EN ANGLETERRE, DE 1801 A FIN
Évc'nements principaux et chevaux célèbres.
Avant d'entreprendre l'historique des courses en France — qui ne datent réellement que de la fondation de la Société d'Encouragement, à la fin de 1833 — et afin de n'avoir pas à les interrompre, nous allons poursuivre, jusqu'à cette époque, l'exposé rapide de ce qui s'est passé en Angleterre, depuis la fin du xviii^ siècle où nous étions arrivé.
A ce moment, la race de pur sang est définitivement formée; les noms de Flying Childers, Matchem, Pot-8-Os, Highflyer et Sir Peter sont populaires, et l'institution des courses est devenue nationale, avec des épreuves comme le Derby, les Oaks et le Saint-Léger, qui sont déjà classiques.
Nous allons rappeler brièvement les événements et les chevaux qui ont marqué sur le turf ou au haras, du commencement du xix^ siècle à décembre 1833.
Nous les signalerons ensuite au fur et à mesure qu'ils se présenteront au cours des années que nous passerons entrevue.
Pour la première fois le Derby est remporté par une pouliche, Eleanor (\Vliisky et Y. Giantess), à Sir C. Bumbury, qui enlève également les Oaks.
Dans la même génération, signalons aussi Pénélope (Trumpator et Prunella), qui fut une poulinière remarquable et donna, entre autres
produits, deux vainqueurs du Derby, Whalebo?ie, 1810, et Whisker, 1815, tous deux par Waxy.
A Pénélope se rattachent, entre autres chevaux français, Saint- Germain^ Jouvence, Mondaine, Sauterelle et Sibérie.
Création du Doncaster Cup.
Sur la liste des vainqueurs, on relève les noms de quatre chevaux français: Sornette [ISI 0), Dutch Skater (1872), Loîas c^'Or (1884), et Long Set (1913).
Orville, 1799-1826 (Beningbrough et Evelina), fut un des meilleurs chevaux de son temps. Il remporta 21 victoires, dont le Saint- Léger.
D'Orville descendent deux des plus célèbres juments du turf anglais. Crucifix (branche d'Emilius), et Alice Hawthorn (branche de Muley).
Il est également le père d'Octaçius, Derby, 1812; — Charlotte, première gagnante des Mille Guinées, 1814; — Ebor, Saint-Léger, 1817; — Emilius, Derby, 1823.
Après Orville, on peut citer un autre bon performer, Walton, 1799-1825 (Sir Peter et Aréthuse), vainqueur de 17 courses.
Walton, 1799-1825 (Sir Peter et Aréthuse), vainqueur de 17 courses.
A signaler la curieuse performance de Jerry Sneake (Chocolaté), qui parcourut 6.400 mètres, au tilbury, traînant 114 kilos, en 9'27".
Selim, 1803-1828 (The Buzzard et Alexander mare), est le père de Médora et Turquoise, gagnantes des Oaks, en 1814 et 1828 ; — Nicolo, Deux mille Guinées, 1823 ; — Langar, père d'Epirus, père de Pyrrhus the First; — Sultan, père de Glencoe et BayMiddleton.
Création de I'Ascot Gold Cup, un des plus importants trophées hippiques de l'Angleterre.
Une première Gold Cup avait été disputée en 1772, mais ne dura pas.
De 1845 à 1853 inclus, I'Ascot Gold Cup fut remplacé par The Emperor Plate, en raison de la superbe pièce d'orfèvrerie que le Tsar
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Nicolas offrait, en souvenir de sa visite en 1844, et qui fut supprimée au moment de la guerre d'Orient.
Les noms les plus célèbres du turf anglais sont inscrits sur la liste des vainqueurs de cette belle épreuve, que nos chevaux ont remportée sept fois : Gladiateur, 1866; —Mortemer,\^l\.\ — Henry, 1872; — Boïard, 1874; — Verneuil, 1878, qui gagna également, la même année, l'Alexandra Plate et le Gold Cup, triple event qu'il est le seul à avoir réussi jusqu'ici ; — Elf, 1898 ; — Maximum, 1903.
Création des Woodcote Stakes, pour deux ans, à Epsom. Fille de V Air les remporta en 1863, Le Sarrazin en 1867, et Le Nicham, en 1892, partagea le prix avec Quickly Wise.
Création des Deux mille Guinées. Le premier vainqueur fut Wizard (Sorcerer), à M. Witson.
Le comte de Lagrange est le seul propriétaire français qui y ait triomphé, avec Gladiateur (1865) et Chamant (1877).
Le Derby revient à Whalehone (Waxy et Pénélope), qui sera le père de Sir Hercules (père de Irish Birdcatcher et Faugh-a-Ballagh); — Camel (père de Touchstone); — Dejence (père de The Emperor).
Rainhow, 1808 (Walton et Iris), courut peu. Importé en 1823, sera le père de nombreux gagnants. (Voir note page 137.)
Création de Thippodrome de Goodwood et de la Goodwood Cup, interrompue en 1815, puis de 1817 à 1824 inclus.
Épreuve très recherchée et que disputèrent des chevaux de premier ordre.
La première grande épreuve dans laquelle nos représentants tentèrent la fortune, en raison des avantages de poids qui étaient alors accordés aux chevaux étrangers, et qui furent supprimés après la victoire de Monarque, en 1857.
Avant lui. Jouvence l'avait remporté, battant Hervine, en 1853; — Baroncello, 1855; — puis Dollar, 1864, et Flageolet 1873.
Trump, 1810-1835 (Dick Andrews et une fille de Gohanna), 9 victoires sur 12 courses, dont le Doncaster Cup; il est le père de Barefoot
(Saint-Léger, 1823); — ■ Saint-Gilles et Dangerous (Derby, 1832 et 1833); — Tarentella (Mille Guinées, 1833) ; importée par M. Lupin, en 1840, elle sera la mère de Gambetti et Amalfi.
Création des Mille Guinées, dont la première gagnante fut Charlotte (par Orville), à M. Witson, lequel avait également remporté le premier prix des Deux mille Guinées, en 1809.
Reine, à M. C. Lefèvre (1872), et Camélia, qm comte de Lagrange (1876), sont les seules pouliches françaises inscrites sur le palmarès de cette épreuve classique.
Partisan, 1811-1838 (Walton et Parasol, par Pot-8-Os), remporta de nombreuses victoires sur les longs parcours.
Père de Mameluke (Derby, 1827); — Patron (Deux mille Guinées, 1829); — Cyprian (Oaks, 1836); — Glaucus, père de The Nob, père de The Nabob, père de Vermout; — et surtout Gladiator, qui sera célèbre par le rôle prépondérant qu'il jouera dans notre élevage.
Z)^' Syntax, 1811-1838 (Paynator et Beningbrough mare), ne remporta pas moins de 32 victoires.
Père de la fameuse Bee's Wing, née en 1831 ; — Chapeau d'Espagne (Mille Guinées, 1837); — Ralph (Deux mille Guinées, 1841).
Un autre très bon cheval, Wanderer, 1811-1830 (Gohanna et Catherine), ne remporte pas moins de 24 victoires, pendant sa carrière sur le turf.
Filho da Puta, 1812-1835 (Haphazard et Mistress Barnet), 8 victoires, dont le Saint-Léger et le Doncaster Cup.
Père de nombreux chevaux utiles, dont Birmingham (Saint- Léger, 1830).
L'Histoire a conservé le nom du cheval que Wellington montait à Waterloo.
C'était un pur sang, né en 1808, par Popinjay et Lady Catherine, qui s'appelait CopewAage7i.
Sultan, né en 1816 (Selim ei Bacchante), remporta 19 victoires sur 34 courses.
Il est le père du célèbre Bay Middleton (Deux mille Guinées et Derby, 1836); — Augustus, Glencoe, Ibrahim et Achmet (Deux mille Guinées, 1830, 1834, 1835 et 1837); — Green Mantle (Oaks, 1829) ; —
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Galata (Mille Guinées et Oaks, 1832); — Destiny (Mille Guinées, 1836).
Le Derby revient à Tiresias (Soothsayer et Pledge), qui remporte 13 autres victoires, sur 18 courses qu'il dispute.
Création : 1° des Champagne Stakes, pour deux ans, à Doncaster, que gagnèrent Clémentine, 1877, et Haute-Saône, 1890; — • 2° du Goodwood Plate, que remporta Stockholm, 1884.
Un très bon cheval, £'mi/ms, 1820-1847 (Orville et Emily), vainqueur du Derby et de sept autres courses.
Père de Priam et Plenipotentiary (Derby, 1830 et 1834); — Riddlesworth (Deux mille Guinées 1831); — Oxygen (Oaks, 1831); — Préserve, Barcarolle ei Extempore [IsliWe Guinées, 1835, 1838 et 1843).
Création du Chester Cup. Lé gagnant a droit, en plus de l'allocation, à un énorme fromage, ne pesant pas moins de cent livres.
Vasistas, en 1891, et Quérido, en 1907, sont les seuls chevaux français qui y réussirent.
Château-Margaux,né en 1822 (Whalebone et Wasp), court 26 fois, pour gagner 21 courses, dont l'Ascot Gold Cup.
Royal-Oak, 1823 (Catton et Smolensko mare, is. de Lady Mary), vainqueur de onze prix. Sera l'un des fondateurs de la branche française de pur sang. (Voir page 134.)
Parmi tous ses produits, on peut rappeler le nom de la fameuse Poetess, mère d'Hervine et de Monarque.
Création des Criterion Stakes, à Newmarket, une des plus importantes épreuves pour chevaux de deux ans.
Parmi les vainqueurs, nous trouvons : Hospodar, 1862; Fille de VAir, 1863; Général, 1870; Flageolet, 1872; Jongleur, 1876; M. Philippe, 1878; Archiduc, 1883; et Gouverneur, 1890.
Defence (Whalebone et Défiance), bon performer sur les courtes et les longues distances, et père de The Emperor, le père présumé de Monarque.
Napoléon (Bob Booty), qui ne remporte pas moins de 30 courses pendant sa carrière sur le turf.
Guiccioli, 1825-1852 (Bob Booty et Flight), poulinière extrêmement prolifique, n'eut pas moins de vingt produits, dont Irish Birdeatcher et Faugh-a-Ballagh, tous deux avec Sir Hercules.
Cadland, 1825 (Andrew et Sorcery), un des meilleurs chevaux de son temps, vainqueur de 17 courses, dont le Derby, après un deadheat avec The Colonel, ei les Deux mille Guinées.
Nous reviendrons sur Cadland, lors de son importation en France, en 1834.
Sir Hercules, 1826-1855 (Whalebone et Péri), ne fut battu que deux fois sur 9 courses qu'il disputa .
En dehors de IrisJi Birdeatcher et de Faugh-a-Ballagh, sur lesquels nous reviendrons ultérieurement, il a produit Coronation (Derby,
Priant, né en 1827 (Emilius et Cressida), remporta 18 victoires sur 21 courses.
Il est le père de la célèbre Crucifix (Deux mille Guinées, Mille Guinées, et Oaks,1841), et de Miss Letty et Industry (Mille Guinées, 1837 et 1838).
A signaler, en cette même année, la course du Goodwood Cup, qui donna lieu à une arrivée comme on en voit rarement : les trois premières places y furent prises, en effet, par les représentants du roi Guillaume IV, surnommé le Roi-Marin (Sailor King), Fleur-de-Lys,. Zinganee et The Colonel (1),
On rapporte que, lorsque son entraîneur, William Edwards, vint, lui demander la veille de la course, lequel de ses chevaux il devait faire courir, le roi lui avait répondu : « Envoyez toute la flotte; l'un, d'eux gagnera peut-être. »
Cette Fleur-de-Lys, qui avait déjà remporté cette même épreuve l'année précédente, sous les couleurs royales du prédécesseur de
(1) On ne connaît d'autre exemple d'une semblable arrivée que celle du Grand Prix de Paris, en 1902, où Quo Va,dis, Caïus et Viniciu?, à M. Edmond Blanc, finirent en tête.
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Guillaume IV, était alors âgée de huit ans; elle était fille de Bourbon et Lady Rachel, par Stamford.
A signaler la performance de Tranhy (Blacklock et une fille d'Orville), né en 1827, qui, dans un walk-over,à Newmarket, couvrit 6.400 mètres en huit minutes, sous le poids de 72 kilos.
Liverpool, 1828-1844 (Tramp et une fille de Whisker), troisième du Derby et du Saint-Léger, vainqueur de 12 courses, dont le Gambridgeshire. Père d'une nombreuse descendance de très bonne classe.
Encore ua exemple d'endurance comme les chevaux en offraient tant à cette époque.
Batcatcher, né en 1830 (Langer et une fille de Blacklock), ne dispute pas moins de 65 courses pendant sa laborieuse carrière, sur lesquelles il en gagne 25.