‹ Historique de la découverte improprement nommée daguerréotype, précédé d'une notice sur son véritable inventeur feu M. Joseph-Nicéphore NiépceChapitre 3 sur 12 · LETTRE DE M. CARNOT A MM. NIÉPCE FRÈRES · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. CARNOT A MM. NIÉPCE FRÈRES

Paris, 31 décembre 1807.

«J’ai reçu, messieurs, la lettre que vous m’avez fait » l honneur de m’écrire le 24 de ce mois. Il paraît en effe » décidé que l’on doit substituer une machine à feu à la » machine de Marly ; je regrette beaucoup que vous n’ayez » pu vous en occuper plus tôt, surtout en employant leprin- » cipe moteur du Pyréolophore , machine qui vous fera » toujours honneur, et dont tous les mécaniciens souhai- » tent et espèrent le perfectionnement .

» Je ne suis pas assez sûr de me faire une idée juste de » votre nouvelle machine pour en dire formellement mon

» opinion. Vous n’employez ni roues ni leviers, c’est un )) grand avantage; mais il y a des pistons et des soupapes » qui détruiront nécessairement en partie 1 effet de la puis- )) sance motrice, et le marteau qui intervient dans le me- )) canisme éloigne la dénomination de pompe hydros ta - )) tique, que vous donnez à votre machine ; mais les déno- » minations ne font rien. Je vous engage à faire des ex- » périences exactes sur le produit de cette machine avant » de la proposer; c’est le seul moyen de prévenir les objections, surtout si vous établissez la comparaison de ce )) produit avec celui du bélier hydraulique, dont les effets » sont très-bien connus aujourd’hui. Il résulte de lexa- )) men expérimental qui en a été fait que c’est, au moins )) en petit, une très-bonne machine ; on ne sait trop si elle » serait également favorable en grand; c’est ce qu’on ap- » prendra dans quelque temps, parce que le gouverne— » ment a fourni des fonds pour que des expériences en » grand fussent faites. M. Montgolfier ne doute pas de » leur succès, d’après les nouveaux perfectionnemens qu’il » a imaginés, et qui consistent principalement en un ré- » servoir d’air dont le but principal est d’atténuer la vio- » lence des chocs qui détruisaient beaucoup de la force et » occasionnaient la dislocation de la machine.

» Recevez, messieurs, les assurances de mon estime et » de mon attachement.

» Caiînot. )»

La culture du pastel devint aussi pour ces messieurs Fobjet de nouvelles recherches, et ils parvinrent à en extraire une fécule colorante dont la beauté était comparable à celle du plus bel indigo.

fis reçurent à cette occasion de M. le comte de Montalivet, alors ministre de l’intérieur, auquel ils en avaient adressé des échantillons, la lettre suivante :

LE MINISTRE DE L’iNTÉRIEUR A M. LE PRÉFET DE SAONE-

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