INTRODUCTION
La Curiethérapie a pris ces dernières années une importance considérable, dans le traitement du cancer. En particulier, les résultats remarquables obtenus par cette thérapeutique dans le traitement des cancers utérins, tendent à réduire de plus en plus les mdications du traitement chirurgical, sinon dans tous les cas, comme le préconise Bumm, du moins dans tous ceux qui ne sont plus à leur phase de tout premier début.
Mais, de même que la chirurgie a vu ses statistiques s'améliorer, et Son domaine s’élargir à mesure que sa technique devenait mieux étudiée, et plus précise : le même la curiethérapie ne verra ses indications s’affirmer, et ses résultats devenir de plus en plus favorables, qu’au prix d’une technique Soigneusement réglée.
Et cependant, si l’on parcourt les mémoires concernant la thérapeutique par le radium, on est frappé souvent, par l'absence à peu près complète de renseignements sur fa technique à proprement parler. On discute bien les questions de dose, de durée d’application ; on parle bien dans certains cas, de la nécessité d'augmenter le filtrage, mais tout cela en termes vagues, et qui ne laissent pas que d’embarrasser celui qui veut faire une application.
Et si, surtout ces dernières années, les auteurs insitent
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davantage sur leur technique :; alors, que de différences ans leurs méthodes, sur toutes ces questions de dose, ‘le filtrage, de durée et de nombre d'applications, de nombre et d'emplacement des foyers d'irradiation, sans parler du choix de la Substance radio-active.
M. le Professeur Condamin, a, depuis 1914, traité à la Charité, en collaboration avec M. le Professeur-agrégé Nogier, un nombre considérable de cancers utérins. C’est sur ses Conseils que nous avons entrepris ce travail, c’est $a technique, très simple, que nous décrirons ici.
Mais, et c’est ce qui justifie le titre de notre thèse, dans un premier chapitre, nous passerons en revue (autant que possible dans leur ordre de publication), les différentes techniques employées par les auteurs, dans le traitement des Cancers utérins. Cette énumération, n’a pas la pré-
tention d’être complète : elle nous montrera cependant
les diverses étapes parcourues par'la technique euriethél'apique. |
Passant alors, à la technique. employée par M. Condamin, nous décrirons dans notre second chapitre, les conditions d’une bonne application ; enfiin, la technique à proprement parler, suivant les diverses formes du cancer utérin, fera l’objet de notre troisième chapitre.
À tp Ten fi
La découverte du radium en 1898 par Monsieur et Madame Curie fut un évènement considérable dans le monde savant, mais l’utilisation thérapeutique possible, de ce nouveau métal, ne fut envisagée que quelque temps après, à la suite de circonstances assez bizarres.
Becquerel, le savant physicien, dont la découverte üe la radioactivité en 1896, avait déterminé les recherches de Madame Curie, et amené la découverte du radium, avait en sa possession un-tube dù précieux métal : tube qu'il avait l'habitude de porter constamment dans le gousset de son gilet. Un jour, il s’aperçut qu'il présentait des symptômes d’inflammation, en un, point de Son côté gauche : il en fit remonter la cause au tube de radium, et confia le fait à M. Curie, qui, portant à son tour constamment sur lui une petite quantité de radium, se vit également atteint de « radiumdermite ».
Ces « escarres » firent grand bruit, et le radium parut agir comme un véritable caustique, dont on pourrait tirer parti en thérapeutique. ù
Un dermatologiste, Danlos (1), médecin de lhôpital
(1) Daxros, Annales de dermatologie, juillet 1902, page 723. = Voir aussi Hallopeau et Gadaud : Ann. de derm., 1902, p. 720.
Saint-Louis, expérimenta en 1902 ce-nouveau traitement, dans les lupus, et les épithéliomas cutanés. Il disposait pour ces essais, de plaques rectängulaires, sur lesquelles étaient collés des sels de radium, et recouvertes de vernis isolant. Ces plaques étaient d'activité faible, en raison des petites quantités de radium employé. D'abord, avec deux plaques d'activité 1.000 et 1.860 (1), il nota des résultats favorables, mais avec des récidives promptes. Puis il utilisa des plaques d'activité 2.500 et 19.000, avec des résultats plus satisfaisants, mais avec ces doses, il occasionna aussi quelques ulcères.
Ces plaques étaient laissées de vingt-quatre à trente-six heures, directement sur la peau ; parfois même beaucoup plus longtemps. Soixante-douze et même cent vingt heures.
Danlos pensait qu'avec la faible intensité dont il disposait, l’ulcération était presque nécessaire, mais qu'avee des intensités plus considérables, on pourrait arriver à modifier la vitalité du derme, sans détruire les couches superficielles.
. On croyait à cette époque, que les rayons émanes du radium étaient un mélange de rayons cathodiques et de rayons X, et OUDIN (1} dès 1902 proposait pour éviter les escarres, (le filtrer les rayons sur une mince plaque
(1) Au début, au lieu d'exprimer la puissance d’un appareil par son poids de radium, On comparait son activité à celle d'un même poids d'uranium métallique. Ces plaques étaient donc 1.000 et 1.800 fois plus radio-actives que si elles avaient été recouvertes d'uranium. Disons comme comparaison que le bromure de radium est 2.000.000 de fois plus actif que
‘ l'uranium.
(2) Voir Danlos, loc. cit.