‹ Historique du Chancre mouChapitre 12 sur 24 · PASSES · texte numérisé non relu

PASSES

Dès 1767, le chirurgien écossais BaLrour, professe que la blennorrhagie est tout à fait distincte de la vérole; de même Euus, Clément Tong, André DuxcaN, Benjamin BELL, BosQUILLON, HERNANDEZ.

Bienlôt on alla trop loin dans la doctrine de la pluralité et en 182%, l'école physiologiste avec Jourdan niait l'existence des maladies vénériennes en tant qu'espèces dislincles et étudiait des urethrites, des vaginites,

des adéniles, des ulcérations diverses etc.

Hunter et l’expérimentation (1786). - Carmichael (1814).

Ricord, Wallace (1835.

Le vérilable novateur dans l'étude des maladies vénériennes fut Hunter qui en 1786, rompant avec la tradition, voulut ne penser que par lui-même. Sans se contenter de la clinique, il eut l'idée d’avoir recours à l'ex-

périmentation.

Malheureusement sa méthode que nous pourrions croire infaillible ést restée stérile entre ses mains. Bien plus, ses résultats mal interprétés, loin de l'éclairer, le firent tomber dans une erreur grossière. Selon le mot de -Rorcer : « Elle fut appliquée à contre-sens : el telle est l'influence d'un esprit supérieur, que l'erreur de Huxrer si Capilale, si flagrante, qu'on serait Lenté de la prendre pour une inadverlance, n'en a pas moins égaré. toute une généralion de savants, dont quelques-uns passent

pour les plus illustres de notre pays. Se figure-t-on l'ob-

servaleur à qui il a élé donné de reconnaitre le premier que, parmi les lésions vénériennes, les unes sont réinoculables au malade, Jes autres non réinoculables, assez mal avisé pour lirer de ce fait, nouveau el remarquable entre tous, celle singulière conclusion que les premières sont seules conlagieuses et que les secondes ne le sont pas. Est-ce à Hunrer et à Ricorp qu'on voudrait avoir à apprendre que la vraie, la bonne et la meilleure manière de juger de la contagion d'une maladie, c'est de voir si elle est transmissible non pas à l'individu qui l'a déjà, mais à un individu qui ne l'a-pas encore ». Parmi les lésions vénériennes, ilenestqui sont reinoculables au malade ? Qu'est-ce que cela prouve sinon que ces lésions sont locales et n’affectent l'organisme que partiellement ? Car il faut une maladie évidemment locale pour laisser dans le corps des parties saines el pouvoir ainsi être trans-" portée du point affecté dans un autre. À côté des lésions de cet ordre, il y en a d’autres qui ne sont pas réinocu- Jables au malade? Qu'est-ce que cela prouvé encore, sinon que ces lésions dont Ja virulence est indabitablement démontrée d'autre part, dépendent d’une maladie conslilutionnelle, laquelle imprègne la masse entière de l'organisme à la façon de toutes les maladies virulentes générales ? re Et avant loul, si parmi les affections vénériennes, les unes se comportent d'une certaine manière à l'inoculation et les autres d'une manière Lout opposée, n'eslce pas déjà la preuve que ces affeclions diffèrent entre

elles etne sont pas de même nature? Voilà ce que

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Huxrer aurait dù inférer de ses expériences. Toutes ces déduclions et d'autres encore s'y trouvaient en germe, qu'après soixante ans d’incubation, l'école moderne a fini par faire éclore.

Et de ses ingénieuses expériences, il retint surtout celle grave erreur, à savoir que seul l'accident primitif de la syphilis était contagieux, alors qu'auparavant personne ne mettait en doute la contagion à toutes les périodes.

C'est ainsi que forcé par l'évidence d'admettre la contagion héréditaire, il n'en prouvait pas moins labsence de virus dans le sang des syphilitiques en disant : « si le sang du sujet élait contagieux et pourrait faire naître dans une plaie saine l'inflammalion syphilitique, aucun sujel ayant la matière vénérienne en circulalion, ne pourrait éviler un ulcère vénérien loutes les fois qu'il serait saigné ou qu'il se ferait une égralignure avec une épingle : les pelites plaies ainsi produites se transformeraient en autant de chancres. Si les humeurs étaient conlaminées chez un sujet atteint de syphilis constitulionnelle, aucune surface de sécrélion ne serait exemple de gonorrhée, toute plaie serait un ulcère vénérien. Contrairement à loutes ées idées, les sécrétions sont les mêmes qu'auparavant et si une plaie est produite dans

une parlie saine par une cause étrangère, ‘celte plaie

n'est point vénérienne ».

Huxrer n'a pas décrit le chancre induré mieux que ses devanciers, mais il ne regardait comme véritable-

ment chancreux que l'ulcère induré et c’est ce qui a fait

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donner à celui-ci le nom de chancre huntérien. I croyait qu'on pouvait empêcher l’inféclion syphilitique par une intervention thérapeutique active et bien dirigée.

Ses idées sont développées par Apams et ABERNÉTHY en 1804, qui écrivent des traités sur les maladies ressemblant à la syphilis et s'appuyant pour leur diagnostie sur la non réussite du traitement mercuriel. Carmi- CHAED dit en 1814 :”« Il est de la plus grande évidence dans les ouvrages de tous les auleurs qui ont écrit vers l'an 1500, que la syphilis était une maladie nouvelle et qu'elle déjouait la science des plus habiles médecins. En somme il est à peine contestable que la syphilis ait élé apportée en Europe par les compagnons de Colomb, et qu'il existait auparavant, dans l'ancien continent, des maladies vénériennes qui ressemblaient fortement à la maladie nouvellement importée el qui, à la honte des médecins, à part deux ou trois remarquables exceptions ont élé depuis celle époque jusqu'a présent, pendant plus de trois siècles, confondues avec la syphilis par tous les praticiens. IL est étonnant qu'il soit si généralement reçu de trailer comme syphilitique tous les ulcères des parlies génitales quels que puissent êlre leur apparences, leurs caractères et leurs signes distinetifs. Il décril même quatre chancreés correspondant vraisemblablement à quatre virus. EL il propose de donner Île nom de syphilis au chancre huntérien seul et aux aceidents qui le suivent, et dont d’après lui les plus caractérisliques seraient la syphilide squameuse et l'ulcère

excavé des amygdales. I estime que les affections vé-

nériennes se guérissent sans mercure, mais que la vraie syphilis ne cède qu'à ce remède. D'après lui, la diversité des accidents liendrait à deux causes, d’abord à l'élat général du malade et-ensuite à la pluralité des virus.

Nous relevons chez fui beaucoup d'erreurs : ainsi le chancre syphililique proprement dil (eallous ulcer) donne naissance à la lèpre, au psoriasis ; lulcération sans induralion, la gonorrhée donnent des ulcéralions à la gorge, une tuméfaction des glandes Iymphatiques du cou, etc. Mais il importe de retenir que pour lui, le chancre induré est seul syphilitique et doit être trailé par le mercure ainsi que les accidents conslitulifs, à toules les périodes de la maladie.

Nolons en passant, qu’à celte époque, on était en pleine réaclion contre le mercure el que certains allaient jusqu'à nier l'existence de la syphilis comme entilé morbide. :

À la suite de ses inoculalions et des conclusions qu'il crut pouvoir en rer, HuNTER réunit quelques par- Lisans. - Ses résullals posilifs pour le chancre simple et Ja blennorrhagie et négatifs pour les accidents syphililiques secondaires inoculés au porteur, valurent l'adhésion de Ricorp à ses théories. Ce dernier voulut à son tour se servir de l’expérimentalion et il fit de 1831 à 1837 des inoculaliens en grand nombre.

Dans cet espace de Lemps, il réinocula 1049 fois le chancre simple avec succès el réinocula sans succès 518

fois des accidents syphiliques secondaires, tertiaires ou

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