‹ Historique des courses de chevaux de l'antiquité à ce jourChapitre 127 sur 202 · LIVRE VIII LA RACE DE PUR SANG · texte numérisé non relu

LIVRE VIII LA RACE DE PUR SANG

Eclipse (Darley Arabian) — Herod (Bijerltj Turk) Matrhcui {Godolpliin Arabian)

La race arabe pure s'est perpétuée, intacte de toute souillure étrangère, depuis le règne de Salomon. Ce grand législateur fut, en même temps, un grand éleveur et la famille chevaline des Kocklani, la plus pure de toutes, remonte aux célèbres étalons qu'il entretenait dans ses haras.

Mais on peut dire que c'est Mahomet, le premier, qui attacha des honneurs et des récompenses à l'élève des chevaux de race. Il institua même des courses pour la sélection des meilleurs produits et ordonna que les généalogies par lignée maternelle fussent régulièrement constatées.

Aucun document écrit officiel ne certifie ces filiations, qui ne s'en transmettent pas moins avec toute l'authenticité voulue par tradition verbale.

Par sa vigueur, sa vitesse, sa docilité, sa sobriété et la noblesse de ses lignes, il était tout naturel que le cheval arabe et ses similaires, barbe, turc, persan, attirassent l'attention de ceux qui, en Europe, songèrent les premiers à améliorer leurs espèces indigènes.

C'est de cette idée — et de la transformation complète qu'a subie en Angleterre le cheval oriental primitif, par les modifications que devaient apporter le climat, la nourriture, les soins et l'entraînement — qu'est né le pur sang anglais.

Les étalons orientaux qui aidèrent à la création de la race actuelle avec des juments de même origine qu'eux ou provenant des espèces locales, étaient si petits, en général, qu'on les appela tout d'abord « galloAvay », du nom des poneys du comté de Galloway.

Leur taille variait de 1 m. 35 à 1 m. 45. Godolphin Arabian, qui passait pour extraordinairement grand, ne mesurait cependant que 1 m. 52. Ils étaient

ramassés, avec l'encolure épaisse et courbée, et ne couvraient guère plus de 4 m. 25, ce que couvre encore le cheval arabe-

Le pur sang est plus haut (sa taille moyenne est de 1 m. 62), le corps et le cou se sont allongés, l'errière-main a pris plus de puissance, l'épaule plus d'obliquité, et sa foulée de galop couvre près du double de terrain.

Nous avons, au cours des pages consacrées à l'histoire des courses en Angleterre, assisté aux efforts tentés par ses souverains successifs pour amener cette rénovation des espèces indigènes par le pur sang arabe.

Par la sélection et en ne prenant que les meilleurs étalons et juments, on obtint d'abord du 1/2 sang, puis du 3/4, 7/8, 31/32, 63/64, etc., et les courses ayant fait éliminer les animaux médiocres, on arriva à l'épuration et à la création du pur sang.

La race créée, il était de toute nécessité d'établir, de façon formelle et irréfutable, la généalogie de chacun de ses membres, non pas seulement par lignée maternelle, comme le faisaient les Arabes, mais également par lignée paternelle.

D'où la création du Stud-Book anglais, publication authentique, contenant la généalogie et la descendance de tous les chevaux de pur sang.

Il fut précédé, en 1808, d'une introduction historique, qui reste le document fondamental pour l'histoire de la formation de la race.

C'est à l'étalon Place's White Turk — importé par l'écuyer Place, sous le règne de Jacques !«'', au début du xvii^ siècle — que s'arrêtent, comme nous l'avons dit, les plus anciennes généalogies chevalines tracées au Stud-Book. Nous rappelons également que ce fut la coutume de désigner les étalons orientaux par le nom de leur importateur, leur pays d'origine et leur couleur ou seulement par les deux premières indications.

Tous les chevaux de pur sang du monde entier, passés, présents ou futurs, remontent, comme on le sait, à l'un au moins des trois étalons-types Byerhj Turk, Darlay Arabian et Godolphin Arabian, dont nous avons longuement entretenu nos lecteurs précédemment.

Il est bon toutefois de remarquer que, si ces étalons importés d'Arabie, de Perse, de Turquie, de Barbarie ou du Maroc, ont transmis le sang, c'est l'Angleterre seule qui a fait le cheval de courses et que l'illustration de ces trois chefs de famille tient, non pas à leurs qualités personnelles, mais à celles manifestées par leurs descendants. Dans chaque lignée nous trouvons, en elTet, un étalon exceptionnel qui peut passer pour la véritable souche de cette famille.

C'est ainsi que, dans celle de Darlay Arabian, ce fut Eclipse, de qui descendent, entre autres, Royal-Oak, Stockwell, Touchstone, Monarque et Saint- Simon;

Dans celle de Byerly Turk, ce fut Herod, à qui se rattachent Partisan, Gladiator, Dollar et Vermout;

Dans celle de Godolphin Arabian, la tête fut Matchem,k qui remontent West- Australian, Melbourne et Le Sancy.

La nomenclature de la descendance complète de ces grands chefs de file serait fastidieuse, outre qu'elle constituerait à elle seule un volumineux ouvrage.

Mais il nous a paru intéressant de résumer en quelques pages la collection des Stud-Books anglais et français, en donnant, pour chacun des deux pays> la filiation, depuis l'origine, de tous les animaux, mâles ou femelles, qui se sont illustrés sur le turf ou au haras.

La plus brillante de ces trois familles est incontestablement celle qui a pour souche Eclipse, le plus illustre de tous les chevaux de courses, et sa lignée mâle est arrivée de nos jours à absorber à peu près complètement celles de ses deux rivaux. En effet, sur les 400 principaux étalons anglais, 368 remontent à Eclipse, et seulement 15 à Herod et 17 à Matchem.

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