‹ Historique des courses de chevaux de l'antiquité à ce jourChapitre 6 sur 202 · CHAPITRE PREMIER (i · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER (i

Du cheval. — La race arabe. — Les Jeux Olympiques. — Les Jeux du Cirque. — Caligula et Incitatus. — Byzance, les Bleus et les Verts.

Aussi loin que Ton remonte dans la nuit des temps, Ton constate que l'histoire du cheval est intimement liée à celle de T Humanité.

N'est-il pas associé, en eiïet, aux premiers mythes qu'a créés 'a légende ?

Ce sont quatre chevaux de lumière, le rapide Eoiis, l'ardent Phlégon, le fougueux Ethon et le léger Py rois, que le Soleil attelle à son char

(1) Nous avons donné, à l'Index" bibliographique, la nomenclature des ouvrages consultés pour la documentation générale de notre travail.

Pour ce premier chapitre, en outre des auteurs anciens, c'est principalement au Sport chez les Romains, du vicomte Oscar de Poli, au Manuel des Courses, 4u vicomte H. de Mirabal, au Journal des Haras, et au Dictionnaire du Sport français, de Ned Pearson, ainsi qu'aux divers ouvrages encyclopédiques de d'Alembert ou de MM. Berthelot, Larousse, Dupiney de Vorepierre, etc , que nous avons fait les plus larges emprunts.

flamboyant. C'est un cheval marin, Hippocampus, qui traîne sur l'onde celui de Neptune, autour duquel folâtrent les Tritons et les Sirènes. C'est encore un cheval ailé, Pégase, que les poètes enfourchent pour voler au Parnasse.

Ce sont enfin les Centaures ou hommes-chevaux de la 'Thessalie, qui ne sont en somme que les premiers cavaliers que le monde ait vus.

D'où vient le cheval?

La Fable veut que Neptune, désirant faire aux Athéniens le don le plus précieux, ait frappé la terre de son trident et que, du sol entr'ouvert, le cheval soit sorti, piaffant et hennissant.

C'est à la croyance en cette légende qu'est due la coutume barbare des sacrifices de chevaux, que' l'on précipitait dans les flots en l'honneur du dieu marin, coutume qui s'est perpétuée jusqu'aux époques les plus civilisées, puisque Sextus Pompeius, frère du grand Pompée, faisait encore jeter dans la mer, du haut des rochers, des chevaux et des hommes vivants, en sacrifice à Neptune, dont il se disait le fils.

La grande voix d'Homère a immortalisé les chevaux d'Enée, d'Achille, de Pelée, de Diomède, dont elle chante les exploits guerriers et qui, fils de Zéphir ou présents de Neptune, ont une origine divine, et nous savons que Nestor, après avoir vaincu Itimonée, lui enleva cent cinquante cavales à la crinière d'or, pour la plupart suitées d'un poulain.

De même les Arabes attribuent une origine merveilleuse au cheval, qui serait né des quatre cavales blanches qu'Allah fit sortir des ondes et que féconda le vent brûlant du désert.

Si, de la légende, nous descendons dans la réalité, les naturalistes nous apprendront que le Cheval est un Vertébré, de la classe des Mammifères, delà famille des Pachydermes, du genre des Équidés, Jiwientés, Solipèdes ou Monodactyles (c'est-à-dire qui n'ont qu'un doigt), lequel genre contient sept espèces : 1° le cheval proprement dit [equus caballus); 2° l'âne {eq. asinus); 3° l'hémippe {eq. hemippus); 4^ l'hémione ou dzigguetai [eq.hemionus); 5» le couagga [eq. quaecha); 6» le daw [eq. montanus); 7° le zèbre [eq. zébra).

Il est probable que ces sept espèces ont été groupées dans une même classe parce que, pouvant se reproduire entre elles, elles ne constituent qu'un seul genre.

Sans prétendre faire ici un cours d'hippologie, il n'est pas hors de propos de dire quelques mots des caractéristiques générales de l'animal qui nous occupe.

Le cheval a les jambes fines et longues, conformées pour la course rapide, et se terminant toutes quatre par un seul doigt apparent muni d'un sabot continu demi-circulaire ; de chaque côté des os métatarsiens ou métacarpiens (c'est-à-dire de chaque côté de ce que l'on est convenu d'appeler le canon), il existe des stylets osseux représentant deux doigts latéraux. Ces tiges osseuses ne portent de doigts dans aucune

des espèces vivantes du genre, mais, dans les espèces fossiles, comme Vhipparion et Vhippoterium — ancêtres directs du cheval, dont on a retrouvé des squelettes en Europe et dans l'Inde — chacune d'elles était terminée par un doigt, de sorte que les pieds de ces équidés avaient trois doigts complets, comme ceux des rhinocéros. Suivant l'opinion généralement admise, le doigt unique des espèces actuelles est formé par la soudure intime des deux autres doigts, qui restent au contraire indépendants et distincts chez les ruminants, dont ils constituent la fourche. L'anatomie du pied du cheval donne, en effet, la trace des trois doigts principaux, qui. caractérisent les animaux compris dans l'ordre des pachydermes.

La poitrine est profonde, indice de la même aptitude à la course et à la vitesse que les jambes; l'encolure, allongée; les muscles propulseurs du mouvement, puissants; la tête, expressive, sans aucune apparence de cornes, bien que l'on en trouve le rudiment sur un nombre assez considérable de chevaux pour que l'exception mérite d'être constatée; l'orbite de l'œil, remarquablement bien fait, se rapproche de celui de l'homme, en ce qu'il forme un cercle non interrompu, dépourvu de l'espèce de vide en arrière qui se retrouve chez presque tous les animaux; la queue est courte, garnie de crins longs et flottants ; ceux de la crinière sont plus courts

Le cheval a quarante dents, vingt à chaque mâchoire; elles se subdivisent en six incisives, deux crochets et douze molaires; leur nombre et leur état permettent, comme on le sait, de déterminer l'âge de l'animal.

Le pelage ou robe est court, serré, soyeux. Une robe lisse et brillante est toujours signe de bonne santé. Toutes les robes se réduisent à quatre couleurs primordiales : blanc, noir, rouge et jaune, qui se retrouvent seules ou mélangées. Toutefois, il n'est de pur sang que noirs, alezans, bais et très rarement gris (1).

Autre particularité physique que l'on peut rappeler : en raison de

(1) Les robes sont sivi-iples, composées, mixtes ou conjuguées :

Sim.ples, c'est-à-dire d'une couleur uniforme blanc, noir ou alezan (fauve' tirant sur le roux et qui correspond au blond chez l'homme), avec toutes leur& variétés de nuances;

Composées, comportant des poils de différentes couleurs : bai (brun rouge plus ou moins foncé, extrémités et crins noirs); — isabelle ou café au lait (jaune de différentes nuances, extrémités et crins plus ou moins gris); — gris (mélange de poils noirs et blancs); — aubère (mélange de poils blancs et rouges); — rouan (mélange de poils blancs, noirs et rouges);

Mixtes, il n'existe que la robe louvet ou poil de loup, c'est-à-dire à poils de deux couleurs : jaune à la base, noir à l'extrémité;

Conjuguées, à larges plaques de deux couleurs différentes, blanc et noir, blanc et rouge ou blanc et jaune : c'est la robe pie.

Un cheval alezan, noir ou bai est zain, quand sa robe ne présente aucune trace de poils blancs; — • rubican, avec quelques poils blancs disséminés sur le corps, mais ne dénaturant pas la couleur de la robe; — neigé, avec quelques petites taches blanches; — miroité, miroute ou à miroir, tacheté, sur la croupe, d? petites marques brillantes, brunes ou claires.

On dit qu'un cheval est cap de more, cavecé de more ou tête de more (du vieux

la conformation de son arrière-gorge, le cheval ne peut vomir. Aussi les traversées en rendent-elles certains malades au point d'en mourir (C'est ce qui advint notamment à la célèbre Gahrielle cVEstrées, en 1867.)

Le cheval destiné à la reproduction est appelé étalon; la jument, poulinière. Celle-ci porte onze mois et quelques jours, parfois même douze mois. Contrairement aux autres femelles de l'ordre des mammifères qui se couchent pour mettre bas, la poulinière se délivre debout.

Elle n'a qu'un produit à la fois. Tant qu'elle l'allaite, elle est dite suitée. Le jeune cheval ou poulain est d'abord appelé foal, puis yearling, jusqu'à la fm de sa première année. Il naît les yeux ouverts et peut marcher dès sa naissance, bien que ses longues jambes ne soient pas proportionnées au volume de son corps.

Le cheval n'atteint son complet développement physique qu'à l'âge de cinq ans.

C'est donc une aberration que de le soumettre aux exigences de l'entraînement et surtout des courses avant que sa formation ne soit achevée. On l'avait si bien compris en Angleterre, au début, que, jusqu'à la fm du xviii^ siècle, les chevaux ne couraient pas avant leur cinquième année.

C'est grâce à cette sage mesure que l'on est arrivé, par une sélection judicieuse, à former l'admirable race du pur sang anglais, issue, comme l'on sait, de la race arabe.

On ne serait certainement pas parvenu à ce résultat si, dès l'origine, on avait imposé, comme aujourd'hui, ces efforts prématurés et souvent meurtriers à des jeunes animaux dont l'ossature n'est encore qu'imparfaitement soudée.

Nous aurons occasion de revenir sur cette question, capitale pour l'avenir de la race, et dont certains États, tels que l'Allemagne, par exemple, semblent vouloir se préoccuper (voir année 1912).

D'où le cheval est-il originaire?

Les uns pensent que chaque contrée s'est trouvée posséder, à l'origine, le cheval qui lui est propre, et que les différences qui carac-

mot more ou moreau, noir), quand il a la tête noire, quelle que soit sa couleur.

Un cheval gris, qui a des taches de poils rouges autour du nez et des lèvres, est marqué de feu.

Les balzanes sont des marques circulaires formées par des poils blancs, enveloppant comme un bas plus ou moins haut la jambe, du sabot au genou. D'où les expressions, trace de balzane, balzane haut -chaussée, etc. Dans le cas de balzane, la corne est blanche, en totalité ou en partie.

Ij'arzel est moins qu'une balzane, une simple trace blanche aux pieds de derrière.

Les marques sont les poils blancs qui occupent une partie plus ou moins grande de la tête.

Quand ils sont peu nombreux et disséminés, on dit quelques voils en tête; — une tache blanche au milieu du front est une pelote, si les contours sont arrondis, une étoile, s'ils sont plus ou moins prononcés; — si cette étoile ou cette pelote se prolonge sur une partie du chanfrein, elle devient une liste; si elle coupe entièrement le chanfrein en deux, belle-face; si elle se propage sur le nez et les lèvres, le cheval boit dans son blanc, légèrement ou entièrement, suivant le cas.

lérisent les diverses variétés proviennent de l'influence isolée du climat de chaque pays.

D'autres, au contraire, lui assignent comme berceau l'Asie, d'où il serait parti pour se répandre sur la surface de la terre, soit par des migrations spontanées, soit à la suite d'importations provenant du fait de l'homme.

Ces probabilités sont en faveur de cette dernière opinion, car partout on voit le cheval arriver à la suite de l'homme : il était notamment inconnu en Amérique avant l'invasion des Espagnols.

Quoi qu'il en soit, la domestication du cheval remonte à la plus haute antiquité. Il en est question aux premières périodes écrites de l'humanité. Sa conformation, son caractère, sa docilité, son aptitude à parcourir rapidement de longues distances, à porter et à traîner des lourds fardeaux, ont dû, dès les premiers âges, donner à l'homme l'idée de l'adapter à ses besoins.

Il est donc impossible de remonter à l'origine du cheval, comme, au reste, à celle de toutes les autres choses de ce monde, à commencer par l'homme.

On ne peut davantage déterminer les causes de la supériorité des chevaux d'un pays sur ceux d'un autre. L'expérience a démontré cependant, qu'indépendamment des qualités inhérentes aux individus, certains caractères généraux sont communs aux animaux d'une même contrée, c'est ce que, dans le langage usuel, l'on est convenu d'appeler — bien improprement d'ailleurs — races ou espèces, alors que ce ne sont que des variétés.

En «zoologie, le mot race désigne des familles distinctes qui se conservent pures ; espèce, des subdivisions d'un même genre, et variété, les difïérences existant entre individus de la même espèce.

Ainsi, le cheval et le rhiaocéros sont deux races ou familles de l'ordre des Pachydermes ; — • le cheval et l'âne, deux espèces du genre des Solipèdes; — le cheval anglais et le cheval percheron ou russe, par exemple, deux variétés de l'espèce cheval.

C'est donc donner au mot « race » un sens détourné que de dire la race anglaise et la race percheronne ou russe, comme c'est également l'employer tout à fait à tort que d'écrire la race Dollar ou la race Saint-Simon, pour parler des aptitudes particulières aux descendants respectifs de ces deux étalons, ces difïérences entre individus de la même variété ne constituant tout au plus que des sous-variétés.

Race implique avant tout l'idée d'un sang pur, sans mélanges, et cette dénomination ne peut s'appliquer, dans V espèce cheval, qu'au seul cheval arabe et à son descendant, le pur sang anglais.

Ceux-là seuls sont des chevaux de race; tous les autres, quels qu'ils soient , ne sont que des métis.

Les courses de chevaux remontent, elles aussi, à la plus haute antiquité.

Les premiers, les Thessaliens domestiquèrent les chevaux, d'où la légende des Centaures.

L'Élide était également renommée pour ses chevaux, et Elien nous parle, dans ses Histoires variées, de courses qui avaient lieu en ce pays, bien antérieurement à la création des Jeux Olympiques. Les engagements se faisaient assez longtemps à l'avance, et les propriétaires étaient tenus d'envoyer leurs chevaux au moins trente jours avant l'époque fixée pour les courses, afin qu'ils y fussent entraînés et essayés publiquement.

Mais les documents manquent sur ces époques lointaines, et la première trace certaine que l'on ait de courses de chevaux régulières ne remonte pas au delà des Jeux Olympiques.

Ces jeux ont tenu une trop grande place dans l'Antiquité, pour que nous n'en disions pas ici quelques mots.

Les Jeux Olympiques étaient la plus importante des fêtes nationales de la Grèce. Ils se célébraient en Élide, dans une petite plaine située à l'ouest d'Elis, et bornée au nord et au nord-ouest par les mots Cronius et Olympe, au sud par le fleuve Alphée, et à l'ouest par le Cladéus, affluent de l'Alphée. Le nom d'Olympie ne désignait pas une ville, mais plutôt une réunion de temples et de monuments publics, érigés successivement à l'occasion des jeux.

L'origine de ces jeux est très obscure. D'après Plutarque, Diodore de Sicile et Pausanias, ils auraient été institués par Hercule et célébrés, pour la première foi? , en 2735 avant Jésus-Christ ; d'après Strabon, leur établissement date du retour des Héraclides dans le Péloponèse; d'autres les attribuent à Atrée, etc. Quoi qu'il en soit de ces diverses traditions, leur création ne s'en perd pas moins dans la nuit des temps.

Leur célébration ayant été interrompue par les troubles qui marquèrent l'invasion dorienne, ils furent remis en honneur, conformément à un oracle de Delphes, par Ipithus, roi d' Élide, avec le concours de Lycurgue, le législateur de Sparte, et de Cléosthènes, de Pise. Cette restauration eut lieu, suivant les uns, en l'an 884, et suivant les autres, en l'an 828 avant Jésus-Christ.

C'est à ce même Ipithus que les gens attribuaient l'établissement de la trêve sacrée, en vertu de laquelle toute hostilité entre nations helléniques devait être suspendue pendant le mois où avait lieu la célébration des jeux. Cette trêve était proclamée par des hérauts de paix que les Éléens envoyaient dans toute la Grèce. Le territoire de r Élide, en particulier, était regardé comme inviolable pendant la trêve, et y porter atteinte était un sacrilège.

Depuis cette époque ils furent célébrés sans interruption jusqu'à l'an 394 de notre ère, où l'empereur Théodose les interdit.

Ces Jeux Olympiques étaient quinquennaux, c'est-à-dire que, suivant la manière de compter des Anciens, il s'écoulait quatre années pleines entre chaque célébration de cette solennité. Cet espace de quatre années constituait une Olympiade.

Ces jeux avaient lieu à la pleine lune qui suit le solstice d'été, la fête était consacrée.à Jupiter Olympien, dont le temple- passait pour une des merveilles architecturales de la Grèce. C'était dans le temple d'Olympie que se trouvait la fameuse statue de Jupiter par Phidias. Au reste, la plupart des dieux avaient des temples et des autels à Olympie.

A l'origine, les populations seules du Péloponèse prirent part à ces jeux, mais, à mesure que leur renommée s'étendit, les habitants des autres parties de la Grèce s'y rendirent également, de manière qu'ils devinrent peu à peu la grande fête nationale des peuples helléniques. Nul ne pouvait y figurer comme acteur s'il n'était de pure race grecque. Les étrangers ne pouvaient y paraître que comme spectateurs, et les esclaves en étaient absolument exclus. Parmi les citoyens grecs eux-mêmes, ceux qui avaient encouru, dans leur propre pays, la peine de rathymie,ou qui avaient commis quelque infraction aux lois divines, n'étaient pas admis à disputer les prix. L'exclusion pouvait même frapper une cité tout entière. C'est ainsi que les Lacédémoniens, pendant la 90^ olympiade, furent exclus des jeux parce qu'ils n'avaient pas payé l'amende à laquelle on les avait condamnés pour avoir violé le territoire éléen.

Lorsque la race hellénique eut envoyé des colonies en Asie, en Afrique et dans plusieurs parties de l'Europe, les athlètes de ces divers pays furent admis à figurer aux jeux comme acteurs. Enfin, après l'asservissement de la Grèce par les Romains, ceux-ci purent aussi disputer ces prix, et l'on vit deux empereurs, Tibère et Néron, remporter la victoire.

A l'exception de la prêtresse de Cérès, il était interdit aux femmes, sous peine de mort, d'assister aux jeux, et même de traverser l'Alphée pendant tout le temps que durait leur célébration. Les historiens ne citent qu'un seul cas où cette défense fut enfreinte, et la coupable, ayant été reconnue, ne fut pardonnée que parce que son père, ses frères et son fils avaient été proclamés vainqueurs. Néanmoins il était permis aux femmes d'envoyer des chars pour la course, et la première dont les chevaux remportèrent le prix fut Cynisca, sœur d'Agésilas. Enfin on renonça peu à peu à la sévérité des premiers temps et les deux sexes indistinctement purent jouir de ce spectacle.

Dans les Jeux Olympiques, on distinguait les jeux proprement dits et les cérémonies, lesquelles se composaient de processions, de sacrifices aux dieux et de banquets en l'honneur des vainqueurs.

Ces jeux consistaient en exercices de force et d'adresse, dont le nombre alla toujours en augmentant et dont le détail sortirait du cadre de cet ouvrage, et en courses de chars et de chevaux.

On fit d'abord usage de chars à deux chevaux {25^ olympiade), puis de chars à quatre chevaux (33^ olympiade).

Ces courses de chevaux étaient de trois sortes :

P La course des chevaux de selle, la plus ancienne de toutes, fut

renouvelée à la 28^ olympiade et continuée depuis sans interruption, jusqu'à l'abrogation des jeux;

2° La course des poulains montés en selle, exclusivement réservée aux jeunes gens, ne fut instituée qu'à la 128^ olympiade;

30 La calpé, qui se courait avec deux juments à poil, dont le cavalier montait l'une et tenait l'autre en main; pendant la course, il devait sauter de l'une sur l'autre.

Les chevaux grecs n'étaient pas ferrés, bien qu'il soit question de fers à cheval dans le second chant de V Iliade.

Les hippodromes, tous du même modèle, avaient quatre stades de long (environ cinq cents pas). La piste était de forme elliptique. Il fallait en faire de cinq à douze fois le tour; les écrivains ne sont pas d'accord sur ce chiffre, ce qui tendrait à prouver qu'il a varié suivant les époques. Une borne était plantée dans un endroit si resserré de la piste, si périlleux, que même les plus adroits risquaient de tomber et de se blesser grièvement, sinon même de se tuer.

La direction et la présidence des Jeux Olympiques appartenaient d'abord aux habitants de Pise, puis elles passèrent à ceux d'Élis, qui les conservèrent toujours par la suite. Ceux-ci les confiaient à des magistrats spéciaux appelés hellanodices , qui étaient désignés par la voie du sort et dont les fonctions n'avaient d'autre durée que celle de la fête. Ils étaient au nombre de dix et portaient une robe de pourpre. Outre l'organisation et la police de la solennité, ils étaient chargés de décerner les prix et de les remettre aux vainqueurs.

Le seul prix donné à ces derniers constituait en une couronne d'olivier , àlaquelle on joignait une branche de palmier, comme symbole de la victoire. Les vainqueurs étaient reconduits triomphalement dans leur patrie, on leur érigeait des statues et leurs succès constituaient un titre de gloire non seulement pour leurs familles mais encore pour leurs villes natales, qui leur accordaient souvent des privilèges civiques importants.

Ces luttes, qui excitaient au plus haut degré l'émulation, n'étaient pas gâtées, chez les Grecs — comme elles le furent plus tard chez les Romains — par la question pécuniaire. Il ne s'agissait pas chez eux du gain d'une somme d'argent plus ou moins considérable; l'honneur seul était en jeu, et la célébrité était la récompense de la victoire.

On comprend, dans ces conditions, que les princes et les personnages les plus illustres n'aient pas dédaigné de briguer ces lauriers hippiques, et l'on peut citer, parmi ceux qui triomphèrent dans la plaine d'Olympie : — Phidolas, de Corinthe, dont la jument Aura fut célèbre ; — Pisistrate, tyran d'Athènes, qui s'immortalisa en faisant recueillir les rapsodies homériques; — Miltiade, le vainqueur de la bataille de Marathon; — Hiéron, tyran de Syracuse, avec son cheval Priscinus, chanté par Pindare; — Gimon, d'Athènes, qui, pendant son exil, remporta trois fois la course des chars à quatre chevaux, avec le même attelage ; rentré dans sa patrie , il y fut assassiné par ses ennemis ; mais, en considération de ses succès hippiques, il fut enterré auprès du

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Prytanée et ses chevaux en face de lui, de l'autre côté de la route, en souvenir de leurs hauts faits; — Philippe de Macédoine, dont les chevaux gagnèrent, le jour même qu'Alexandre le Grand vint au monde, sans qu'on sût ce qui réjouit davantage le roi, de la victoire de son cheval Céphalus ou de la naissance de son fils ; — et l'on cite encore EvagoraSjde Lacédémone,et Callias,et Miltiade, et Clisthène, de Sicyone, et maints autres dont les poètes ont célébré les exploits sportifs.

Ces courses n'eurent aucun but pratique d'élevage. Les chevaux qui les disputaient venaient d'un peu partout, aussi bien des variétés indigènes issues des premiers chevaux importés d'Asie, que de ceux que l'on importait du Caucase, de Perse, d'Egypte et d'Arabie.

Cette dernière contrée était depuis longtemps renommée pour la qualité de ses chevaux. Salomon (1082- 975 avant Jésus-Christ) avait été un grand éleveur, et la race des Kocklani — dont fut Darley Arabian, — la plus célèbre de toute l'Arabie pour la pureté de son sang et la beauté de ses lignes, descend des haras réputés qu'il •avait crées à Jérusalem (1).

La race persane, si proche de la race arabe, était également fort prisée. C'était du Caucase que provenaient les fameux chevaux blancs, mais à peau noire, que Cyrus le Grand importa quand il eut fait la conquête de la Babylonie , où il nourrissait 800 étalons et 1 6 .000 cavales . On sait que, jusqu'à son règne, les Perses ignoraient l'art de monter à cheval, sans doute parce que, habitant un pays montagneux et sans plaines, ils n'y pouvaient élever de chevaux (2).

Longtemps les Romains ne virent dans le cheval qu'une bête de

(1) Salomon entretenait 40.000 chevaux pour ses 1.400 chariots de guerre et 20.000 pour sa cavalerie. Ses étalons provenaient d'Egypte et de Coa; ils lui revenaient, en moyenne, à 150 sicles d'argent (environ 7.720 francs de notre monnaie), quelques-uns même atteignaient quatre fois ce prix, soit 31 .000 francs.

« Ce n'est pas sans peine que les Arabes sont parvenus à produire, à conserver leurs admirables chevaux. Leur race noble, qu'ils nomment Kochlani, Kohédjle ou Kailhan, est pour eux l'objet de soins dont nous avons peine à nous faire une idée. Chaque cheval a sa généalogie, mieux tenue et plus authentique, peut-être, que celle de nos plus fiers barons. Les Arabes donnent deux mille ans d'existence à la race Kochlani, et prétendent qu'elle a pris naissance dans les haras de Salomon. S'il y a un peu de l'hyperbole orientale dans ces prétentions, toujours est-il que, parmi ces familles aristocratiques de l'espèce chevaline, il en est dont les titres bien en règle remontent à plus de quatre cents ans. Les juments de cette race ne sont couvertes que par un étalon de même sang, et en présence d'un témoin qui reste près d'elles pendant vingt jours, pour s'assurer qu'aucun étalon vulgaire ne s'en approche. A la naissance du poulain, ce même témoin est appelé et doit signer l'acte de naissance, qui est expédié juridiquement dans les sept jours qui suivent la mise-bas. »

(A. QUATRBFAGES d'Orbigny, Dictionnaire universel d'histoire naturelle.)

(2) Mais lorsqu'ils eurent conquis un pays propre à les nourrir, ils apprirent vite à s'en servir, car Cyrus avait dit « qu'il serait honteux à ceux à qui il avait donné des chevaux d'aller à pied, quand même ils n'auraient que peu de chemin à faire, i

somme. Aussi ne comptait-on, au début, que trois cents chevaliers (équités) dans l'armée romaine. Mais, comme les sénateurs avaient alors seuls le droit de combattre à cheval, ce privilège fit du nom de chevalier le premier titre d'honneur.

Ils ne croyaient pas pour cela à l'efficacité de la cavalerie dans les combats, et il ne fallut rien moins, pour leur ouvrir les yeux, que les terribles leçons que leur infligèrent Pyrrhus, à Héraclée et à Asculum, puis Xanthippe et les troupes carthaginoises, en Afrique.

Rendus à l'évidence, ils portèrent leurs soins de ce côté, et, lorsque César, après ses campagnes, fut convaincu de la supériorité des cavaliers gaulois et numides, il augmenta dans les plus larges proportions les troupes à cheval, et ce fut de leurs pays, ainsi que de l'Hémus et du Caucase, qu'il tira ses meilleures montures.

Il avait également importé de Grande-Bretagne des chevaux qui l'avaient frappé, comme il le dit dans ses Commentaires, par leur vigueur et la facilité avec laquelle ils traînaient les lourds chariots des ennemis. Ils jouirent pendant longtemps d'une très grande vogue.

On appréciait aussi, pour les besoins usuels, un petit bidet d'allures fort douces, qui provenait des Asturies.

Les riches Romains avaient leurs haras et leurs poulinières, avec des étalons de choix (admissarius), et ils entretenaient des chevaux de courses, appelés celés. Ceux-ci étaient marqués au fer rouge de caractères représentant, probablement les initiales des noms de leurs propriétaires; dans un bronze antique, l'un deux porte sur le flanc gauche les initiales GHRE.

Quel entraînement subissaient les chevaux en vue des courses, nous l'ignorons; quant aux soins qui pouvaient leur être donnés, ils étaient bien rudimentaires, si l'on s'en rapporte à ce qu'était l'art vétérinaire à cette époque (1).

(1) L'art vétérinaire ou hippiatrique (hippos, cheval; iatrihe, médecine),, ne date vraiment que de la seconde moitié du xviip siècle.

Nombreux cependant sont les écrivains de l'Antiquité qui ont traité de la matière. Sans parler du légendaire Esculape, qui en promulgua, dit-on, les premiers principes, on peut citer Hippocrate, Xénophon, Aristote, dans son Histoire des animaux, Varron et Columelle, dans leurs Traités sur l'agriculture, Celse, Valère Maxime, Pline l'Ancien, dans son Histoire naturelle, Galien, etc.

Mais le premier traité spécial sur la matière semble être l'ouvrage composé en latin, vers la fm du ii« siècle, par Végèce : Vegetii artis veterinarise, sive mulo medicinse, libri quatuor, dans lequel l'auteur se plaint déjà que la science hippiatrique — qu'il place en second après la médecine — soit à peu près abandonnée, après avoir été cultivée jadis.

Après lui, elle tombe davantage encore et passe aux mains des ignorants qui, voyant un moyen facile de gagner de l'argent sans étude, se contentèrent de suivre ce que l'empirisme et la superstition leur apportèrent, ce qui n'en empêcha pas un grand nombre de formuler leurs prétendues connaissances par écrit.

Au x" siècle seulement, l'empereur Constantin Porphyrogénète fit rechercher tous les ouvrages grecs qui traitaient de la question et en fit publier les fragments qui paraissaient le plus intéressants. C'est tout ce qui nous reste de ces innombrables ouvrages, dont il .serait sans intérêt de nommer les auteurs.

Près de six cents ans se passèrent encore. En 1528, on fit imprimer les quatre

Les courses de chevaux faisaient partie des jeux du Cirque, lesquels, s'il faut en croire la légende, furent institués par Romulus, lorsqu'il voulut attirer à Rome les Sabines, afin de procurer des épouses à ses compagnons.

Le cirque le plus ancien, Circus M axmiusjui construit sous Tarquin l'Ancien (615-578 avant Jésus-Christ), entre l'Aventin et le Palatin. Successivement agrandi par Jules César et Trajan,il était de dimensions colossales : il mesurait 670 mètres de longueur sur 170, et ne contenait pas moins de 385.000 spectateurs.

Les cirques romains étaient afïectés à six sortes de jeux ou de spectacles :

1» Les jeux troyens {ludi Trojœ), inventés, dit-on, par Enée. Entre autres exercices, ils comportaient des combats simulés, exclusivement exécutés par les jeunes gens des meilleures familles, qui combattaient à cheval. Virgile les a décrits dans le V^ chant de V Enéide;

2» Les combats de cavalerie et d'infanterie {pugna equestris et pedestris), représentation fidèle d'une vraie bataille;

30 Les luttes gymnastiques {certamen gymnicwn), athlétisme, pugilat, etc.;

4<> La chasse {çenatio); ce nom s'appliquait à toutes les exhibitions d'animaux sauvages, que l'on faisait combattre, soit entre eux, soit contre des hommes;

50 La naumachie [naumachia), combats navalset joutes sur l'eau;

6<* Les courses équestres [certamina equestria).

Celles-ci étaient de quatre sortes :

1» La calpé, comme elle se pratiquait aux Jeux Olympiques; — 20 la cavalcade, qui se faisait autour d'un bûcher; — S^la course en l'honneurde Neptune; — 4° la course des chars.

Comme chez les Grecs, on ne fit d'abord usage que des chars à deux chevaux [hrigœ) et les cochers {aurigœ) étaient partagés en deux compagnies ou factions, qui se distinguaient par la couleur de leur costume : la faction rouge [russata] représentait l'été, et la blanche [alha ou albata), l'hiver.

On eut ensuite des chars à quatre chevaux [quadrigse) et l'on ajouta deux factions nouvelles : la verte (prasina) symbolisait le printemps, et la bleue {veneta), l'automne. Domitien porta le nombre des factions à six, avec la faction dorée [aurata] et la pourprée {pur purata), mais cette innovation ne fut que passagère.

livres de Végèce, en même temps que François I" chargeait le médecin Ruel d:e traduire du grec en latin le recueil de l'empereur byzantin. Ces divers ouvrages parurent en français en 1563.

L'émulation s'en mêla, les principaux États de l'Europe se préoccupèrent de la question, et l'art vétérinaire — jusque-là dans l'enfance — commença à reposer sur de véritables données scientifiques.

Mais ce fut surtout l'établissement des courses, en Angleterre, qui lui donna tout son développement par les soins nouveaux et minutieux dont on dut entourer les chevaux.

Quatre chars fournissaient ordinairement une course ensemble.

Alors que le nombre des tours de piste était variable chez les Grecs, à Rome — où la piste [curriculum] était, il est vrai, plus grande — ce nombre était de sept. Aux deux extrémités, dans la partie tournante, étaient plantés des pylônes de pierre, qui rendaient ces virages extrêmement dangereux.

Celui qui achevait le premier le septième tour remportait la victoire et recevait le prix, qui ne consistait pas, comme aux Jeux Olympiques, en une couronne ; on lui en offrait bien une, mais accompagnée de sommes considérables, de vêtements somptueux et même de chevaux.

Des honneurs incroyables étaient rendus aux chevaux vainqueurs : on leur érigeait des monuments, on gravait leurs portraits sur des pierres précieuses, on inscrivait sur de grandes tables de marbre leur nom, leur pays, leur couleur (albus, blanc; badius, bai; fulvus, fauve ou alezan; niger, noir"; maurus, more; rufus, roux; pullus, noirâtre; cinereus, gris-cendré, etc.).

Les Romains avaient des jockeys (cursores) et des entraîneurs {agitatores), que l'on récompensait magnifiquement, comme nous l'avons dit, lorsqu'ils remportaient la victoire. Caligula donna deux mille sesterces (près de 400.000 francs de notre monnaie) au fameux Eutychus, la grande cravache de l'époque. La veille des jeux du Cirque, ce même empereur faisait ordonner le silence le plus absolu dans le voisinage du palais pour ne pas troubler le repos de son cheval Incitatus. Toute infraction était punie de mort (1).

Les jockeys furent en premier lieu des esclaves. Avec la barbarie des mœurs antiques, il ne faisait pas bon perdre la course pour ces pauvres diables, et ils devaient y regarder à deux fois avant de tirer un cheval. Puis les plus grands personnages tinrent à honneur de remplir leurs fonctions, jusqu'au jour où plusieurs accidents graves, dont ils furent victimes, amenèrent la suppression des courses, sous Auguste (2). Mais Néron ayant remporté un prix de faveur aux Jeux Olympiques, abrogea cette sentence et, aux courses de chars, il ajouta celles de chevaux en liberté, dont nous parlons plus loin.

(1) Ce fou sanguinaire avait, comme on le sait, donné à son cheval le caractère sacerdotal d'abord, puis pontifical. Il le fit même consul, dit Suétone. Il avait un palais de marbre pour écurie; l'auge était d'ivoire, les couvertures, de pourpre, comme le manteau des empereurs; son mobilier était somptueux, ses serviteurs innombrables, ses colliers de perles les plus fines et ses caparaçons d'une valeur fantastique. Incitatus dînait souvent à la table de son maître qui lui servait de l'orge dorée et lui présentait du vin dans une coupe d'or où il avait bu le premier. A sa mort, Caligula lui fit élever des autels, — comme aux dieux !...

(2) Mummius Asprenuî s'étant blessé d'une chute de cheval au Cirque, Auguste lui fit don d'un collier d'or et lui permit d'ajouter à son nom celui de Torquatus. Quelque temps après, Eserninus se brisa les reins en tombant dans une course; son oncle Asinius Pollio s'en plaignit au Sénat. Celui-ci transmit la plainte à l'empereur, qui prononça la suppression de ces courses trop dangereuses.

Les Romains avaient aussi leur Société d'Encouragement, dont le Président [editor spectaculorum) organisait les courses et avait sa tribune, au Cirque, en face de celle de l'empereur. Ils avaient également un starter {desigtiator), chargé de donner les départs : au début, il les donnait en agitant une torche enflammée; plus tard, en jetant en l'air un étoffe blanche {mappa).

Un jour, Néron mangeait à la Maison Dorée, qui avait vue sur le Circus Maximus. Tout un peuple criait et s'impatientait que César mît si longtemps à dîner, parce que le designator l'attendait pour donner le départ. L'empereur était par hasard de bonne humeur; au lieu de se fâcher, il prit sa serviette et la jeta dans le Cirque en disant : « Le voilà, le signal! »

C'était le Président qui proclamait le vainqueur. En guise de poteaux indicateurs, des coureurs parcouraient le cirque en criant à tue-tête le nom proclamé.

Ce fut sous Néron qu'on institua des courses de chevaux sans cavaliers. Afin de les exciter, on leur attachait sur les flancs des boules en bois volantes garnies de pointes d'acier. Pour le départ, on les faisait ranger devant une corde blanchie à la chaux — véritable starting-gate — et fixée en travers de la piste à deux petits poteaux de marbre, ordinairement surmontés d'une tête de Mercure. Dès que les chevaux étaient de front, le starter donnait le signal et la corde tombait. Après chaque épreuve, les chevaux étaient soigneusement enveloppés de riches couvertures (1).

Le plus grand luxe était toujours apporté à la ferrure des chevaux, qui était d'or ou d'argent.

Les courses de chars donnaient lieu, dans toutes les classes de la société, aux paris les plus extravagants. Elles se poursuivirent, à Rome, toujours aussi achalandées, jusqu'à la mort de Théodose, en 395, 'où elles disparurent dans le tourbillon barbare qui emporta l'Empire romain.

Mais Byzance hérita de la Rome impériale cette passion désordonnée pour ce genre de sport. De véritables programmes manuscrits, avec la liste des chevaux, leurs noms, leurs couleurs, circulaient dans le peuple, qui se battait pour les avoir, et des enjeux considérables étaient engagés pour ou contre chaque faction. On sait à quels troubles sanglants, plus meurtriers souvent qu'une véritable bataille, €es luttes hippiques donnèrent lieu. Au vi^ siècle, sous Justinien I^"^, l'époux de la fameuse Théodora,iln'y eut pas moins de quarante mille personnes tuées dans les rixes entre partisans des Bleus et des Verts.

Ce fut la mort des courses.

(1) Ce genre de courses s'est perpétué, à Rome et à Florence, en temps de carnaval, jusqu'à nos jours, et il y en eut même, à Paris, en 183U

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