Borghetto et passa un des premiers le pont du Mincio, le 19 prairial suivant. Blessé d'un coup de feu à l'affaire du \% nivôse an V, il fut fait sergent le 21 ventôse de la même année et se distingua de nouveau, le 2 messidor an VIF, à l'affaire d'Alexandrie, où il reçut un coup de feu. Employé en l'an IX à l'armée des Grisons, il reçut un fusil d'honneur le 29 messidor an X et servit en l'an XII et XUI i'i larniée des côtes de l'Océan. Il prit part aux opérations de la Grande Armée en Autriche, en Prusse et en Pologne, et se trouva aux affaires d'Ulm, d'Austerlitz, de HoUabriinn, de Saalfeld, d'iéna, où il fut blessé d'un coup de feu à la
hanche gauche ; de Prenzlaii, de Pultusk et d'Ostrolenka. Soiis-Iieutenant au 17'' léger, le 21 décembre 1806, il fut promu lieutenant le 8 octobre 1808 et servit en Espagne et en Portugal, où il combattit avec une grande bravoure aux affaires de Braga, d'Oporto, de Penafiel et de Busaco. Premier porte-aigle du régiment le 2 février 1809, Lacomblée fut admis h la retraite le 10 juillet 1811.
Lejosne, chef de bataillon. — Gomme sergent-major, à la 2^ attaque du Mont-Tonal, il s'élance le premier sur un retranchement, décide par son exemple ses camarades à le suivre, débusque l'ennemi et lui fait plusieurs prisonniers ; quoique blessé d'un coup de feu qui lui avait traversé l'épaule, il ne quitte le lieu du combat que lorsqu'on l'emporte de force. Le Premier Consul lui décerna un fusil d'honneur.
Comme capitaine : A l'affaire devant Oporto, le général de division Delaborde demanda s'il n'avait pas quelques braves grenadiers pour exécuter une troisième charge ; ayant réuni tout ce qui lui restait de carabiniers, il exécuta cette charge avec autant d'audace que de sang-froid, repoussa l'ennemi, fut blessé d'un coup de feu au bas-ventre et ne cessa pour cela de combaltre que lorsqu'il reçut l'ordre de rétrogader.
A l'attaque de la montagne de Busaco, la colonne ayant été arrêtée à une petite distance d'un des principaux rochers, il demanda au général Foy de lui permettre de s'en emparer ; en moins de cinq minutes, IS de ses grenadiers y furent établis.
Legendre, lieutenant. — Comme sous-lieute-
nant, à la bataille d'Austerlitz, étant à la tête de 20 chasseurs, il sauva une section de voltigeurs chargée par 230 cosaques.
Gomme lieutenant, au combat de Saalfeld, à la tôte de ses tirailleurs, il traversa la rivière en poursuivant l'ennemi, le força d'abandonner deux pièces de canon et deux caissons qui furent conduits sar-le-charap au parc d'artillerie.
Lesire (Jean), sergent, né à Chalon-sur-Saône. — Le 8 mai 1796, au combat de Fombio, où 5,000 Autrichiens, commandés par le général Liptai et soutenus par plusieurs pièces de canon, furent défaits par une poignée de Français, l'in- Irépjde sergent Lesire, suivi de 8 carabiniers, s'élança le premier sur les retranchements ennemis et lit mettre bas les armes à un capitaine ainsi qu'à 70 soldats autrichiens qui se constituèrent prisonniers.
Peu de temps après, ce sous-officier fit encore des prodiges de valeur à la bataille de Rivoli.
Le 24 décembre i800, le courage qu'il déploya au Mout-Tonal, où, en se précipitant dans les rangs de l'ennemi, il fit mordre la poussière aux plus audacieux, et reçut lui-même une blessure glorieuse, lui valut un fusil d'honneur décerné par le Premier Consul le 20 novembre
Lestins (François), sergent. — Se signala pendant les campagnes de l'armée d'Italie eu 1795 et 1796, notamment à la bataille de Casliglione, le 16 thermidor anr IV, où il fit deux prisonniers et s'empara d'un caisson de munitions avec son attelage. Le Premier Consul lui adressa, le 6 frimaire anXr, le brevet d'un fusil d'honneur.
Levèque, chef de bataillon. — A protégé avec 800 hommes contre 0,000 Autrichiens la retraite de la division Vaubois au combat de Cadinetto et, malgré les efforts de l'ennemi, a fait brûler le pont de Trente pour arrêter sa marche (14 brumaire an V).
Maurice (Jean), sergent, né à Saqueoay (Côted'Or). — Le 25 germinal an IV, il s'élança le premier dans les redoutes de Dégo, tua plusieurs Pié montai s à coups de baïonnette et leur enleva un drapeau. Ce brave se distingua encore au combat du 16 germinal an VII.
Mauri^ (Jean), carabinier, né à Marseille (Bouches-du-Rhône). — Le 27 avril 1799, étant en tirailleur, il fut cerné par 16 cavaliers ennemis ; sans rien perdre de son sang-froid, il se plaça derrière un arbre, en tua cinq à coups do fusil et aurait fait subir le même sort aux autres, s'ils ne s'étalent sauvés à toute bridé.
Meunier, lieutenant. — Le 22 fnictidor an VU, il a défendu avec 22 hommes un mamelon en avant d'Avigliano, contre 400 Autrichiens appuyés de trois pièces de canon.
Le 13 brumaire an VIII, il a repoussé deux fois la cavalerie ennemie avec un peloton de chasseurs et a contribué à favoriser la retraite de la demi-brigade.
Michel, lieutenant. — Le 17 messidor an IV, ayant eu son sabre coupé par un coup de feu, il s'arma de pierres pour en assaillir les Autrichiens qui voulaient s'emparer de la position où il était et, par sa résistance, donna le temps d'arriver à une troupe française de renfort.
Le 24 nivôse an V, une terreur panique s'étant emparée de ses soldats, il resta seul à son poste avec le capitaine et un sergent, prit un fusil, se mit en faction et ne fut rejoint par sa troupe qu'à onze heures de la nuit.
Moineaux (Jean), sergent, né à Blauzac (Charente). — Le 7 thermidor an IV, il avait fait * cinq prisonniers et les ramenait à son corps, lorsqu'il fut assailli par un piquet de cavalerie ; il se défendit avec opiniâtreté ; mais, écrasé par le nombre, il fut laissé pour mort sur le champ de bataille.
Mondain (Jacques), sergent à la 2® compagnie du 2*^ bataillon, né dans le Calvados. — On lit dans l'arrêté consulaire du 29 brumaire an IX, qui accorde un fusil d'honneur à ce sous-offlcier :
« Mondain se conduisit d'une manière héroïque à la bataille de Rivoli, le 25 nivôse an V. Ce militaire s'est distingué dans toutes les actions et a toujours été le premier à la charge, à la tête de ses camarades ; en retraite, il restait toujours le dernier ; ses discours et sa persévérance contribuèrent beaucoup à la défaite de l'ennemi, qui fut mis en déroute ; il fut blessé dans cette affaire ».
MoREAux (Jérôme), sergent à la 5« compagnie du 3° bataillon, né dans le département du Lot. — Au combat de Montelegino, le 21 germinal an IV, au moment où la redoute était assaillie par l'ennemi, il fit une sortie à la tête de quelques chasseurs, le culbuta et s'empara d'un des retranchements.
Au fort de Céva, placé Bur les glacis, il empêcha les canonniers ennemis, par les coups de feu bien dirigés qu'il enfllait dans l'embrasure, de faire jouer une pièce sur le pont du Tanaro, par lequel devaient passer les troupes françaises.
Le 29 bminaire an X, le Premier Consul lui adressa le brevet d'un fusil d'honneur.
Olaonié, caporal. — S'empara d'un drapeau au combat de Dégo.
PicoN (Jean- Joseph), tambour, né à Nice (Alpes- Maritimes). — A la bataille de Mondovi, Picon ne cessa pas de marcher un instant à la tête de ses camarades. Lorsqu'on eut ordonné l'attaque, il traversa le premier le Tanaro en battant la charge, sous une grêle de mitraille. Les troupes, Tapercevant sur le rivage opposé et se sentant électrisées par une telle intrépidité, se précipitèrent dans le fleuve et s'avancèrent à la baïonnette contre les positions de l'ennemi, qui furent emportées de vive force. Picon, après avoir ûraucbi le fossé, sauta le premier dans une redoute.
Poupon, sergentHiiajor. — À la* bataille de Borghetto, il se précipita an des premiers 8«r le pont du Mi&cio, enfonça la porte derrière laquelle se trouvaient les Autrichiens et, aidé de quelques camarades, les mit bientôt en déroute.
Prêcop (François), chasseur, né à Mareidl (Dordogne). — Au combat de Gassagno, Précop, dont la bravonite avait déjà élé jnemarquée dans I oBs les engagements <iae la demi^igade wMt
Hist. 92* de Ligne. 5
soutenus, voyant que Tennemi faisait sur sa compagnie un feu des plus meurtriers, s'élance au milieu des tirailleurs dont la mousqueterie était si terrible, renverse, tue à coups de baïonnette tout ce qui lui oppose de la résistance, et parvient à mettre en déroute cette troupe, dont les balles avaient fait d'affreux ravages parmi nos soldats.
Renaud (Pierre), chasseur, né à Sens (Yonne). — Au combat de Rivoli, il se mita la poursuite des Autrichiens, et en tua plusieurs à coups de fusil. Cette manière de combattre ne convenait cependant pas à son bouillant courage. 11 voulait une gloire difficile et non du sang répandu sans danger ; ce fut à la baïonnette qu'il se précipita au milieu des fuyards ; entouré de tous côtés, il fit un affreux carnage, et lorsqu'il tomba blessé sur le champ de bataille, son corps reposa sur ceux d'un monceau d'ennemis, que seul il avait immolés.
RoMiERÉ (Jean), chasseur, né à Rodez (Aveyron). — A l'affaire de Valence en Piémont, Romieré se distingua pas un courage à toute épreuve. Etant en tirailleuf , il tua à coups de fusil des canonniers qui manœuvraient une pièce et larda les autres à coups de baïonnette; mais, comme Tennemi avait eu le temps de couper les traits et d'emmener les chevaux, il alla dans les rangs ennemis chercher 4 grenadiers misses, qu'il fit prisonniers, et qu'il força à traîner le canon jusqu'au quartier général français.
Saisse, lieutenant. — S'est distingué aux combats de Cagliano et du Lavis et notamment dan»
ce dernier, où, fait prisonnier et conduit par 5 Aatrichieiis, il en précipita un dans un abime et parvint à échapper aux poursuites des autres.
Saucety, capitaine. — Le 5 thermidor au IV, à Castiglione, à la tête de 15 chasseurs, il a enlevé un retranchement défendu par un ennemi nombreux, a fait plusieurs prisonniers et tué de sa main un grenadier qui refusait de se rendre.
ScHROFFER. — Dans la nuit du 24 brumaire an VllI, à la tête de 50 hommes, il a enlevé un poste ennemi malgré la supériorité du nombre et l'avantage de la position où les Autrichiens étaient retranchés, a fait tomber sous ses coups plusieurs de ceux qui en défendaient l'approche et a pris des armes et des bagages.
Simonin (Antoine), sergent-major, né à Mendres (Vosges). — A la bataille de Castiglione, le 16 thermidor an IV, il se mit à la tête de quelques tirailleurs et chargea un bataillon ennemi. Tout ce qui osa s'opposer à son passage fut renversé. Simonin, arrivé au centre du bataillon, s'empara du drapeau et mit en faite ceux qui le défendaient.
SuiLLioT, lieutenant. — A délivré, le 8 floréal an VU, un caporal et 7 fusiliers de la 33° de ligne, qu'emmenaient prisonniers deux hussards autrichiens ; a tué de sa propre main un de ces derniers et a coupé les jarrets aux deux chevaux.
Thierry (Louis), adjudant sous-officier. — Après une action dans laquelle un bataillon de la 17® légère, commandé par le capitaine Bonnaire,
veDait de repousser rennemi avec des forces supérieures, Thierry, alors sergent de voltigeurs, et qui s'était déjà siguaié par plusieurs actions d'éclat, aperçoit 20 Autrichiens qui, retranchés dans une maison, faisaient feu par les croisées. Aussitôt, il conçoit le hardi projet de les déloger; il se détache de sa compagnie, se dirige seul vers l'entrée de la maison, enfonce la porte et les somme de se rendre. Surpris d'une pareille audace, les Autrichiens mettent bas les armes et défilent honteusement devant l'intrépide sergent, dont les menaces les avaient effrayés.
Vidal (Jean), chasseur, né à Avignon (Vaucluse). — Ce militaire, blessé dangereusement dans le combat du 27 floréal an VU, continua à se battre avec beaucoup de bravoure, malgré la perte de son sang, et reçut un second coup qui le mit hors de combat.
Wallerand (Benoit), capitaine, né à Maubeuge (Nord). — Gomme sergent, à la bataille de Castiglione, le 46 thermidor an IV, ayant été fait prisonnier par deux hussards après avoir reçu deux coups de sabre sur la main il parvint à s'en débarrasser et à les mettre en fuite.
A l'affaire du 27 brumaire an V, au premier combat de Hivoli, il entra le premier, dans les retranchements qui nous avaient été enlevés et coopéra à la prise de 500 ennemis.
Sa conduite pendant les campagnes d'Allemagne et de Pologne lui valut successivement les grades de sous-lieutenant et de lieutenant les iO jani?ier et 21 décembre.'PaseéenfispagBeentSM, il fut nommé capitaine en 1809, le 27 mar&; il re-
çut le 28 avril, en avant d'Oporto, un coup de feu qui lui fracassa la main droite, et fut obligé de prendre sa retraite le 1®' août suivant.
20 — 92^ régiment d*infanterie de ligne.
Aux, caporal. — Au combat de Neunkircben, le 21 décembre 1800, le caporal Alix s'embusque avec 6 hommes dans un chemin creux par lequel doit passer un bataillon de grenadiers hongrois, Tattaque, lui tue beaucoup de monde et force le reste à prendre la fuite ; il avait déjà fait prisonnier le commandant de ce bataillon, quand il fut atteint d'un coup mortel.
Augibout, caporal. — A Taffaire de Montefacia, lit deux prisonniers et tua un troisième Autrichien qui refusait de se rendre.
AuBERT (Pierre), sergent. — Se distingua particulièrement le 11 vendémiaire an III en passant cinq fois la Roër à la nage, pour aller chercher des cartouches, et en sauvant, le même jour, la vie à deux officiers que le courant entraînait. Bel exemple de dévouement à ses chefs.
Bernier, soldat. — A l'affaire du 16 germinal an VIII, il délivra successivement des mains des Autrichiens le chef de sa demi-brigade et ua chef de bataillon.
DuTHis (Louis), lieutenant de voltigeurs. — Pendant l'insurrection du Tyrol, en 1809 , la si tuation des troupes était d'autant plus critique, qu'elles se trouvaient séparées les unes des an-
très et que chaque compagnie isolée était coupée de ses communications avec les autres. Il était urgent d'informer de cet état de choses le quartier général qui se trouvait alors à Brixen.
DuTHis, que, dans plus d'une occasion, son cou rage avait déjà signalé comme un des plus braves soldats, offrit de se charger de cette mission. Il partit avec 6 hommes ; mais à peine se fut-il engagé dans la campagne, qu'il fut rencontré et attaqué par un fort parti d'insurgés ; sans s'effrayer du nombre, il marcha aussitôt à eux, les culbuta, les mit en déroute, les poursuivit à travers les gorges du Tyrol et arriva à Brixen, après avoir couru mille dangers.
Gomme lieutenant de voltigeurs, attaqué le 8 février 1814, sur les bords du Mincio, par des forces supérieures, il les mit en fuite, fit plusieurs prisonniers et enleva à Tennemlune grande quantité de munitions et de bagages.
Koop, fusilier. — Pendant le blocus de Gènes, dans un engagement de tirailleurs, il s'empara seul d'un poste de H hommes auxquels il fit mettre bas les armes.
Larivière (Jean). — En 1799, dans un combat de tirailleurs, il fit plusieurs prisonniers et enleva une pièce de canon.
Ladrière, capitaine. — Chargé, à la prise de Parme, de conduire sa compagnie à l'assaut, il s'acquitta de cette périlleuse mission avec autant d'intelligence que de bravoure, et fit 607 prisonniers, dont un colonel et 15 officiers.
Lafolie, caporal. — En 1800, à Taffaire de Montefacio, il se précipita seul sur l'ennemi et
lit, quoique blessé, plusieurs prisonniers, dont un officier.
Marathon, caporal. — A la bataille de Hondschoote,. en 1793, le caporal Marathon attaqua seul douze hommes qui escortaient un caisson, en tua trois, mit les autres en fuite, prit le caisson et trois chevaux et ne voulut accepter aucune récompense. « Nous lui avons demandé ce qu'il voulait, disent les représentants dans leur rapport : un poste d'honneur, a-t-il répondu, montrant ainsi un désintéressement digne d'éloges. »
Martine AU, caporal. — Au combat de Wohleran, en 1799, le caporal Martinbau, entouré par un peloton de cavalerie ennemie, continue de se défendre avec le plus grand courage et tue trois des assaillants ; mais accablé par le nombre, il tombe baigné dans son sang, après avoir reçu 22 coups de sabre et un coup de feu; il revient à la vie, après être resté douze heures parmi les cadavres.
Marthe, chef de bataillon. — Se signala, le 30 avril 1813, au déblocus de Glogau, en défendant avec une rare bravoure la tête du pont vigoureusement attaquée par l'ennemi, qui fut repoussé avec de fortes pertes.
Maréchal (Sébastien), sergent à la 7° compagnie du le^ bataillon. — Au siège de Gênes, le premier jour du blocus, il parvint seul à désarmer un poste de neuf hommes retranchés à Madone de Sastry et les fit prisonniers.
Meunier (Louis), caporal. — Le 21 germinal an VIII, à Gênes, il parvint à retirer son capi- , taine des mains de l'ennemi.
RoBiNBT, fusilier. — Deux compagnies de grenadiers et de fusiliers, chargées d'attaquer les avant-postes autrichiens le ii mai iSOO^ s'amusaient à tirailler lorsque Robinet, fusilier à la 2^ compagnie du 2^ bataillon, se précipite sur les premiers postes et les attaque à lui seul; son exemple donne l'élan à ses camarades et l'ennemi est débusqué.
Sancrb, fusilier. — A l'affaire de Montefacio, il arrêta seul sept Autrichiens, parmi lesquels étaient trois officiers.
Taquard, capitaine. — A l'affaire du 23 germinal an VU, en Italie, quoique n'étant pas> encore guéri d'une blessure qu'il avait reçue le même mois, et ayant encore le bras en écharpe, il culbuta à la baïonnette, avec 15 hommes, plus de 50 Russes, dont l'officier resta sur le champ de bataille.
A l'affaire du 21 germinal an VIII, étant avec 15 hommes sur une montagne derrière Savone, et ses hommes ayant été repoussés, il combattit seul au milieu de l'ennemi jusqu'au moment où ses hommes, encouragés par son exemple, revinrent à la charge et le sauvèrent ; il se retira e» faisant feu, se réunit à une antre compagnie, prit une position avantageuse et arrêta l'ennemi, auquel il détruisit beaucoup de monde.
Le 22 du même mois, étant sur la montagne des Victoires, derrière Savone, et chargé de former avec sa compagnie l'avant-garde du bataillon, il se porta pour l'encourager à une centaine de pas en avant d'elle, rencontra un poste . ennemi de six hommes, le chargea, en mit cinq en fuite et fit le sixième prisonnier.
Thomas, caporal à la 4° compagnie du pr bataillon. — Chargé, le 21 floréal anVlII, d'attaquer un poste avec huit hommes de sa compagnie, il se trouve abandonné par eux au moment de l'attaque. Il la tente à lui seul et ne se retire que lorsqu'il est assailli par le nombre. Avait été blessé déjà deux fois dans la même campagne.
Thomas montrait ainsi que l'accomplissement du devoir devait être la seule pensée d'un soldat.
Weiss (Nicolas), capitaine. — Le 8 mai 1793, en avant de Valenciennes, il enleva, à la tête de sa compagnie, qu'il commandait en qualité de sous-lieutenant, une redoute garnie de trois bouches à feu, défendue par 130 Autrichiens, qui furent mis en déroute, laissant 25 prisonniers.
Le 30 frimaire an IX, comme capitaine, en avant de Neunkirchen, chargé de la défense d'un déûlé, il soutint^ à la tête de deux compagnies de son régiment, les efforts de 1,200 ennemis, depuis 10 heures du matin jusqu'à 4 heures du soir, et fut blessé dans l'action.
3o 17e régiment d'infanterie légère et 92^ régiment d'infanterie.
Antheunis, sergent-major. — Le 4 septembre 1866, le train express partant de Niort, devant arriver à S^-Maixent à 8 h. 12 minutes du soir, dérailla à un kilomètre environ de cette ville. Quatre wagons arrachés violemment du train, à la sortie d'une courbe considérable que fait. la
voie en cet endroit, furent précipités dans un ravin à gauche de la route.
Six personnes furent tuées, vingt-deux furent blessées. Parmi ces dernières se trouvait l& sergent-major Anthbunis. Bien que blessé à la tête et plus grièvement encore aux reins, il persista à rester sur le lieu du sinistre pour diriger le sauvetage. Ce ne fut qu'après de vives instances et quand toutes les victimes eurent été relevées, que ce sous-officier consentit à entrer à l'hôpital.
Barrière (Jean), soldat de F^ classe de la 2® compagnie du 4® bataillon. — A obtenu, le 45février 4877, une médaille d'honneur en argent de 2® classe, pour avoir sauvé à Aurillac, le 43 novembre 4876, au péril de sa vie, un homme en danger de se noyer.
Beaugrand, caporal de la 3® compagnie du 2® bataillon. — Dans la journée du 9 janvier 4868, à Lalla-Magbrnia, un soldat étant allé puiser de l'eau dans la rivière, alors très grossie par la pluie, a glissé sur la berge, et entraîné par le courant, se trouvait exposé au plus grand danger, lorsque le caporal Beaugrand s'est résolument jeté à l'eau tout habillé et est parvenu à sauver son camarade, non s^ns péril pour luimôme.
BiRON, voltigeur. — Le voltigeur Biron, doué d'une forte constitution et d'une grande énergie, s'est fait remarquer dans toutes les expédition8> par son activité et son ardeur à rechercher les postes les plus périlleux.
Au mois de mars 1840, à la prise de Gherchell,.
dbyGoogk
il escalade le premier la muraille qui entoure cette ville.
Peudant l'expédition de Médéah, chaque combat lui fournit l'occasion d'être cité à l'ordre, Le 29 avril 4840, au combat de l'Oued-Djer, dans un retour offensif exécuté par sa compagnie, il aborde un des premiers les Arabes à la baïonnette, les poursuit longtemps et pénètre avec deux de ses camarades dans un douar, d'où il ramène 50 moutons environ.
Le 20 mai 1840, au retour de Médéah, la compagnie à laquelle appartenait Biron était d'extrême arrière-garde ; cinq ou six réguliers, embusqués derrière des rochers, avaient déjà blessé plusieurs hommes ; Biron, accompagné du voltigeur Pierre, prend un chemin détourné, se précipite sur eux à l'improviste, en tue un d'un coup de fusil et met les autres en fuite.
Le même jour, au bois des Oliviers, la ligne des tirailleurs de Tarrière-garde, étant vivement attaquée, est obligée de faire plusieurs retours offensifs ; dans l'un d'eux le sous-lieutenant Daillé, enveloppé par les réguliers, est dégagé par Biron qui^ peu d'instants après, reçoit un coup de feu k bout portant et a le bras droit fracassé.
Bois, Gharribrb, soldats de 2« classe. — Les soldats de 2« classe Bois et Gharriêre, de faction, le premier à la porte des condamnés, le second sur la terrasse de la prison civile de Tlemeen, où se trouvaient cinq condamnés à mort arabes, ont montré on grand courage en s'opposaot k l'évasion de ces condamnés qui, armés d'une barre de fer, avaient terrassé et blessé griAve-
ment deux de leurs gardiens, dans la nuit du 24 au 25 août 1868, et se seraient évadés sains et saufs sans la vigoureuse résistance des deux sentinelles Bois et Charrière. En effet, leurs armes brisées, les blessures nombreuses et graves qu'ils ont faites aux condamnés, le témoignage des gardiens, auxquels ils ont porté le plus grand secours et peut-être sauvé la vie, prouvent qu'ils se sont conduits en soldats énergiques, pleins de courage et de sang-froid. Le colonel, en récompense de leur bejle conduite, les a nommés soldats de 1^'® classe.-
Le sergent Millot, chef de poste de la prison, qui a fait preuve d'intelligence, de résolution et d'initiative en cernant les maisons voisines, par lesquelles les prisonniers pouvaient s'évader, et en arrêtant lui-même un condamné, est également nommé de l"*® classe, ainsi que les soldats DuMONT et Nicolas, qui l'ont aidé dans cette circonstance avec beaucoup de vigueur.
Canton, caporal. — Le 15 juin 1840, au col de Ténia, le caporal Canton, des voltigeurs du 2® bataillon, ayant eu un bras fracassé par une balle dans une mêlée, continue à combattre malgré cette grave blessure; il se précipite sur un régulier, qu'il tue d'un coup de baïonnette.
Canton a été cité à l'ordre de l'armée pour cette action.
Charrière, soldat de la section hors rang. — Dans la journée du 22 avril 1879, vers 6 heures du soir, le soldat Charrière, passant sur le pont Bourbon, établi sur la Jordanne, à Aurillac, aperçut une enfant de deux ans entraînée par le
courant. N'écoutant que son courage, le soldat Charrière descendit sur la berge, se mit à l'eau et la ramena saine et sauve.
CoRAZE (Alexandre-Marius), tambour-major. — Pendant l'attaque du 22 novembre 1836, sur le Coudiat-Ati, l'infanterie du bey, qui suivait la cavalerie, franchit au pas de course, sans être vue, le ravin qui la séparait de nous et allait pénétrer dans le camp. Le tambour-major Co- RAZE l'ayant aperçue le premier, saisit la carabine et linstrament d'un de ses clairons, s'élance sur les Arabes en s'écriant : « A moi, soldats ! » Il sonne la charge et fait reculer l'ennemi jusqu'au ravin, suivi d'un seul homme qui tombe mort à ses côtés. M, le sous-lieutenant portedrapeau Bernard accourt à la tête de plusieurs soldats ; un Arabe l'ajuste à bout portant ; le tambour-major Coraze le sauve d'une mort presque certaine, et empêche le drapeau d'être pris, en tuant cet Arabe d'un coup de carabine.
'Ce brave sous-offlcier fut cité à l'ordre de l'armée pour cette action, et décoré le 13 janvier 1837.
Davin (Frédéric), sous-lieutenant. — Dans la province de Gonstantine, au mois d'avril 1839, la colonne du général Galbois se trouve, après une marche de trois jours par une pluie battante, dans la nécessité de traverser un torrent très rapide et très profond en plusieurs endroits. Un soldat du train des équipages, monté sur son mulet, est entraîné par le courant et disparait avec sa monture. M. le sous-lieutenant Davin, ne consultant que son courage, se jette dans le torrent et parvient, après de grands efforts à
dégager de dessous son mulet ce soldat, qu'il sauve d'une mort certaine.
Pour cette action, M. Davin a reçu une médaille d'argent de 2^ classe.
Demant, chasseur. — Reçoit le 7 février 1844 une médaille d'honneur qui lui est décernée pour avoir sauvé au péril de ses jours une femme tombée dans la Seine.
Bevillb, clairon. — Le 15 juin 1840, au col de Ténia, près du bois des Oliviers, dans un moment otiles Arabes combattaient avec beaucoup d'acharnement et cherchaient à envelopper l'arrière-garde, le capitaine Magagnosc donne l'ordre au clairon Deville de sonner la charge, ce qu'il fait aussitôt ; un régulier vient s'embusquer à quelques pas, Deviu.e l'aperçoit, se jette sur lui, le frappe de sa baïonnette, le terrasse, pose son pied sur sa tète et continue à sonner la charge.
Deville a été cité pour ce fait à l'ordre de l'armée et décoré le 13 septembre 1841.
DoMMANGET, caporal, — lequel déjà l'année précédente avait sauvé deux personnes qui se noyaient dans la Sarthe, est mis le 22 août 1863 à l'ordre de la 2® division militaire pour avoir sauvé un habitant d'Alençon courant le même danger.
Ernst, carabinier. — A la première expédition de Constantine, le 22 novembre 1836, les l*'* et 2® bataillons du régiment, après avoir passé sur le Coudiat-Ati une nuit sans feu et sans abri, au milieu d'une neige épaisse, furent attaqués vers la pointe du jour par 500 cavaliers arabes envi-
ron et une nombreuse infanterie; comme les armes étaient mouillées et que l'on ne pouvait 5'eu servir pour faire feu, les deux bataillons du 47® léger s'élancèrent à la baïonnette sur les assaillants, en tuèrent et blessèrent un grand nombre ; les autres prirent la fuite. Le caporal Bataille, des carabiniers du 3® bataillon, se précipita sur un groupe d'une quarantaine d'Arabes pour s'emparer d'un drapeau ; il fut malheureusement arrêté dans son élan par une balle qui lui traversa la cuisse. Le carabinier ËRNST, de la, même compagnie, plus heureux que lui, s'empara du drapeau après avoir tué au milieu des siens celui qui le portait.
Ernst fut décoré pour cette belle action.
François, fusilier; Charles, voltigeur. — Sont cités le 30 décembre 1862 à l'ordre de la 5® subdivision de la i^^ division militaire : le premier pour avoir concouru au sauvetage d'une femme dans une maison incendiée; le second pour être resté dans l'eau pendant tout le temps d'un incendie à Troyes.
GAycHET( Jean-Baptiste),, caporal-tambour. — Le Ministre de l'intérieur, sur la proposition du Ministre de la guerre, a décerné une médaille d'honneur de 2® classe, en argent, au caporaltambour Gaychet pour acte de courage et de dévouement. Ce militaire s'est distingué, le 8 août 1878, en abattant sur le terrain de manœuvre, à Aurillac, un chien enragé qui jetait l'épouvante dans la population.
GoBURiOT, sergent. —Le 25 avril 1836, lors de la retraite de la Tafna, deux bataillons du régi-
ment, formés en carré pour protéger les nombreux blessés et le convoi contre les attaques incessantes des Arabes, battaient en retraite pour rentrer au camp. Un chef arabe, à la tête d'un très fort contingent, cherchait depuis assez longtemps à profiter d'une circonstance favorable pour pénétrer dans le carré ; trois hommes tombent frappés par le feu de l'ennemi et sont aussitôt emportés; de grands cris se font entendre, le chef se précipite à la tête des siens pour enfoncer notre carré ; le sergent Goeuriot, de la 2® compagnie du l^r bataillon, se jette au devant de lui et le renverse de cheval, d'un coup de feu. Les Arabes, démoralisés par sa mort, prennent la fuite.
Le sergent Gceouiot a été cité pour cette action h l'ordre de l'armée.
Lantieri (Paul-Jean-Baptiste-Sauveur), enfant de troupe. — Dans la journée du l^»* janvier 4878, un homme du régiment frappé par un cavalier de remonte gisait à terre et recevait à la tête des coups assénés avec la poignée de son épée baïonnette qui lui avait été arrachée.
L'enfant de troupe Lantieri, qui se trouvait à proximité, court et arrache, non sans être maltraité, l'arme des mains de l'agresseur.
En secourant un camarade, en détournant sur lui-même la fureur de cet homme qui, dans sou ivresse, le poursuit jusque dans une maison où il est obligé de se réfugier, l'enfant de troupe Lantieri a montré du cœur.
Laurentiaux, caporal. — Est félicité le 15 avril 1851, par le général commandant la 4® division militaire, pour la conduite énergique qu'il
aleiiuelel2 avril. Ce caporal, étant de service au poste deFarsenal de Strasbourg et entendant le factionnaire crier : à la garde! réussit à s'emparer d*un délinquant que défendaient plusieurs individus. Bientôt le caporal et ses quatre hommes se trouvèrent en présence d'un attroupement nombreux qui, injuriant et menaçant la garde, voulut enlever le prisonnier.
Laurentiaux, entouré d'agresseurs, n'hésite pas à croiser la baïonnette en les prévenant qu'il était décidé à repousser vigoureusement toute tentative de violence ; un individu, bravant ses injonctions et voulant porter la main sur le prisonnier pour l'arracher à la garde, reçoit du caporal un coup de baïonnette dans le bras.
En présence de cet acte de vigueur, toute agression cessa et les hommes du poste restèrent maîtres de leur prisonnier.
Ledoux, fourrier. — Le 25 avril 1836, lors de la retraite de la Tafna, la ligne des tirailleurs du régiment, vivement poussée par cinq ou six mi lie Arabes, fut obligée, pour enlever ses blessés, d'exécuter une charge à la baïonnette; M. le sous-lieutenant Puel, qui commandait l'extrême droite de la ligne, fut tout à coup enveloppé par une douzaine de Kabyles, qui allaient le faire prisonnier ; le fourrier Ledoux, suivi de deux ou trois soldats, vole à son secours, tue deux Arabes^ en blesse plusieurs et met les autres en fuite.
Ledoux fut nommé sergent-major pour ce fait d'armes et cité à l'ordre de l'armée.
MoHACHE, soldat. — Pendant la deuxième expédition de Gonstantine, en 1837, le Rummel^
devenu ingnéable, suspendait toute communication du Coudiat-Ati avec le quartier-général, installé à Sidi-Mabrouk, derrière le plateau de Mansourab. Les deux corps restèrent ainsi^ comme en 1836, complètement isolés pendant quelques jours; notre position commençait à devenir très critique, à cause de la diminution des vivres et des munitions. Au quartier-général, on n'était pas moins inquiet de ne pouvoir nous faire parvenir aucun ordre.
Enfin un soldat du 17® léger, nommé Morache, s'offrit pour traverser, le Rummel, devenu un affreux torrent et porter un ordre quelconque au Coudiat-Ati. La dépêcbe fixée sur le front, il eut le courage et le bonheur de traverser la rivière, sous les coups de fusil des Arabes, et d'arriver sain et sauf au quartier-général de la brigade.
Nicole, chasseur. — Le 3 octobre 1840, la 1'» compagnie, du 1®' bataillon flanquait la colonne et n'était qu'à 150 ou 200 mètres de l'ennemi, dont elle était séparée par un ravin. Le chasseur Nicole et un sergent de la compagnie n'ayant pas entendu sonner la marche, restèrent embusqués; quatre Kabyles, qui avaient vu le mouvement de nos troupes, franchirent le ravin et vinrent sur eux. Le sergent tua le premier qui se présenta, le second tua le sergent. Nicole culbuta le troisième d'un coup de baïonnette et tua d'un coup de fusil celui qui avait tué le sergent.
Il en restait encore un. Nicole l'aborde et lui lance un coup de baïonnette ; l'Arabe saisit son arme et cherche à la lui arracher ; ils lâchent
bientôt tous deux le fusil et se prennent corps à corps. Nicole n'était pas fort, mais il était agile ; il fait tomber son adversaire qui l'entraîne dans sa chute; ils allaient rouler au fond du ravin, lorsqu'ils sont arrêtés par le sac de Nicole qui s'embarrasse dans un buisson; le Kabyle appelant à son aide, Nicole lui introduit la main dans la bouche pour l'empêcher de crier, jusqu'au moment où plusieurs camarades viennent délivrer Nicole et sont obligés de tuer son adversaire pour lui faire lâcher prise.
Rinolfy ( Jean-Antoine), sergent. — Le 13 octobre i837, jour de la prise de Constantine^ un grand nombre d'Arabes, embusqués dans une maison près de la porte intérieure, faisaient un feu très nourri sur nos troupes, ce qui gênait beaucoup les opérations dont était chargé M. Niel, capitaine du génie de tranchée. Cet ofiBcier, s'adressant aux voltigeurs du l*' bataillon du régiment qui faisaient partie de la troisième colonne d'assaut, commandée par le colonel GoRBiN, leur dit : « Voltigeurs, voici une belle occasion de gagner la croix ; un sergent et huit hommes de bonne volonté pour débusquer les Arabes de cette maison 1 »
Le sergent Rinolfy sort aussitôt des rangs avec huit voltigeurs, s'élance à leur tête, au pas de course, dans la direction de la maison, malgré le feu très vif des Arabes; quatre des braves qu'il commandait sont atteints dans le trajet ; mais cela ne décourage pas ceux que les balles ont épargnés : ils entrent dans la maison et en «hassent l'ennemi.
Le sergent Rinolfy a été décoré pour cette action le 11 novembre 1837.
Roche (Michel), lieutenant. — Le 25 avril 1836, à la Tafua , M. le lieutenant Roche , qui commandait les carabiniers du 3® bataillon, reçut l'ordre d'aller avec sa compagnie renforcer une position qui était vivement attaquée par un grand nombre de Kabyles; à peine fut-il arrivé sur le lieu du combat, qu'il aperçut le carabinier Dubary, blessé mortellement, près de tomber au pouvoir des Arabes ; M. Roche cria aussitôt : « Carabiniers en avant 1 sauvez votre camarade ! » La compagnie s'élança sans hésiter, mais au bout de quelques pas, se trouva enveloppée par 3 ou 400 Kabyles ; le sergent Amourousmeau fut tué, ainsi que huit carabiniers; huit autres furent blessés. M. le lieutenant Roche fut aussi dangereusement atteint à bout portant ; un Arabe lui avait déjà arraché son col et allait lui couper la tête, lorsque le brave Mustapha, à la tête de sa cavaleria, vint le dégager et sauver de la destruction le reste de la compagnie.
M. Roche fut décoré, pour cette action, le 30 août 1836,
Rousseau , sous-lieutenant. — Reçoit, en juin 1854, du ministère de l'intérieur, une médaille d'honneur, pour avoir sauvé la vie à un habitant de Maubeuge en danger de se noyer.
Sandras, caporal de la 4® compagnie du 3® bataillon. — Dans la matinée du 18 février 1867, le caporal Sandras a fait preuve de vigueur et d'énergie en se précipitant, sans hésiter.
quoique sans armes, sur les pas d'un condamné à mort qui s'évadait au moment où on allait le fusiller, et en l'arrêtant, quoiqu'il se défendît avec un marteau dont il était armé.
Pour cet acte d'énergie, le caporal Sandras a été nommé sergent à la l""® compagnie du â'^ bataillon.
Saunier (Georges), sergent de la 2® compagnie du 3® bataillon. — Dans la nuit du 29 au 30 novembre' 1877, un incendie considérable éclatait sous le fort Saint-Laurent, et les premiers secours y étaient portés par le 3® bataillon. Le sergent-major Saunier n'a pas hésité à pénétrer par escalade dans une maison voisine que les flammes atteignaient et^ par un travail aussi rapide qu'énergique, a empêché la communicatian du feu.
Sauzet-Claris (Amédée), capitaine. — Le 4 octobre i840, au Téuia, M. le capitaine Sauzet- Claris flanquait avec sa compagnie, la 1"^® du i®'' bataillon, un bataillon du 3® léger et deux du 17®. Ces trois bataillons, sous les ordres du colonel Bedeau, venaient de charger à la baïonnette les Arabes, qui prennent position sur un mamelon dominant la route par laquelle devait passer le convoi ; il devenait urgent de les en débusquer. Le capitaine Sauzet-Claris s'élance à la tête de 10 ou 12 hommes de sa compagnie pour s'emparer de cette position ; il reçoit une blessure à la jambe qui ne l'empêche point de se porter sur le point qu'il voulait occuper ; il embusque le peu d'hommes qui ont pu le suivre ; deux avaient été tués dans le trajet et un grièvement blessé ; le capitaine est encore atteint
par nne balle qui lui traverse la jambe gauche; le lieutenant Imbert se porte à son secours avec le reste de sa compagnie et arrive au momeol où son capitaine tombe frappé d'une troisième balle qui lui traverse le genou droit.
La compagnie avait alors en face d'elle 7 ou 800 Arabes, qui auraient été fort surpris s'ils avaient pu se douter qu'ils venaient d'être débusqués par une poignée d'hommes.
Le capitaine Sauzet-Glaris a été cité à l'ordre de l'armée pour cette action et décoré le 26 novembre 4840.
Signorel,Lecomte, carabiniers. — Par décision royaledu 19 mai 1846, il est accordé une médaille d'honneur aux carabiniers Signorel et Lecomte : au premier, pour le courage et le dévouement dont il a fait preuve lors d'un incendie qui a éclaté i Bitche le 1®^ octobre 1845 ; au second, pour le courage et le dévouement dont il a fait preuve en sauvant un homme qui se noyait dans la Moselle, à Metz, le 1«^ mai 1845.
Le 26 octobre 1846, sont cités à l'ordre de la 3® division militaire, pour leur belle conduite dans un incendie qui avait éclaté à Bitche le 23 du même mois :
Maratuech, Barras, sergents ; Lecompte, caporal, blessé à la tête, a repris de suite son poste; Ghanilièrb , Thevenet , chasseurs blessés ; MoLLiÉ, clairon ; Potier, Pages, Brun, Cavenac, DuPUT, voltigeurs; Delprat, Ligeb, Baroit, Bertrand, Viard, chasseurs grièvement blessés.
Le chasseur Léger, qui s'était particulièrement distingué, reçoit, le 12 janvier 1848, une médaille d'honneur d'argent de 2« classe.
Le 28 avril 1847, sont cités à l'ordre de la 3» division militaire, pour s'être fait particulièrement remarquer dans un incendie à Pbalsbourg :
MM. CoRAZE, lieutenant ; Dumoulin, sous-lieutenant ; Allix, lieutenant ; Ragiot, Gouzy, Lavi- GNE. DusiRE, sous-Iieulenants.
Latty, Tulliez , Hesse, sergents - majors; D avers, Faure, Darras, Blanc, Etienney, ser* gents ; Dagen , sapeur ; Sarrazin , Démange, Cordelet, Dubois, chasseurs; Bernard, Boiron, voltigeurs; Talobre, sapeur; Hoster, Ri- QUiER, chasseurs; Rouch, Labbé, caporaux; Bréhu, carabinier ; Bertayac, tambours.
Le sergent-major Latty et le sapeur Dagen, qui sont désignés spécialement pour leur dévouement, reçoivent, le 12 janvier 1848, dés médailles d'honneur d'argent de 2^ classe.
Le 17 août 1847, le général commandant la 3<^ division militaire signale, pour leur dévouement dans un incendie à Bitcbe, le 15 avril :
PoucHAiN, sergent; Massé, caporal de volti« geurs; Allard, Charbonnet, chasseurs, qui, au péril de leur vie ont, à travers les flammes, sauvé deux femmes et deux enfants exposés à une mort certaine.
Le 23 novembre 1849, sont cités, par le préfet du département du Haut-Rhin, pour leur conduite dans un incendie à Thann :
Fontaine, Delsal, carabiniers; Jubin, chasseur à la 1^^ compagnie du 2® bataillon; Dbsambobuf, sergent à la 2* compagnie du 2® bataillon; Piot, Maguin, chasseurs à la 2® compagnie du 2« bataillon ; Uhring, à la 3® com-
pagnie du 2^ bataillon ; Bertin , sergent , à la 4® compagnie du 2*» bataillon; Bodri, chasseur, à la 4® compagnie du 2® bataillon.
Le 19 juin 1851, le chasseur Gaudry est cité par le général commandant la 4® division militaire, pour l'acte de dévouement par lequel il s'est signalé en sauvant à Strasboug un enfant qui se noyait dans le canal.
Sont cités, par le général commandant la 4° division militaire, pour leur conduite dans l'incendie du 23 mai 18S2, à Strasbourg :
Rambaud, carabinier; Angot, Gosse, sergent; GuiRAUD, Violet, voltigeurs ; Riff, chasseur.
Dans l'incendie du 3 septembre 1852, à Ja Petite-Pierre^ se sont fait remarquer :
MM. RouLLiER, sous-lieutenant ; Barret, sergent ; Demacon, caporal ; Hain, Bonbonneau, Greffe, Courte, Hcré, voltigeurs.
Le 10 juillet 1874, dans un incendie qui plongea Aurillac dans le deuil, en faisant quinze victimes, dont sept militaires, plusieurs sous-officiers et soldats du régiment se distinguèrent d'une manière toute particulière.
En premier lieu, signalons le clairon Combes, que l'on retrouva mort sous les ruines, protégeant encore, de ses bras mutilés et brûlés, deux enfants qu'il avait essayé de sauver ; puis le caporal Joseph, qui resta pendant plusieurs heures sur un toit d'où il dirigeait la lance d'une pompe, et ne se retira qu'après avoir eu la figure brûlée ; on dut le transporter à l'hôpital ; le soldat Couly, qui ne cessa de travailler
pendant neuf heures consécutives sans prendre ni repos ni nourriture, et avec tant d'ardeur, qu'il tomba d'épuisement et qu'on dut le transporter à l'hôpilal ; le soldat Barrau, qui risqua deux fois sa vie en pénétrant au milieu de l'incendie ; les soldats Lévy et Garraccioli, qui se tinrent constamment dans les endroits les plus périlleux et déposèrent entre les mains du commissaire de police différentes sommes d'argent qu'ils avaient trouvées ; le sergent Raymond, les soldats Bavu, Sallard, Rouillard.
Par décision du 25 septembre de la même année, le Président de la République décerna des médailles d'honneur d'argent de 2^ classe, pour leur belle conduite dans cet incendie :
Au sergent Raymond (Xavier); au caporal Joseph (Louis) ; aux soldats Barrau (Antoine) et CouLY (Casimir).