‹ Historique du Chancre mouChapitre 24 sur 24 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Le chancre simple est bien une affection distincte, mais sa coexistence fréquente avec le chancre syphilitique nous oblige à nous tenir en garde contre la possibilité de l'existence du chancre mixte.

Le

L'histoire vient donc de nous montrer la blennorrhagie et le chancre simple probablement connus et décrits par les anciens auteurs, faisant partie de Ja Pathologie de FAntiquité et du Moyen Age, comme ils font partie de la nôtre.

Elle nous à fait voir l'apparition subite de la syphilis en Europe au XV- siècle, À ce moment les médecins sont unanimes à reconnaître entre eux ces trois maladies, Un demi-siècle se passe, la génération des contemporains de l'épidémie syphilitique est disparue, la confusion faite dans les choses se fait dans les esprits. Réunis dans les grands centres, le chancre mou, la blennorrhagie et la syphilis deviennent la base du

« mal vénérien ». Celle unité est si complète que certaines épidémies de syphilis pure sont méconnues et décriles comme des affections spéciales, sous les noms de mal de Sainte-Euphémie, Prax de Nérac, maladie de Cravanne-Lure, mal de BRUNN, SCHERLIEVO, FACALDINE, SigBexs, RapezvGeue, mal de la baie de St-Paur, boutons d'AmBoixE, JAws, FRAMBoEsIA elc., suivant le pays où elles sévissent.

Après avoir duré plus de trois siècles, cet assemblage monstrueux va se dissocier.

Hunter va étudier au moyen de l’expérimentation, mais lire de ses expériences des conclusions complèlement fausses. Auzias Turenne invente la malheureuse syphilisalion : après de nombreuses inoculations, Ricord voit ses opinions s'ébranler ; son élève BASSEREAU, en 1852, établit enfin le premier la doctrine de la pluralité, pressentie par Carmichael.

Deux ans plus lard, Clerc retombe dans l'erreur avec son chancroïde, de même que Diday, en 1862, avec ses véroloïdes el ses secondes véroles.

Au même moment (1862) RoLLer explique ces cas particuliers en établissant l'existence du chancre mixte, que les recherches ultérieures n'ont fait que confirmer.

Enfin, en 1889 et 1892, Ducrey et Una découvrent l'agent pathogène du chanere mou.

En 1900, Nicolle fait aux singes des inoculations positives indiscutables.

Besançon, Griffon et Lesourd, en 1901, cultivent le

bacille de Ducrey et établissent la preuve de la virulence primitive du bubon.

Nous voyons donc successivement l'histoire, lexpérimentalion, la clinique et la bactériologie apporter leurs preuves pour élablir le dogme de la pluralité et isoler complètement le chancre mou des autres affeclions vénériennes,

- Nous avons également vu que les deux virus chancrelleux et syphilitique pouvaient coexister sur une même lésion, y évoluer dans une intimité absolue, tout en conservant leur individualité propre el leurs caractères essentiels, et sans abandonner pour cela aucune de leurs fâcheuses conséquences.

Loin d'être une exceplion, celle coexistence est très fréquente et comme à tout travail, il faut une conclusion, nous terminerons celui-ci en insistant avec le professeur Gaucuer sur la rareté du chancre mou pur et sur la fréquence du chancre mixte. Nous ne croirons pas par conséquent notre tâche terminée quand nous aurons découvert sur un chancre le bacille de Ducrey : nous exigerons que le malade revienne environ trois semaines après le début de l'ulcération se soumettre à un nouvel examen, car rien ne nous autorise à croire qu'une induration inquiélante ne se manifestera pas bientôt, suivie de la découverte du tréponème.

N'est-il donc pas élonnant de nous voir insister sur la fréquence du chancre mixle alors que nous avons cherché à montrer combien il a élé difficile de faire ad-

meltre Ja doctrine de la dualité chancreuse, bien que

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tous les caractères des deux chancres soient essentiellement différents et soient une preuve de la spécificité de leurs agents pathogènes? C'est que, ce que nous dénommons chancre mixte n’est pas une lésion intermédiaire, c'est le lien d’inoculation simultanée ou faite à peu d’intervalle de deux virus qui ne perdent dans celte réunion aucun de leurs caractères respectifs : c’est plutôt une lésion double. .

La persistance qu'ont mise certains auteurs des plus compétents, à une époque encore récente, à nier le dualisme chancreux est une preuve de la fréquence du chancre mixtre et montre combien nous devons êlre en

garde contre celle cause d'erreur.

Vu : le Président de Thèse, GAUCHER.

Vu: Je Doyen, LANDOUZY.

Vu et permis d'imprimer,

Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris.

RÉSEFARD:

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