‹ Historique du Chancre mouChapitre 13 sur 24 · EC ARE · texte numérisé non relu

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de transition. Ses résultats étaient donc identiques à ceux de Hunter, Mais par une inconséquence singulière, en même temps qu'il niait comme Hunter, la contagion de la syphilis secondaire et du sang syphililique, 4 admetlail la transmission hérédilaire de la maladie, puis il niaïl encore la contagion de celle même syphilis hérédilaire du nouveau-né à la nourrice !

= Au contraire, Benjamin BEL et SWépiaur en Angleterre, CuzLerIER el LAGNEAU en France, continuërent à regarder la maladie comme élant contagieuse à loutes ses périodes. Bien plus, un certain nombre de livres démontrèrent la contagion des nouveau-nés aux nourrices et la transmission héréditaire de la syphilis. (Doublel, Mahon, Bertin).

Pendant ce temps, en Anglelerre, WALLace le premier, en 1835, procédait comme il convenait. Conlrairement à ce que faisait Hunter, il inocula un individu sain. Or les inoculations opérées par lui sur des sujets sains el provenant de lésions secondaires (plaques muqueuses el syphilides pusluleuses) furent foules posilives, délruisant les résullats de Hunter. La doctrine huntérienne s'écroulait dès lors par sa base même:

Il y'avait eu une méprise grave de la part de lécole huntérienne qui avait pris une maladie pour une autre! C’est le chancre simple, le chancre réinoculable, (sans parler de blennorrhagie), que celte école tenait pour l'accident prunilif de la syphilis et qu'elle inoculait la plupart du lemps. Elle ignorait comme lout le monde

d'ailleurs, que le vérilable chanere syphilitique n'était

pas reproduelible sur le malade par inoculation, pas plus que les accidents secondaires. La. réinoculabrlilé, celle propriété essentielle du chancre simple, ce caracière particulier qui aurait dû lui donner-Fidée de la dualité des chancres, elle eut le tort de le confondre, de l'identifier avec le caractère contagieux et, partant de là, de déclarer non contagieuses toutes les lésions vénériennes non réinoculables.

Ce qui conlribuait à rendre plus profondes les conviclions erronées des anli-conlagionnistes, c’est que la syphilis débutant Loujours par un chancre, quand on avait cru (Lettres sur la syphilis, Ricorb 1851) inoculer Jes accidents secondaires, ce n'élait pas:un accident de même forme, mais un chancre qui élait apparu. Done la syphilis d'après Ricorp commence loujours par un chancre, par conséquent, procède exclusivement du chancre, seul contagieux, et quand on à eru inoculer des accidents secondaires, on a emprunté en réalité, la matière contagieuse à un chancre.

Vinrent ensuite les inoculalions de WazLer, Vipar, RINECKER, GIBERT, GUYENOT avec des résullats également positifs. Les convictions les plus solides allaient s’ébranler. Malheureusement personne ne chercha à déterminer la nature de la lésion produite au point inoculé, pas plus les cliniciens que les expérimentateurs.

Ricorp dès 1838 bien que parlisan en {héorie de l'unilé du principe générateur des chancres reconnaissait qu'il y avait des chancres mous, non suivis d'acei-

dents secondaires el que d’autres au contraire, s'indu-

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raient el qu'à ceux-là succédaient falalement les symptômes de l'infection constilulionnelle. Æn pratiqué il conseillait le traitement Jocal pour les premiers el lé traitement mercuriel immédiat pour les seconds.

Certains chancres n'infeclent pas, dit-il, parce que leur caractère essentiel est de ne pas créer la diathèse. Pourquoi ? Je l’ignore. Mais le fait est la et je le conslate... Oui et mille fois oui, il y a des chancres qui infectent l'économie, landis qu'il en est d’aulres qui né l’infectent pas, eteela, bien entendu, indépendamment de toute influence thérapeutique. Les uns créent une diathèse, un tempérament-morbide : les autres se bornent à une simple lésion locale. Et j'ajoute : Des caraclères très précis, des signes matériels, palpables,évidents, qu'on peut interroger de l'œil et explorer du doigt, permettent de distinguer ces chancres presque à leur début... Voilà bientôt vingt-cinq ans que Je travaille à signaler, à élablir, à caractériser les différences qui distinguent ces deux maladies ! C'est donc avec l'autorité d'une vieille expérience que je puis dire aujourd'hui: le chancre simple est une affection purement locale, qui borne ses effels à la région qu'elle attaque, qui n’a jamais de retentissement général, qui ne s'accompagne Jamais d'accidents constitutionnels. En d’autres termes, c'est un chancre qui n'infecte pas l’économie, c'est un chancre sans vérole». Z{ avait donc différencié les deux chancres au triple point de vue de la symplomatologte, du pronostic el du traitement.

Ces idées soulevèérent une opposition lrès vive et fu-

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rent peu acceplées au début. Certains comme Bazin firent quelques concessions : «le chancre simple reste, dans la majorilé des cas; un accident local sans relenlissement dans l'organisme, mais il peut-être SUIVI, à courte distance, des symptômes d'une syphilis constilutionnelle, régulière, normale ; il est de plus parfois Faccident inilial d'une syphilis irrégulière, c’est-à-dire d'une syphilis dont les premières manifestations n'apparaissent qu'au bout d’un Lemps:considérable (deux, trois, dix ans et même plus) el qui consiste dès l'abord en des lésions profondes et circonscrites, telles que les syphilides circonscrites el ulcéreuses, lésions osseuses, ele. »

Au début Ricord mit la différence d'évolution des deux chancres sur le compte, non de la nature du virus, comme le professait CarMicHaEL, mais de la constitution des malades ou d'autres causes accidentelles.

Les véritables inoculations syphilitiques, c'est-à-dire celles qui ont élé faites avec du virus syphilitique sur des individus sains, datent de 1835 et comme nous l'avons dit, c'est à WarLace qu'en reviennent l'inilialive et la responsabilité. C’est là seulement qu'on voit réellement se dérouler les effets du virus syphilitique et non plus ceux du pus de chancre simple où du muco-pus blennorrhagique.

L'inoculation du virus prélevé sur le chancre primilif, le sang, les plaques muqueuses, les syphides pustuleuses etc. el failes sur diverses parties du corps, et d’une manière différente (frichon, searificalion, injection,

piqûre) à presque loujours élé posilive.

Ar

Après une durée d’incubation qui a été en moyenne de 26 jours (les extrêmes était 10 et 42) on a vu apparaîlre une lésion qui avait, au grand étonnemént des observateurs, toujours l’aspect du chancre. primitif induré. On y note seulement la fréquence d’une légère ulcération. On n’y voit pas que le chancre soit différent s’il vient d’une lésion congénitale ou acquise, mais on remarque qu'il se développe plus rapidement s’il a été produit par l'intermédiaire d’une plaque muqueuse.

Le virus, toujours de virulence en apparence égale, est donc diffusible, absorbable, non volatil etimmunise le porteur pour toujours ou pour un Lemps indélérminé, puisqu'il n’est pas rémoculable ainsi que l'ont démontré les nombreuses expériences de Ricorp, de Baumës, de Dipay, de Roper, de Rozzer, qu'il vienne du porteur luimême ou d'un autre sujel syphilitique.

A l'époque où Riconp fit ses premières e expériences. tous les chancres élaient réinoculés el on remarquait que bon nombre ne donnaient pas de résullats. Ne.se doutant pas qu'il y eut deux espèces de chancres, il expliquait ses insuccès en disant que dans ces cas, le chan-

re devait être à la période de réparation. Mais bientôt on vit que le chancre induré élail néanmoins conlagieux à toutes les périodes, el que le virus pouvait même être inoculé pendant une première incubalion, avant l'établissement de Fimmunité, jusqu'à l'apparition du chancre.

L'inoculation prit pourtant des proportions énormes.

Sans compter les 1049 innoculalions de Ricorp en 6 ans,

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