LA PBMMB DU VACHER ET SES DEUX GALANTS
Ce conte se retrouve dans les ParaboUs de Suh àabar (p. iiÇ), dans le roman grec de Syntipas (p. 29), et dans le roman arabe des Sept Visirs. Il a été imité par Pierre Alphonse ; mais le juif
extraits des fiibliaux, à U fin du mime volume. — On trouve une indtstîoD de ce fid>lian dans les NoveUe amorose à^li incqgnitif noov. xxm» citée par Legrand d*Aussy.
(i) Dans les Ctnt NouvtlUs nouvelles, nouv. xzzviu « Une Verge pour l'autre ».
(a) Joamèe vu» aoinr. S.
(3) Ducmlo navittê. Venetia, 1609, in-4<», part. Il, noav. 40. Cette nouvelle se retrouve dans le recueil de Sansovino, jouriié0 n, noBT. 3.
ÇO Koav. I, dans le t. IV du NoviUûro Ualiam, Ven^sia, i7$4, 4 vol. in-8^.
($} La Ddiea ou Dùctms joytux et reereaHfs, etc., fm V^m- Boavar LE GniB&BQX. Paris, i630,in-i8, p. 19.
(é) IfASsniGn's Plays. London, 1806, 4 vol. in-8<».
aragonais a modifié le récit original, comme on peut le voir dans l'extrait suivant de la DiscipUne de Clergie :
« Il avint jadis que un bon homme ala hors du pays et laissa sa femme en garde à sa mère. La femme amena un jovencd à son hostel, lequel elle amoit. Il avint que le mari vint tandiz qu'ilz se séoient au mengier, il hurta à la porte. La femme se leva et ala ouvrir Tuys à son mari; mais la mère qui demeura avec Tami de sa fille ne sceut qude chose faire, car il n'y avoit mie lieu où elle le peust muchier. Tandiz donc que sa fille ouvroit ru3rs à son mary, la vielle prist uneespée nue et le bailla au jovencel et dist qu'il le tenist toute nue à l'entrée de Tuys, et se le mari lui disoit aucune chose, qu'il ne respondist riens. H fist le commandement de la vielle. Qpant l'uys fut ouvert et le mari de la fille le vit là ester, il arresta tout quoy et dist : Q^i es-tu? Cellui ne dist mot, ains tenoit l'espée toute nue empoingnie. Le mari fut tous esbahiz et se doubta. La vielle lui dist : Beaux filz, taisiez-vous que on ne vous oye. Alors s'esmerveilla plus le mari que devant et dist^ Belle dame, qui est-il ? La vielle lui dist : Trois hommes le suivoient maintenant et le vouloient
tuer : nous ouvrismes Tuys et le laissâmes entrer céans, et pour ce qu'il craint que tu ne soyes Tun de ceuk, ne veut-il respondre à toy. — Dame, dist le maiy, vous feistes bien quant vous le delivrastes de mort. Il entra en la maison et appella Tami de sa femme et le fist seoir avec lui au disner (i). » {Discipline de Cîergie, conte ix.)
Boccace, qui, le premier parmi les conteurs italiens, a traité ce sujet dans la nouvelle 6 de la septième journée de son Décaméron, sl dû l'emprunter au roman de Syntipas, Le récit de Boccace a passé dans le recueil de Sansovino (giom. m, nov. lo).
Vers le milieu du xve siècle, le Pogge a donné ce conte dans ses Facéties (2). C'est dans l'ouvrage du spirituel Florentin qu'a dû puiser Ottomarus Luscinius, auteur d'un recueil de facéties intitulé Joci ac sales (3). Le récit de cet écrivain, qui vivait
(i) Ce récit, mis en vers p«r rauteor du Chasioiemmi (conte n, p. s 3), se retrcrave dans Bakbazam, Fabliaux et contes da poètes framçois, etc., nouvelle iditûm augmentée et reoue par Méom, t. Il, p. 8$. Ltfprand d'Anssy en a donné une analyse dans ses FahliauXft. IV, p. 189.
(a) Pooon Fûrentini Faeetiarutn libellus unieus. Londini, 1798, 2 vol. in-a4. Voyez t. I, p. 273.
(3) Joci ac saûs festivi, ah Ottouuio Luscnao, ^r<*m selectiex aulhorîbus utriusque lingua, partim longis peregrinaiionibus visi et auiiti, ac in centuria âigesti. Augustte Vindelicor., iSHi in-S**'
330 SOURCES ET DOTATIOKS
à Strasbouig au commencement du xvr sîède, a été reproduit texmellement dans les Sermones cofir vivaJes (i) ou Convivaks qtuestUmes de Gast.
Lliistoire de la Femme qui fît cacher son galant et trompa subtilement son mari a fourni à Bandello quelques-uns des principaux traits d'une nouvelle originale, mais remplie de détails obscènes. Voyez Bandello, parte U, nov. ii.
Le même conte se retrouve dans le Traité priparaiif à l'apologie pour HérodoU, par Henri Estienne, qui fa emprunté â Boccace ; dans VEUte des contes du sieur d'Ouville (première partie) et dans les Ruses d^amour (2) (ruse 26).
Dans le Printemps d^amour^ ouvrage cité par Legrand d'Aussy, le conmiencement de l'aventure est le même que dans le conte de Boccace ; mais la femme fait cacher les deux galants l'un après l'autre dans le grenier. Us s'y battent, et, lorsque le mari demande à sa femme d'où vient le bruit qu'il entend, elle lui répond que ce sont deux mendiants qu'elle a logés par charité.
(i) ComrivaUiÊm termomtm liber maris foui ac saUhus nftrtms . Bssllec, i$43, iii>8«.
(a) Bautt tPamour pom rtmirt tes ftHnris amimts. 1681, pet. in-i2.
SOURCES ET DilTATIOKS 33 1
Dam la Fcaru du Pouîier, à quatre personnages, une femme, désolée d'avoir un sot mari, cherche â se consoler de son mauvais sort avec un beau galant. Elle presse le bon homme d'aller à la foire acheter des pourceaux. Celui-ci, après avoir menacé sa femme de tuer ses amoureux, s'il en trouve, se décide enfin à partir. Chemin faisant, la jalousie le tourmente, et il revient au logis. La dame, dès qu'elle aperçoit son mari, cache son galant sous une couverture. Le bon époux, rassuré, se remet en route ; mais il revient une seconde fois, et sa femme fiait cacher le galant dans le poulier. La farce est bientôt découverte. Cependant la rusée se tire bien vite d'embarras. Cet homme, dit-^e, s'est réfugié id ; deux de ses ennemis le poursuivaient l'épée à la main, et, pour le soustraire à leur fureur, je l'ai fait entrer dans le poulier. Le mari s'emporte d'abord contre le galant ; mais» grâce à l'intervention d'une voisine, il se calme, et invite son rival à boire.
Beaumont et Fletcher (i), dans leur comédie intitulée « Women pleas'd » (les Femmes satisfaites)^ ont imité le conte de Boccace.
(i) Beavmoiit vià FvBTcan't PtymaUtA W»k, LoadgB, 1778» 10 vol. in-S".
Cest sur la même domiée que repose Tintrigae de la Parisiemie, comédie de Dancourt ; mais l'auteur français, tout en imitant ses devanders,a traité ce sujet d'une manière originale.
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