‹ Hitopadésa, ou L'instruction utile: recueil d'apologues et de contesChapitre 13 sur 131 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

captifs, et les sages dans l'indigence, ma pensée est de m'écrier : Ah ! que le destin est puissant ! »

« Les oiseaux, qui parcourent les points les plus retirés de la région des airs, ne peuvent pas échapper au malheur ; les poissons sont pris au fond des eaux, et jusque dans l'Océan, par l'adresse des pécheurs. Dans ce monde, qu'est-ce que se mal ou se bien conduire? quelle vertu peut nous assurer une existence durable ? La mort étend sa main sur nous pour nous perdre, et nous saisit, même de loin. »

Après avoir fait cette leçon àTchitragrîva, Hiranyaka s'acquitta envers lui des devoirs de l'hospitalité et l'embrassa. Le pigeon prit ensuite congé de lui, et partit avec sa suite pour les contrées où il voulait aller.

Il faut se faire des amis de toutes espèces, et par centaines. Voyez : les pigeons furent délivrés par le rat, leur amL

Hiranyaka rentra dans son trou.

Le corbeau Laghoupatanaka, témoin de ce qui s'était passé, fut transporté d'admiration, et s'écria : Hiranyaka, tu es digne de louange, et je veux t'avoir pour amL Accorde-moi donc ton amitié. — Qui es-tu ? lui dit Hiranyaka du fond de son trou.

— Je suis un corbeau, répondît-il, et je me nomme Laghoupatanaka. — Q,u^6 amitié puîs-je contracter avec toi ? reprit Hiranyaka en souriant.

Dans ce monde, le sage ne doit former que des liaisons conformes à la nature. Je suis la proie, tu es le mangeur : comment Tamitié pourrait-eUe exister entre nous ?

Toute liaison entre l'être qui est la proie et celui qui dévore est une cause de malheur. Un daim pris dans un piège par la ruse d'un chacal fut sauvé par un corbeau.

Comment cela ? dit le corbeau. Hiranyaka raconta la fable suivante :

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