‹ Historique de la découverte improprement nommée daguerréotype, précédé d'une notice sur son véritable inventeur feu M. Joseph-Nicéphore NiépceChapitre 2 sur 12 · SUR LA VIE ET LES TRAVAUX · texte numérisé non relu

SUR LA VIE ET LES TRAVAUX

DE M. J.-JY. NIÉPCE.

J’entrerai dans quelques détails qui ne sont pas étrangers au plan que je me suis tracé ; par ce motif, qu’aucune action, aucun événement, quoique paraissant dénués d’intérêt, ne doivent être mis de côté lorsqu’il s’agit de faire connaître un homme qui a presque toujours vécu éloigné de la société, et dont l’existence peut en quelque sorte être assimilée à celle de ces plantes rares qui croissent dans un lieu désert, s’épanouissent et se flétrissent en ne laissant d’autres traces que leurs graines précieuses, qu’un avide voyageur se hâtera de récolter sur leurs tiges desséchées !...

M. Claude Niépce, écuyer, conseiller du roi, receveur des consignations aux bailliage et chancellerie de Châlons-

sur-Saône, épousa Mllc Claude Barrault, fille du conseiller de ce nom, avocat éminemment distingué. Il eut de ce mariage Claude Niépce, né le 10 octobre 1763, mort célibataire à Kiew, près Londres, le 5 février 1828. Il s’occupa principalement de mécanique.

Joseph Nicéphore-Niépce, né le 7 mars 1765, mort dans sa campagne du Gras, près Cliâlons-sur-Saône, le 3 juillet 1833. Sa carrière fut celle du plus tendre des époux: et des pères î Doué d’une gaieté douce, spirituelle, et parfois maligne, il unissait à une exquise politesse toutes les qualités qui font l’homme de bien! La poésie, la mécanique et la chimie eurent pour lui les plus puissans attraits.

Bernard Niépce, né , mourut

à Genève, où l’avait conduit le triste état de sa santé.

Mlle Niépce, morte

à Paris, le

Les troubles politiques déterminèrent M. Joseph-Nicéphore Niépce à chercher dans les camps la tranquillité qui avait fui même le foyer domestique. 11 fut admis, le 10

mai 1792, en qualité de sous-lieutenant, dans le 42rac régiment d’infanterie (ci-devant Limousin)»

Nommé lieutenant, le 6 mai 1793, au 2mc bataillon de la 83me demi-brigade, il , fit en cette qualité la campagne de Cagliari (Sardaigne), et celle de 1793 à 1 armee d’Italie, où il se trouva aux attaques des 8 et 12 juin même année. Le 18 ventôse an II, il fut adjoint a 1 adjudant général Frottier ; mais une maladie épidémique, dont il fut atteint, et la faiblesse extrême de sa vue, le mirent dans la nécessité de cesser une carrière dans laquelle il avait su se faire remarquer.

Le 30 brumaire an III, il fut nommé membre de l’administration du district de Nice (Piémont) , alors à la F rance .

Cette place convenait beaucoup mieux à sa santé, à ses goûts sédentaires, et le fixait en même temps près d une épouse qu’il chérissait, à laquelle il avait uni depuis peu sa destinée.

Ce fut à Nice qu’il attendit le rétablissement de l’ordre, et il revint à Châlons-sur-Saône, le 23 juin 1801, avec sa femme, son fils et son frère aîné, qui était venu le rejoindre, après avoir parcouru les mers pendant de longues années.

Dès ce moment les deux frères purent ensemble satisfaire leurs goûts pour les sciences : plusieurs machines fort ingénieuses, dont ils ne tirèrent aucun parti, furent le résultat de leurs travaux.

Le 15 novembre 1806 ils prirent collectivement un brevet d’invention pour une machine qu’ils nommèrent Pyréolophore. (Voir le rapport de MM. Carnot et Berthollet, inséré dans les Mémoires de l’Institut, sciences physiques, 1er semestre, 1807, page 146.)

Plus tard, ils achevèrent une pompe qu’ils nommèrent hydrostatique , mais qu’ils abandonnèrent bientôt pour suivre de nouvelles inspirations!

On peut juger par la lettre suivante de M. Carnot, membre de l’Institut, de l’intérêt que ce savant prenait aux travaux de MM. Niépce :

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