CHAPITRE XG
Modification aux dead-heat. — Responsabilité des entraîneurs dans les cas de doping. — • Augmentation de l'entrée dan? î-;^ Grand Prix. — • Les prix de Cavalerie (suite). — Le prix de Diane est porté à 75.000 francs. — Le prix du Cadran devient international, avec une allocation de 100.000 francs. — Le nouveau prix Seymour. — Cinquantenaire des courses de Deauville.
— Nimbus, Brûleur, Dagor, IsardII, Ecouen. — Prédicateur (suite). — Nouvelles écuries étrangères. — Mort de MM. H. Delamarre, comte de Berteux, H. Ridgway, P. Donon, Ch. Kohler, duc de Fezensac, Richard Carter. — Mort de Northeast et de Maximum. — Contrôle des arrivées, à Ostende.
— Les incidents du Derby d'Epsom et de la Coupe d'Ord'Ascot. — Prince Palatine : record du prix de vente d'un étalon. — The Tetrarch. — Mort du grand éleveur Sir Tatton Sykes et de Sir E. Johnstone. — Mort de Desmond et de La Camargo. — Procès Siever-Wooton. — La Monkcy-Seatt
— Mort de M. J.-R. Keene.
L'année est attristée par la disparition de nombreux sportsmen, notamment de M. Henri Delamarre, dont le nom reste indissolublement lié à l'histoire du turf en France. Nous reviendrons plus loin sur le rôle considérable qu'il a joué chez nous pendant plus d'un demisiècle.
Parmi les nouvelles mesures prises par la Société d'Encouragement, il y a lieu de signaler les suivantes :
10 Dead-heat. — A l'avenir, en cas de partage du prix, aucun des dead-heaters ne sera plus tenu d'effectuer une seconde fois le parcours, la Société ayant estimé très judicieusement qu'un cheval pouvait fort bien, par suite de circonstances tout à fait indépendantes, se trouver hors d'état de terminer ce parcours, auquel cas l'ancien Règlement interdisait d'attribuer le prix!
1891 A FJN 1913 721
2° Doping. — Nous avons vu, lors du distancement de certains chevaux dopés, en 1912, que les sanctions de la Société d'Encouragement s'étaient arrêtées là, le Code des Courses ne lui permettant alors d'inculper que « celui qui avait administré ou fait administrer le doping », preuve impossible à faire dans la plupart des cas, en sorte que les propriétaires, le plus souvent complètement étrangers à ces pratiques frauduleuses, n'en étaient pas moins les seuls atteints pécuniairement ,
Aussi, après étude de la question, la Société d'Encouragement décidait-elle que dorénavant la responsabilité des entraîneurs serait pleinement engagée. Rien n'est plus équitable. Dans les entreprises de tout genre, en effet, l'employeur n'est-il pas responsable, moralement et matériellement, des faits et gestes de sonpersonnel? Aux entraîneurs donc à mieux surveiller leurs chevaux et ceux qui les approchent.
Pour en finir avec cette question, rappelons que la Commission scientifique, nommée, à la fin de l'année précédente, par le Ministre de l'Agriculture, confirma purement et simplement, comme il fallait s'y attendre, la valeur absolue des procédés employés par le professeur Kauffman pour la découverte du doping, et en recommanda l'usage aux Sociétés de courses soucieuses du bon renom de leurs réunions.
30 Entrées du Grand Prix. — Afin d'éviter l'encombrement dans le Grand Prix, où certains propriétaires n'hésitent pas, en raison du taux relativement peu élevé de l'entrée, à faire partir des chevaux qui n'y ont aucune chance et dont la présence ne peut qu'être une cause d'accidents, laSociété décide qu'à dater du Grand Prix de 1915 — dont les engagements n'étaient pas encore faits quand elle prit cette mesure — l'entrée sera doublée, c'est-à-dire portée de 1 .000 à 2 .000 fr. Le premier forfait reste fixé à 100 francs, mais le second est réduit de 500 à 400, et les chevaux déclarés non partants ne paieront que 500 francs au lieu de 600.
Le budget de la Société d'Encouragement s'élève k 4. 502. 7 50 francs, en augmentation de près de 400.000 francs sur celui de 1912. Les principales épreuves qui profitent de cette plus-value sont : les prix de Cavalerie, dont nous avons parlé à la fin du chapitre précédent, qui se montent à 120.000 francs (1), le prix de Diane, qui passe
(1) Dans sa séance du 2,0 janvier 1913, le Comité prend d'abord connaissance de la lettre par laquelle le Ministre de la Guerre, après avoir remercié la Société d'Encouragement « de son initiative et de l'aide si patriotique qu'elle apporte spontanément à l'Armée » lui donne l'assurance « qu'il approuve sans réserves le principe de son projet de doter la cavalerie des chevaux de pur sang, de bonne qualité, qui lui sont si nécessaires et qu'il éprouve la plus grande peine à se procurer »,
Puis il est donné lecture des dispositions arrêtées, après entente avec M. le Général Inspecteur permanent des Remontes, pour régler les détails d'organisation :
de 50.000 à 75.000 francs, et enfin le prix du Cadran, de 30.000 à 100.000.
En décidant, deux ans auparavant, que l'allocation du prix du Cadran serait portée à ce chiffre et que cette épreuve — réservée jusqu'ici aux chevaux français de 4 ans — serait ouverte aux chevaux de 4 ans et au-dessus de tous pays, la Société d'Encouragement avait dû modifier son Statut originel, qui lui faisait une obligation de réserver aux seuls chevaux de pur sang nés en France l'intégralité de ses subsides,
Ce Statut, d'ailleurs, l'État l'avait déjà contrainte à le violer par deux fois déjà : d'abord en lui imposant la charge de l'allocation du prix du Conseil Municipal, puis la majeure partie de celle du Grand Prix, quand elle fut portée à 200.000 francs.
La nouvelle dérogation que faisait, volontairement, cette fois, la Société d'Encouragement, était des plus heureuses, car les conditions ne sont plus les mêmes qu'à l'époque lointaine de ses débuts. Il s'agissait alors d'encourager un élevage à naître, de le protéger contre une concurrence étrangère trop redoutable encore pour ses faibles moyens, et de l'empêcher de sombrer dans une lutte inégale. Les choses ont bien changé depuis et, grâce à l'œuvre accomplie par la Société d'Encouragement, notre élevage vaut pour le moins aujourd'hui celui de nos voisins d'Outre-Manche, et l'émulation nouvelle que fera naître ces rencontres ne peut que leur être profitable.
Le prix du Cadran sera désormais comme le Derby international des vétérans, les conditions de la course stipulant simplement le poids pour âge, sans surcharges ni décharges. La Société d'Encouragement a été heureusement inspirée en lui conservant ainsi ce caractère d'épreuve classique, qui fait défaut à tous les grands prix de 100.000 francs similaires, que le jeu des surcharges et des décharges ravale plus ou moins au rang de handicaps, sinon même de prix de consolation.
De même la Société eut aussi une excellente idée en plaçant
visite, examen et mensuration des chevaux destinés à prendre part aux Prix de Cavalerie; — délivrance des Certificats d'Aptitude dont la production est exigée pour la validité des engagements; — présentation du gagnant, le jour de la course, à l'Officier chargé d'accepter ou de refuser d'en prendre livraison pour le service de l'Armée
Après échange de vues- ces dispositions sont adoptées, ainsi que les conditions spéciales des épreuves. Vingt-six Prix de Cavalerie, représentant une dotation globale de 120.000 francs, sont créés cette année : douze, de 4.000 francs chacun, sont réservés aux poulains entiers, hongres et pouliches de 2 ans (distance 500 à 1.100 mètres), et quatorze, de 5.000 francs chacun, aux chevaux entiers, hongres et juments de 3 ans et au-dessus (distance 1.800 à 4.200 mètres).
L'un des prix pour produits de 2 ans est inscrit au programme du dernier jour de la réunion d'automne au Bois de Boulogne, sous le nom de Prix Montbrun; l'un des prix pour produits de 3 ans et au-dessus est inscrit au programme du premier jour de la réunion d'automne, à Chantilly, sous le titre de PrixLasalle; les vingt-quatre autres sont répartis entre la Société de Sport de France, au Tremblay, la Société de Demi-Sang, à Saint-Cloud, et les Sociétés départementales.
dorénavant cette belle épreuve au jeudi de FAscension plutôt qu'au dimanche, afin que la majorité des propriétaires anglais ne fût pas retenue, comme pour le Grand Prix, par le souci religieux de respecter le repos dominical.
Une autre épreuve importante pour 4 ans et au-dessus, est l'ancien prix Seymour, complètement remanié et porté à 40.000 francs, et placé au jeudi de la semaine du Grand Prix. 11 n'a pas malheureusement la belle uniformité de poids du prix du Cadran, et, par son jeu de surcharges et de décharges, semble destiné aux chevaux d'ordre secondaire.
La Société des courses de Deauville, que dirige avec tant d'autorité le comte Le Marois, fête la cinquantième année de son existence par l'agrandissement du pesage et du paddock, l'édification de belles et vastes tribunes, l'inauguration d'une nouvelle piste droite de 1,600 mètres et la création du prix du Cinquantenaire (50.000 fr., 1.600 mètres), pour 3 ans et au-dessus, poids pour âge avec certaines surcharges (1). Au risque de nous répéter, nous regrettons que la Société n'ait pas fait de cette épreuve un pendant à son beau prix Floriande Kergorlay (40.000 francs, 3.400 mètres), ce qui eût permis aux représentants les plus autorisés des diverses générations de se mesurer strictement au poids pour âge, sur un court et sur un long parcours, avant de se rencontrer sur la distance intermédiaire du Grand Prix (100.000 francs, 2.600 mètres).
Quoi qu'il en soit, le tableau ci-dessous montrera mieux que tous les discours le développement que le meeting de Deauville a pris depuis sa création en 1864, etla place qu'il occupe maintenant dans la campagne sportive. Sans atteindre au cachet ultra-select et à l'importance technique de celui d'Ascot — où, pour quatre journées de courses seument, les prix distribués, cette aminée, se sont élevés à 1 .087.125 francs, — Deauville n'en a pas moins conquis une vogue mondiale d'élégan<îe et de fête.
Années. Jonrnécs.
Chevanx engagés. partants. Propriétaires, Allo.\ntions