‹ Historique abrégé du 92e Régiment d'InfanterieChapitre 3 sur 5 · I« PARTIE · texte numérisé non relu

I« PARTIE

92« Régiment d'infanterie de ligne.

Pendant ses quarante années d'existence, le 92* régiment d'infanterie de Ugne eut les dénominations suivantes :

Régiment d'Anjou,

92« demi-brigade d'infanterie de bâtai lie,

92® régiment d'infanterie de ligne.

Régimeat d'Anjou.

I fut formé, le 26 avril 1775, par dédoublement des 2^ et 4^ bataillons du régiment d'Aquitaine, qui datait lui-même de 1625.

II fit en 17921a campagne du Rhin ; le 1®'' bataillon s'illustra pendant la défense de Mayence ; placé le 11 avril à la tête de la colonne de gauche pour la sortie, il délogea le poste prussien du moulin de l'Electeur et fit l'arrière-garde pendant la retraite.

Peu de temps après, ce bataillon passe à l'armée du Nord, se fait remarquer aux combats des 7, 8 et 9 mai, auprès de Saint- Amand, au blocus de Condé, aux affaires des 7, 8 et 12 septembre, auprès d'Ypres, à la bataille d'Hondschoote et à divers engagements autour d'Orchies.

Le 4 avril 4794, il devient le !«** bataillon delà 71® demi-brigade, l'une des plus vaillantes de l'armée de Sambre-et-Meuse, qui est entrée, le" 5 avril 1796, dans la composition de la 92<^ demibrigade de seconde formation.

92' demi-brigade d'infanterie de bataille.

Cette demi-brigade est formée le 3 avril 4796, à l'aide de la 71« demi-brigade (ex-régiment d'Anjou) et d'un certain nombre de bataillons d'autres corps et de volontaires nationaux.

Campagne d'AllemaCxNE U"96.)

Elle fait, dans l'armée de Sambre-et-Meuse, BOUS Jourdan, la campagne de i 796 sur le Rhin, et se distingue :

Lé 3 juillet, au passage de ce fleuve à Neuwied ;

Le 10 juillet, au combat de Camberg ;

Le 16 août, au combat d'Augsberg ;

Le 3 septembre, â la bataille de Wurtzbourg.

Campagne d'Allemagne

A la reprise des hostilités, Tannée suivante, la 92® demi-brigade faisant encore partie de l'armée de Sambre-et-Meuse, 6® division (Championnet), stationne sur le Rhin en 1798, et passe peu de temps après à l'armée d'Italie, qu'elle rejoint le 4 janvier 1799.

Campagne d'Italie

Après son entrée dans Ja division Victor, la 9^^ demi-brigade prend part :

Le 26 mars, à la bataille près de Vérone ;

Le 5 avril, à la bataille de Villafranca;

Le 12 mai, à TafTaire de Bassignano;

Le i6 mai, à une reconnaissance sur la Bormida ;

Le 19 mai, à l'affaire de Dégo;

Les 17, 18 et 19 juin, à la bataille de la Trebbia;

Le 20 juin, au combat de San-Georgio;

Le 15 août, à la bataille de Novi ;

Le 4 novembre, au combat de Fossano ;

Le 13 novembre, au combat de Mont-Cassel.

. Le 'd^ bataillon, renfermé dans Pizzighettone, avait été fait prisonnier le 7 mai, lors de la reddition de la place.

Siège de Gênes.

Les débris de la 92" demi-brigade furent enfermés dans Gènes avec Masséna, et sous cet illustre chef, soutinrent glorieusement la réputation du corps.

Ils combattirent :

Le 9 avril, à Gampo-Freddo;

Le 10 avril, à Sassello ;

Le 11 avril, à la Verrerie;

Le 12 avril, à l'Hermette ;

Le 15 avril, à Sassello ;

Le 18 avril, à la Madona del Strelti ;

Le 13 mai à Monte-Cretto.

Ce dernier combat termina la défense active des environs de Gênes, qui capitulait le 4 juin ; le 7, ses glorieux défenseurs rejoignirent Suchet sur le Var.

Le 3 octobre 4803, la 92° demi-brigade fusionne avec la 98^ de même arme et devient le ;

92^ régiment d'infanterie de ligne.

Campagne d'Allemagne

En 1805, le régiment entre dans la composition du 2« corps de la grande armée, commandé par le général Marmont; il assiste, le 19 octobre, à la capitulation d'Ulm, marche ensuite sur la Styrie, puis s'avance sur Gratz où il reste jusqu'à la fin de l'année.

Campagne d'Italie et d'Autriche

Nous retrouvons en 1809 le 92<' à l'armée d'Italie, où il fait partie de la division Broussier. Il prend part avec elle :

Le 16 avril, à la bataille de Sacile;

Le 8 mai, à la bataille de la Piave ;

Le 14 mai, à la défense d'Osoppo;

Les 14 et 15 mai, à deux combats sur Tlsonzo;

Le 17 mai, au combat de Prewald.

L'armée d'Italie, poursuivant ses succès, marche par la Styrie pour rejoindre la Grande Armée sous Vienne; à Gratz, le régiment délivre, dans un combat sanglant, le 84^ de ligne, entouré par

10,000 Autricliiens (26 juin); le 5 juillet au matin, la division Broussier est réunie à l'ile Lobau, prend part le même jour au combat de Deutsch-Wagram, puis le lendemain 6, à la bataille de Wagram, où, avec l'armée d'Italie, le régiment enfonce le centre de la ligne autricUienne, mais paie cher sa gloire en laissant sur le terrain 9 officiers tués et 27 blessés.

Expédition duns le TyroL

Au retour de la campagne d'Autriche, le 92^ de ligne est employé à la répression de l'insurrection du Tyrol, puis revient en Italie au mois de janvier 1810.

Campagne de Russie

Le 27 janvier 1812, les quatre bataillons du régiment, endivisionnés sous le général Deizons, partent de Milan avec l'armée d'Italie pour faire la campagne de Russie.

Le 30 juin, le 92® de ligne traverse le Niémen à Pilony. 11 prend part :

Le 26 juillet, à l'engagement d'Ostrowno ;

Le même jour, au combat de Kuliowiaczi ;

Le 7 septembre, à la bataille de la Moskowa, où il tire d'un fort mauvais pas le 106« régiment de ligne.

Le 15 septembre, il est à Moscou, où il reste jusqu'au 18 octobre, jour du commencement de la fatale retraite.

Le 24 octobre, à Malojaroslawetz, où 17,000

Français arrêtent tout un jour 80,000 Russes, le régiment se couvre de gloire.

Le 3 novembre, combatde Wjasma ;

Le 15 novembre, combat de Krasnoé, où une poignée d'hommes perce la ligne russe.

Le 12 décembre, il quitte le territoire russe, où tant de braves avaient trouvé leur tombeau.

Le 31 décembre, son effectif était de 34 officiers et 68 hommes, tandis qu'au début de la campagne, il comptait 79 officiers et 2,469 hommes !

La comparaison de ces chiffres donne une faible idée des épouvantables souffrances qu'avait endurées le 92« ; du l^»' juillet au 12 décembre, en 164 jours, il avait fait sur le territoire russe 515 lieues.

Campagne d'Allemagne

En 1813, quatre compagnies du régiment reformé prennent part :

Le 2 avril, à la bataille de Lutzen :

Le 2i avril, à la bataille de Wurschen.

Deux autres compagnies défendent Glogau de la manière la plus brillante et forcent l'ennemi à lever le siège.

Campagne d'Italie

Le régiment, reconstitué à l'aide de nouvelles levées, est réuni à Vérone à la fin de juillet et entre en campagne le mois suivant ; le 28 août.

il s'empare des ouvrages autrichiens à Rosseck, puis combat :

Le 6 septembre, à Feistritz ;

Le 16 septembre, à Krainbourg;

Le 23 septembre, à Assling ;

Le 10 octobre, à Tolmino;

Le 30 octobre, à Cassoni ;

Le 31 octobre, à Bassano ;

Le 15 novembre, à Caldiero.

Le 8 février 1814, à la bataille du Miucio, le commandant Guillermin, à la tête du 1^'' bail- Ion, dégage le prince Eugène un instant en péril.

Le 2 mars, le régiment prend part au combat de Parme ; le 7, à celui de Reggio.

A la conclusion de la paix, le 92*^ d'infanterie rentre en France, où il est désigné pour la garnison de Bourg, et, par suite de la nouvelle organisation de Tarmée, prend le n°J6.

Campagne de Belgique (1815).

Au retour de l'île d'Elbe, les régiments reprennent leurs anciens numéros ; le glorieux 92® reparait et entre dans la composition du 2^ corps de l'armée du Nord (général Reille).

Le régiment fait, avec lui, cette campagne si terrible, quoique si courte, et se bat ;

Le 15 juin, à Gosselies ;

Le 16 juin, aux Quatre-Bras ;

Le 18 juin, le château de Hougomont, dans la plaine de Waterloo, est témoin de ses derniers exploits.

Après le licenciement de 1815, le fond du 92® de ligne entra dans la composition de lal6®légion départementale (Charente-Inférieure).

IIP PARTIE

17^ Régiment d'infanterie légère.

. Légion du Var.

La légion du Var, créée en exécution de l'ordonnance royale du 15 juillet 1813, est organisée en février 1816, avec le fond de l'ancien 84** régiment d'infanterie et le 3® bataillon du régiment de Royal-Louis.

En 1830, par suite de l'ordonnance du 23 octobre, elle devient le 17^ régiment d'infanterie légère.

17^ régiment d'infanterie légère.

Le régiment parcourt diverses garnisons, jusqu'en 1831, où [il; fait partie de la division de réserve de l'armée du Nord, pour la campagne de Belgique, mais ne prend aucune part aux opérations de guerre ; en 1832, il contribue à la paciflcation^de lajVendée; au mois d'août 1835, les deux bataillons de guerre, réunis à Perpignan, reçoivent l'ordre de s'embarquer pour r Algérie.

Algérie (1835 à 1841).

Le 8 novembre i835, le régiment débarque à Mers-el-Kébir.

Le 28, il fait partie de la colonne expéditionnaire sur Mascara, combat le 1®"* décembre à El-Sig, le 3 à El-Habrah, et rentre à Oran le 17.

Le 8 janvier 1837, il en repartait avec la brigade Perrégaux, entrait le 13 à Tlemcen sans coup férir, razziait les troupeaux ennemis, et, après avoir victorieusement repoussé lés Arabes, le 9 février, dans les montagnes des Béni-Hamar, revenait à Oran le 12.

Après quelques jours de repos, il repartait sur le Chelif le 23 février , surprenait les Garaba sur l'Hourout et s'établissait le 7 avril au camp de la Tafna ; le 15, étant en marche pour ravitailler Tlemcen, il repoussait victorieusement les troupes de l'émir Abd-el-Kader.

Le 16, la colonne expéditionnaire est attaquée par 10,000 Arabes, à deux lieues du camp de la Tafna; malgré cette énorme disproportion numérique, elle reste intacte et le régiment soutient sa brillante réputation.

Le 6 juillet, il prend part, sous le général Bugeaud, au combat de l'Oued-Sickach.

Pendant les mois d'août et de septembre, il pousse des reconnaissances vers l'Oued-Tlélat et au mois d'octobre, passe dans la province de Bône, où le 3® bataillon rejoint les deux premiers.

Le 13 novembre, il repart pour la première expédition de Gonstantiue, dont la malheureuse

issue n'empêche pas le régiment de montrer la piQs noble constance, la plus grande énergie, au milieu des craelles épreuves que nos soldats ont à subir par la faim et les fatigues plus encore que par l'ennemi.

Le 30 janvier 1837, laKasba de Bône, où était caserne le 3® bataillon, sautait et ensevelissait nos malheureux soldats ; le régiment y perdait :

2 officiers tués , 2 blessés ;

59 sous-officiers et soldats tués ;

dis sous-officiers et soldats blessés.

Le 20 juillet, le 1®' bataillon repart de Bône et combat, les 26, 27 et 28 juillet, autour de Guelma.

Prise de Constantine.

Le i®^ octobre, les 1^^' et 2® bataillons entrent dans la composition de la nouvelle colonne expéditionnaire sur Constantine, chargée de venger notre insuccès de Tannée précédente. Quoique contrariées encore par le mauvais temps, les opérations du siège sont poussées avec une grande activité; les attaques incessantes des Arabes et des réguliers sont constamment repoussées et, le 13, l'assaut est ordonné. La troisième colonne d'assaut, sous les ordres du colonel GoRBiN, était formée par la compagnie de voltigeurs du i^^ bataillon : nos braves se précipitent sur la brèche, pénètrent dans la ville, tuent sur leurs pièces les servants d'une batterie, enclouent leurs canons, puis contournent les remparts, emportant successivement les corps de garde de l'ennemi.

Pendant ce temps, le régiment avait, à Texté-

Rist. 92* de Ligne. 3

rieur de la ville, à repousser une contre-attaque faite par les Arabes avec la furie du désespoir ; la valeur de nos soldats triomphe de tout et l'enoemi est haché sur place ou rois en déroute complète.

La part que le régiment prit à cette action mémorable fut si belle, que le nom de Constantine a été gravé sur son drapeau.

Au mois de décembre i838, expédition sur Sétif ; en avril 1839, reconnaissance sur Philippeville ; le 17 octobre de la même année, le régiment quitte Gonstantine pour prendre part à la célèbre expédition dite des Portes-de-Fer, ayant pour but l'exploration du massif de l'Atlas encore inconnu, et dans laquelle il rivalise de zèle et de dévouement avec les autres corps de Ja division Valée.

En décembre, convoi sur Blidah ; les troupes d'Abd-el-Kader, qui osent attaquer l'escorte fournie par le 17® léger, sont punies de leur témérité par des pertes sensibles.

En 1840, le régiment contribue à différentes opérations difficiles, dont il s'acquitte avec gloire.

Au mois de mars, expédition sur Gherchell, où il pénètre de vive force.

Le 18 avril, il attaque à la baïonnette le camp des réguliers sur l'Oued-bou-Douaou et les disperse.

A la fin du même mois (avril), expédition sur Médéah; il se distingue au combat d'EI-Afroun (27), à celui de rOued-Djer(29), à celui du bois des Karéjas (30); le 8 mai, au combat de l'Oued- Nador; le 10, àl'Oued-el-Hachem; le 15, passage du col de Mouzaïa; le 17, prise de Médéah ;

Le 20 mai, "au retour de la colonne expéditionnaire par le col de Mouzaïa, le 17^ léger est chargé de couvrir la marche au passage dit des Mines de cuivre; il se montre si digne de cette glorieuse mission que, pendant plusieurs heures, les masses ennemies ne parviennent pas à l'entamer et qu'il effectue sa retraite pas à pas, à travers un pays affreusement coupé; cette journée, dans laquelle le tiers des hommes présents est atteint par le feu de l'ennemi, vaut au régiment les éloges les plus flatteurs du maréchal Valée, qui ajoute que le 17® léger s'y est couvert de gloire.

En juin, expédition sur Milianah, qui est dégagée après un combat acharné ; dans la marche de retour sur Médéah, nouveaux combats presque journaliers dans les montagnes de Mouzaïa et au bois des Oliviers.

En septembre, expédition sur Kara-Mustapha, combat de Bou-Douaou ;

En octobre, expédition sur Milianah.

En avril 1841, ravitaillement de Médéah, combats du Djebeï-Djeps, du col de Mouzaïa;

En mai, expédition sur le Bou-Roumi, puis sur Boghar et Theza ;

En juin, expédition sur le Ghélif.

Le 9 juillet, le régiment rentrât à Alger, et le 21 du même mois, s'embarquait pour rentrer en France, où il fit le service de garnison jusqu'en 1834, époque où il devint le 92® régiment d'infanterie, par suite de la suppression de l'infanterie légère.

En 1849, il avait puissamment contribué à la répression de l'insurrection de la Croix-Rousse à Lyon.

IV° PARTIE 92^ Régiment d'infanterie de ligne.

En exécution du décret impérial du 24 octobre 1854, le ^^92° régiment d'infanterie de ligne est formé, le 1®'* janvier 18oo, du i7° régiment d'infanterie légère.

Il tient garnison en France jusqu'en i866, puis se rend au mois d'août dans la province d'Orau. Au mois de décembre 1870, il est rappelé en France pour participer à la défense du territoire envahi.

Campagne de l'Est (i870-1871).

Il rejoint le 28 décembre l'armée de l'Est, et entre dans la composition de la brigade Perreaux, de la 2° division (amiral Penhoat), 18« corps.

Le 9 janvier 1871, au combat de Villersexel,il emporte de vive force le château de Grammont et s'y maintient malgré les énergiques retours offensifs des Allemands, puis aide à chasser ceux-ci de la ville.

Le 16 janvier, il s'empare à la baïonnette du village de Ghenebier; le 17, il défend le plateau d'Echevanne contre toutes les tentatives des Prussiens et force ceux-ci à reculer.

Pendant la fatale retraite de l'armée de l'Est à travers les neiges du Jura, le régiment conserve

toute sa discipline; au moment du passage en Suisse, le i^^ février, c'est lui qui est désigné pour faire l'extrême arrière-garde et, au combat delà Cluse, soutient glorieusement sa réputation. Le 9^^ est ensuite interné à Zurich.

Insurrection de Lyon

A peine de retour en France, le 30 avril, il est appelé à combattre les émeutiers de la Guillotière, à Lyon, et montre là autant de fermeté et de dévouement que devant l'ennemi extérieur.

Campagne de Tunisie.

Au commencement de mai 1881, les 3^ et 4® bataillons font partie du corps expéditionnaire de Tunisie; le 4« bataillon est rappelé en France à la lin de juin, et le 3° bataillon contribue le 16 juillet, pour une forte part, à la prise de Sfax, où nos jeunes troupes montrent qu'elles sont en tous points dignes de leurs ainées.

Citations et actions d'éclat. — Actes de courage et de dévouement.

lo — 17« régiment d'infanterie légère.

Aymard, capitaine. —Au pont de Lodi, en 1796, il culbute un détachement de hussards et s'empare de trois barques chargées de provisions pour l'ennemi.

Le 16 thermidor an IV, à Gastiglione, avec deux compagnies, il enlève à Vennemi deux pièces de canon et un obusier.

Le 27 brumaire an Y, à Rivoli, étant de garde avec cinquante hommes, il est enveloppé par l'ennemi, se défend vigoureusement et se voit délivré par son camarade, le capitaine B'ës-

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