LEUR
d'aluminium, qui arrêterait les rayons cathodiques ; mais il considérait lui-même ce moyen comme insuffisant pour supprimer toute ulcération.
Vers la même époque ABBE, à New-York (1) expérimentait l’action du radium sur des graines d’oignon et suivant leur plus ou moins d’éloignement de là source, radio-active, il constatait les effets Suivants : destruction, diminution, enfin stimulation de leur vitalité.
Ainsi était amorcée l'étude thérapeutique et l'étude biologique du radium ; cependant que son étude physiqu?, avait permis à RUTHERFORD de dissocier ses radiations, en trois groupes. x 6 et y, nature très différente.
En 1904, FOVEAU DE COURMELLES (2) fait des applications de radium dans plusieurs affections utérines, et note sa puissance analgésique, que DARIER, RAYMOND et ZIM- MERN essayent dans les douleurs fulgurantes du tabès, et SOUPAULT dans le rhumatisme articulaire aigu (3).
En 1905, ABBE (4) emploie le premier, dans le traitement du cancer du col utérin : et il eut deux suceès, dans deux cas traités : le premier avec soixante milligrammes de bromure de radium, après curettage, et le second avec vingt-cinq milligrammes pendant. vingt-quatre heures. Abbe utilisait seulement les rayons z, en éliminant les rayons 4 et y par filtrage sur plomb.
OubiN et VERCHÈRE (5) l’emploient en France vers la (1) ABse, archives d'électricité médicale, 25 juin 1914, p. 669. (2) Cité par NeEssiM HAFEZ dans sa thèse (voir Index).
(3) Cités par BARCAT, in Precis de radiumthérapie, -(4) ABBE, loc. cit.
5) Ounin et VERCHÈRE, cités par BARCAT, in Précis de radiumthérapie.
TÉADES
même époque, dans le traitement des fibrômes. Ils utlisaient un hystéromètre creux; en aluminium, renfermant à son extrémité utérine le sel de radium (onze milligrammes environ de radium-métal sans filtration méthodique).
En octobre 1906, à la suite de la fondation à Paris, du Laboratoire du Radium, l'étude du radium, au point de vue médical, fut reprise sur de nouvelles bases par DOMr- NICI, WIckHAM, DEGRAIS, assistés de MM. BEAUDOIN ingsnieur-chimiste, et JABOIN, docteur en pharmacie. -
A cette époque, WICKHAM et DEGRAIS, LACAPÈRE (1), dans leurs applications gynécologiques, se servaient d'une tige cylindrique recouverte de vernis radifère, et introduite dans le col utérin, en même femps qu'à la surface vaginale du col était appliquée une cupule recouverte également de vernis radifère. La tige se vissait au centre de cupule, et le tout était enveloppé d’une gaine de caouichouc absolument étanche, pour éviter lafiaiblhissement du rayonnement dans l’humidité. Ces auteurs obtinrent ainsi des ‘améliorations dans plusieurs cas de cancer utérin. |
Maïs DomiMGr, étudiant des coupes faites par BARCAT, de cancers utérins irradiés, constate dans la profondeur des tissus, une action des plus nettes, non destructive, mais purement évolutive. Il fut ainsi conduit à utiliser uniquement les rayons les plus pénétrants; supprimant par filtration tous les rayons qui : « incapables d'agir dans la profondeur d'une lésion donnée, empècheraient par leur action altérante sur la vitalité des tissus superficiels, sains, connexes, (le laisser agir suffisamment longtemps les
(1) Cités par BaRcaAT.
bn
rayons pénétrants, sur les tissus malades, profonds » (4).
Ainsi prit naissance, la méthode dite du « rayonnement ultra-pénétrant » (2).
Au début, cette méthode parut un peu paradoxale, et On Îui reprocha d'enlever au radium la partie caractéristique et essentielle de son rayonnement, car on croyault alors, que les rayons y élüicut analogues aux rayons X ; et ses détracteurs, expliquaient son inocuité, par la forte réduction de l'intensité après filtration, les rayons + représentant un centième environ du rayonnement global.
Cette méthode, publiée en 1907, fit faire un pas décisif à la radiumthérapie.
Domixier employait des sels de radium enfermés dans un tube hermétiquement clos, de métal dense (argent où platine) dont la paroi avait quatre dixièmes de millimètre
d'épaisseur ; paroi qui arrêtait les rayons z et les #
mous (3).
Expérimentant sa méthode dans les cancers du col utérin, -il avait constaté dans les services de Tuffier et de Pozzi, la diminution des métrorragies, la disparition de là
(1) BARCAT, loc. cit.
(2) Wizzrams, de Boston (Medical News, 6 février 1904) avait essayé avant Dominici d'employer les rayons + isolés, mais il n’obtint pas d'autre résultat qu'un peu d’ analgésie. Il avait employé des sources trop faibes, des durées d'applications trop brèves, et aussi des écrans trop épais, pour être sur de n'avoir que des rayons +. (Cité par WIcKHAM et DEGRAIS : le Radium).
(3) WickHaM, dès 1905, avait employé des filtres légers en plomb, de 1/10 à 3 ou 5/10 de millimètre d'épaisseur, pour le traitement des lésions de l'épaisseur du derme (Wickam et Degrais, le Radium).
Le Due
fétidité des pertes, la régression des masses exubérantes, enfin la mobilisation de l'utérus par résorption de l’inflammation périnéoplasique. Ces brillants résultats étaient obtenus environ une fois sur quatre. $
FABRE et BENDER (1), avec la même méthode, obtiennent des résultats concordants. d
DOMINICI préconise alors la radiumthérapie comme palliatif, et surtout pour rendre opérables certains cancers.
Tous ces résultats avaient été obtenus avec des doses de cinq à neuf centigrammes de bromure de radium.
Aussi, d'accord avec DOMINICI, CHÉRON et RUBENS- DUvAL (2) reprirent cette étude en 1909, en employant des doses beaucoup plus considérables, dix à trente-cinq centigrammes de sel pur’, sel renfermé dans des tubes d'argent de cinq dixièmes de millimètre d'épaisseur, chaque tube renfermant cinq centigrammes de sel.
Ces tubes étaient placés dans une gaine commune de cinq dixièmes de millimètre de plomb, autour de laquelle on enroulait de 20 à 30 épaisseurs de gaze.
Ce faisceau radifère, était muni d’un lien résistant sur lequel il suffisait de tirer pour en lever le système à la fin de lappheation, qui durait vingt-quatre, quarante-huit ou soixante-douze heures.
L'appareil était placé dans le col, si le canal cervical était dilaté (au besoin après dilatation préalable par les bougies d’Hégar).
Si le col n’était pas dilatable, chaque tube était alors enfoncé nu, en forant un trajet artificiel. On plaçait ainsi
(1) Cités par BARCAT.
(2) Cités par BARCAT.
deux à trois tubes à un centimètre, où un centimètre et demi de distance les uns des autres. Les tubes restants, étaient alors engainés, et placés contre le col. Un tamponnement vaginal assurait la mise en place.
Ces applications étaient renouvelables à intervalles le quatre à huit semaines.
L'asepsie la plus rigoureuse était observée pour toutes ces manipulations. En cas d'écoulement fétide, une désinfection préalable était assurée par des lavages. Chaque application était Suivie d’une injection vaginale.
Les résultats de cette méthode, qui ne tarda pas à être employée avec quelques variantes par la grande majorité des radiumthérapeutes, furent si régulièrement favorables, qu'en 1913, MM. Chéron et Rubens-Duval ont pu dire que Si certains. auteurs ont de mauvais résultats, c’est qu'ils emploient une mauvaise technique (1). |
MM. WickHAM et DEGRAIS (2) emploient dix-neuf centigrammes de radium. Dans le cancer du col, ils ne laissent l’appareil en place que vingt-quatre heures consécutives. Ils font alors un grand lavage, et replacent l’appareil pour vingt-quatre heures encore. Ces auteurs, n’emploient qu’un filtrage assez faible (l'épaisseur du tube qui renferme le radium), car dans le cancer du col, les coùches superficielles du tissu néoplasique, entourant de toute part l’appareil radifère, jouent le rôle de filtre vis-à-vis des couches profondes. |
À l'étranger : SCHAUTA (3), en 1912, employait cinquante
(1) CHÉRON et RUBENS-DUVAL, la Gynécologie, juillet 1913. (2) Traité de radiumthérapie, 2 éditin, 1912. (3) SCHAUTA, cité par JANEWAY, Surg. Gyn. and Obst., 1919.