‹ Hitopadésa, ou, L'Instruction utileChapitre 33 sur 55 · Massinger 'splays. London, i8o6, 4 vol. in-S · texte numérisé non relu

Massinger 'splays. London, i8o6, 4 vol. in-S

Appendice. 229

a modifié le récit original , comme on peut le voir dans l'extrait suivant de la Discipline de Clergie :

« Il avint jadis que un bon homme ala hors du pays et laissa sa femme en garde à sa mère. La femme amena un jovencel à son hostel, lequel elle amoit. Il avint que le mari vint tandiz qu'ilz se séoient au mengier; il hurta à la porte. La femme se leva et ala ouvrir Tuys à son mari; mais la mère qui demeura avec Tami de sa fille ne sceut quele chose faire, car il n'y avoit mie lieu où elle le peust muchier. Tandiz donc que sa fille ouvroit l'uys à son mary, la vielle prist une épée nue et le bailla au jovencel et dist qu'il le tenist toute nue à l'entrée de l'uys, et se le mari lui disoit aucune chose, qu'il ne respondist riens. Il fist le commandement de la vielle. Quant l'uys fut ouvert et le mari de la fille le vit là ester, il arresta tout quoy et dist : Qui es-tu ? Cellui ne dist mot, ains tenoit l'espée toute nue empoingnie. Le mari fut tous esbahiz et se doubta. La vielle lui dist : Beaux filz, taisiez-vous que on ne vous oye. Alors s'esmerveilla plus le mari que devant et dist : Belle dame, qui est-il? La vielle lui dist : Trois hommes le suivoient maintenant et le vouloient tuer : nous ouvrismes l'uys et le laissâmes entrer céans, et pour ce qu'il craint que tu ne soyes l'un de ceulx, ne veut -il respondre à toy. — Dame, dist le mary, vous feistes bien quant vous le délivrastes de mort. Il entra en la maison et appella l'ami de sa femme et le fist seoir avec lui au disner. •» {Discipline de Clergie^ conte ix.)

Le conte de Pierre Alphonse a été imité par l'au-

2 3o Appendice.

teur des trois fabliaux de la Mauvaise Femme * (fabliau m).

Boccace, qui, le premier parmi les conteurs italiens, a traité ce sujet dans la nouvelle vi de la septième journée de son Décaméron, a dû l'emprunter au roman de Synlipas.

Vers le milieu du xv^ siècle , le Pogge a donné ce conte dans ses Facélies'^. C'est dans l'ouvrage du spirituel Florentin qu'a dû puiser Otlomarus Luscinius, auteur d'un recueil de facéties intitulé Joci ac sales^. Le récit de cet écrivain, qui vivait à Strasbourg au commencement du xvi^ siècle , a été reproduit textuellement dans les Sermones convivales*, ou Convivales qusestiones de Gast.

L'histoire de la Femme qui fit cacher son galant et trompa subtilement son mari a fourni à Bandello quelques uns des principaux traits d'une nouvelle originale, mais remplie de détails obscènes. Voyez Bandello, parte ii, nov. ii.

Sansovino (giorn. m, nov. lo) a reproduit le récit de Boccace.

Le même conte se retrouve dans le Trailé préparalifà l'apologie pour Hérodote, par Henri Estienne, qui la emprunté à Boccace et à Sansovino; dans

1. Voyez Fabliaux de Legrand d'Aussy, édit. de 189g, t. IV, p. 189.

a. Pcg'jii florentini faceliarum lihellus unicus. Londini , 1798, in-iS, 1. 1, p. 273.

3. Jociac sales festivi, ab Ottoniaro Luscinio, partim selecti ex aulhoribus ulriusque linguae, partim lonyis peregrinationibus visi et aiiditi, ac in centuria digesti. Augustae Yindelicor., 1624» in-8°.

4. Convivalium sermonum liber meris jvcis ac salibus refertus. Basileœ, 1542, in-S".

Appendice. 23 1

VElite des contes du sieur d'Ouville (première partie) et dans les Ruses d'Amour^ (ruse 26).

Dans le Printemps d'Amour, ouvrage cité par Legrand d'Aussy, le commencement de Taventure est le même que dans le conte de Boccace ; mais la femme fait cacher les deux galants l'un après l'autre dans le grenier. Ils s'y battent, et, lorsque le mari demande à sa femme d'où vient le bruit qu'il entend, elle lui répond que ce sont deux mendiants qu'elle a logés par charité.

Dans la Farce du Poulier, à quatre personnages^ une femme, désolée d'avoir un sot mari, cherche à se consoler de son mauvais sort avec un beau galant. Elle presse le bon homme d'aller à la foire acheter des pourceaux. Celui-ci, après avoir menacé sa femme de tuer ses amoureux, s'il en trouve, se décide enfin à partir. Chemin faisant, la jalousie le tourmente, et il revient au logis. La dame, dès qu'elle aperçoit son mari, cache son galant sous une couverture. Le bon époux, rassuré, se remet en route; mais il revient une seconde fois, et sa femme fait cacher le galant dans le poulier. La farce est bientôt découverte. Cependant la rusée se tire bien vite d'embarras. Cet homme, dit-elle, s'est réfugié ici ; deux de ses ennemis le poursuivaient l'épée à la main, et, pour le soustraire à leur fureur, je l'ai fait entrer dans le poulier. Le mari s'emporte d'abord contre le galant ; mais, grâce à l'inten^ntion d'une voisine, il se calme, et invite son rival à boire.

1. Ruses d'amour y out rendre ses favoris contents, 1681, pet. in-12.

232 Appendice.

Beaumontet Flctcher^ dans leur comédie intitulée Women pleas'd (les Femmes satisfaites), ont imité le conte de Boccace.

C'est sur la même donnée que repose Tintrigue de la Parisienne, comédie de Dancourt; mais Tauteur français, tout en imitant ses devanciers, a traité ce sujet dune manière originale.

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Le Corbeav, sa Femelle et le Serpent.

Cette fable est tirée du Pantchatantra (liv. i, fab. 7). Voyez aussi :

Kalila and Dimna, chap. v, p. ii3.

Anwâr-i Souhailî, chap. 1, p. 116.

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