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Nous savons également que certains cancers, Comme ceux de la langue, se trouvent mieux de petites intensités longtemps continuées, et que d’autres, comme le cancer utérin, demandent de grosses intensités, débitées en un temps relativement court. Delbet a insisté sur cette différence de réaction des épithéliomas spino-cellulaires (langue), et baso-cellulaires (utérus) (#).
- FINzI (2), rapporte des expériences faites au Middlesex- Hospital, en introduisant un tube de radrum dans lanus d’un rat, de telle facon qu'il touche à la fois l’épithéhum stratifié, et l’épithélium eylindrique. Une petite quantité de radium, et une longue durée d'irradiation, agissent mieux pour la destruction de l’épithélium stratifié. Une grosse quantité et une faible durée pour l’épithélium cylimdrique.
Mais Finzi fait justement remarquer que de ces expériences faites sur des cellules saines, on ne saurait tirer
de conclusions pour le traitement des tumeurs.
Actuellement, on peut conclure de nos connaissances, que :
La durée d'application doit être proportionnée à ta quantité de tissu néoplastique à irradier, et la dose proportionnée à la pénétration que l'on veut obtenir.
C'est dire, qu'avec une même dose, la -durée d’appli-
(1) LaNNors et SARGNON, Rapport à la Société Française d’oto- |
rhino-laryngologie, 10 mai 1920.
(2) Finzi, Journal de radiologie et d'électrologie, 1920, n° 11. -
cation sera d'autant plus longue que le néoplasme sera plus volumineux, et c’est ainsi que l’on sera conduit à faire la double application à huit jours d'intervalle, ce que M. Condamin appelle « frapper deux coups de suite » de façon à atteindre en deux fois ce que l’on ne peut obtenir en une seule séance.
La dose, au contraire, pour une même durée d’irradiation, devra être d'autant plus considérable, que le néoplasme est plus infiltré, avec des prolongements plus avancés dans les paramétria ; cela découle de la loi du carré des distances.
En pratique, d’après l'expérience de M. Condamin, la dose minimale thérapeutique, pour le cancer utérin, doit être de 100 à 125 nulligrammes de bromure de radium, appliqués pendant 48 heures, ce qui correspond à environ 24 millicuries détruits. HN n’a pas semblé à M. Condamin, que les dosés de 250 milligrammes, de bromure de radium, appliquées 48 heures, dans des cas extrêmement avancés, et très étendus, aient une activité thérapeutique bien plus grande que la dose précédente ; mais par contre, il semble que le choc d'application soit plus fort. Aussi, plutôt que de manier des doses aussi élevées, difficiles à se procurer, M. Condamin préfère, dans les cas qui sembleraient justifier ces doses, s’en tenir à 125 mmgr., Mais appliquées à plusieurs reprises:
Depuis plusieurs années, on s’est préoccupé de chercher, si, par des moyens adjuvants, on ne pourrait pas augmenter l'efficacité des irradiations par le radium.
Plusieurs procétlés ont été. préconisés :
Les métaux colloidaux : euivre, sélénium, magnésium,
ont été employés en injections, préalablement à l'application
radifère. Des recherches sont actuellement poursuivies à ce sujet, dans le service de radiumthérapie de la Charité.
L'action de ces métaux colloides, serait double. Tout d’abord, se fixant sur la cellule néoplasique, par suite d’une affinité spécifique, ils mettent par cette surcharge toxique la cellule néoplasique en état de moindre r'ésistance, favorisant l’action des ferments défensifs émis par l'organisme (1).
Ensuite, sous l'influence des rayons +, ces particules
métalliques fixées dans les cellules, émettraient des rayons
secondaires, très analogues aux rayons 4 ; rayons qui ajouteraient leur action destructive, à l’action élective des rayons +. (Pour certains auteur les + n’agiraient même que par leurs rayons secondaires, émis au contact des cellules (2). )
RECASENS (3) a observé, après des injections intraveineuses de métaux colloïdaux, des modifications des cellules néoplasiques, analogues à celles observées après les irradiations par le radium ; mais le nombre des éléments cellulaires ainsi modifiés, est très petit. Il n'a jamais obtenu de guérison par cette méthode seule ; IAIS avec
ce traitement préparatoire, la disparition d’un cancer; est
plus rapide, après la curiethérapie.
M. Condamin n’a pas encore d'opinion arrêtée sur l’efficacité des colloïdes.
(1) GIDON, annales du laboratoire Clin., octobre 1919. (2) Voir SEURRERT, loc. cit. = (3). RECASENS, Presse Médicale, 11 sept. 1920.
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On à ég alement essayé les injections de choline. Gette thérapeutique est basée sur l'hypothèse, que la choline qui se forme dans l’organisme par dédoublement de la lécithine, sous l’infltence des radiations, Jouerait un rôle dans la destruction du cancer.
SEUFFERT (1) fait justement remarquer, que si la choline jouait le rôle primordial dans le mécanisme de la mort de la cellule cancéreuse, il n’y aurait vraiment plus de raisons d’employer la curiethérapie, méthode fort dispendieuse.
JABOULAY avait préconisé la quinine dans le traitement du cancer. Il sera bon d'employer cet alcaloïde après l’application du radium. La quinine pourra aussi être em- ‘ployée localement, sous forme de tampons imprégnés de glycérine saturée de quinine.
L'ursenic préconisé surtout par FOCHIER ie les cancers, après opération sera employée concurremment avec la quinine. ot
En donnant de 0,30 à 0,60 ctg. de quinine, et VIII à X gouttes de liqueur de Fowler, si on n’agit par sur l'élément. néoplasique lui-même, du moins a-t-on l’avantage se tonifier la malade, et de Soutenir sont état général.
Les sels de magnésie ont également été préconisés.
Enfin, ©RECASENS (2) a essayé la diathermisalion, 1 chaleur locale donnant une plus grande activité nutritive aux tissus, servirait de moyen sensibilisant. Cet auteur
(1) SEURFERT, loc. cit.
(2) RECASENS, loc. cit.
n'en n'a pas retiré de bons résultats. THEILHABER (1) au contraire, s’en montrerait très satisfait.
Actuellement, l'expérience de ces quatre dernières années, démontre qu'au point de vue de la technique, il faut une précision aussi grande que celle que lon demandait autrefois au chirurgien dans l’opération de l’hystérectomie. Il s’agit d'appliquer la substance radio-active, non pas suivant un rite banal, et toujours le même, mais suivant des modalités qui changent avec chaque cas, et qui auront toutes pour objectif, de poursuivre la néoplasie et les essaimages qui auraient pu se produire, avec une dose suffisamment pénétrante pour dépasser les limites de l’envahissement néoplasique.
(1) THEILHABER, cité par RECASENS.
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TECHNIQUE PROPREMFENT DITE
Nous avons vu dans la première partie de notre étude, que certains auteurs emploient uniquement l’émanation du radium ; et utilisant sa précieuse propriété, de pouvoir être répartie en de nombreux tubes, ont tendance à multiplier les foyers d'irradiation.
Nous ne diseuterons pas le bien-fondé: de ces méthodes. Mais, étant donnée F’impossibilité d'utiliser l’émanation, en dehors de certains grands centres, outillés spécialement pour Sa production, notre thérapeutique ne pourra s'exercer qu'avec les tubes de radium dont nous dispo- SONS.
Cependant, si pour le plus grand nombre des radiumthérapeutes, l'emploi des tubes à sels de radium est une nécessité, il ne faudrait pas la considérer comme une méthode de pis-aller ; et les bons résultats ainsi obtenus, sont actuellement comparables à ceux donnés par l’emploi de n'importe quelle autre méthode, ainsi qu'en font foi les nombreuses observations de M. Condamin.
Les tubes employés par M. Condamin, sont des tubes de Dominici, à paroi de platine de 0 mm. 5 d'épaisseur. Deux tubes sont généralement employés, renfermant au