‹ Hitopadésa, ou L'instruction utile: recueil d'apologues et de contesChapitre 12 sur 131 · LIVRE PREMIOl 2J · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIOl 2J

témoignent de la bienvdllance pour des raisons particulières. »

Pai pour ami un roi des rats nommé Hiranyaka, qui habite une belle forêt sur les bords de la Gandakf . Il rongera notre filet avec ses dents. A ces mots, ils se dirigèrent tous vers le trou d*Hiranyaka. Celui-ci, redoutant toujours qudqae dommage, s'était creusé pour demeure un trou qui avait cent issues.

Prévojrant les dangers à venir, un vieux rat, savant en politique, habitait un trou qui avait cent issues.

Hîranyaka fut effrayé à l'approche des pigeons, et resta silencieux. Eh bien! dit Tchitragrfva, mon ami Hiranyaka, tu ne nous dis rien ? Hiranyaka, reconnaissant cette voix, s'élança hors de son trou. Ah ! s'écria-t-il, que je suis heureux de voir mon cher ami Tchitragrîva!

«c Dans ce monde, il n'y a pas un homme plus heureux que celui qui converse avec un ami, qui demeure avec un ami, qui s'entretient avec un ami. »

En voyant les pigeons pris dans le filet, il resta un instant tout stupéfait ; puis il demanda ce que cela voulait dire.

Mon ami, dit Tchitragrtva, c'est la conséquence de notre conduite dans une vie précédente.

« Ces différentes circonstances, savoir : pour quelle cause, par quel moyen, de quelle manière, à quel moment, de quelle espèce, dans quel espace de temps et dans quel lieu on a commis une bonne ou une mauvaise action, ces circonstances sont Teffet de la volonté de Vidhâtri. »

« La maladie, le chagrin, les angoisses, la captivité et les malheurs, tels sont les fruits que les mortels recueillent de l'arbre de leurs fautes. »

A ces mots, Hiranyaka s'approcha bien vite pour ronger les liens qui retenaient Tchitragrlva. Non, non, mon ami, dit celui-ci ; ronge d'abord les liens de mes sujets , ensuite tu couperas les miens. — Je suis faible, répondit Hiranyaka, et mes dents sont tendres : comment pourrai-je les délivrer? Je vais donc, tandis que mes dents ne sont pas encore brisées, ronger tes liens, et aussitôt après je rongerai les leurs comme je pourrai. — Fais comme je te dis, reprit Tchitragriva ; coupe leurs liens autant que tes forces te le permettent. — Se sacrifier pour sauver ses sujets, dit Hiranyaka, c'est une chose que n'approuvent pas les gens habiles en politique.

u U laut conserver ses richesses p ments de détresse, sacrifier ses riches ver ses femmes, et sacrifier ses ft richesses pour son propre salut. »

B La vertu, l'intérêt, le plaisir et finale ne peuvent exister pour nous :

en perdant la vie, on perd tout; en h que ne conserve-t-on pas î »

Mon ami, répondit Tchitragrtva, < maximes de la politique; mais nun.

voir soufirir mes sujets. Vend donc c

a Le sage doit sacrifier sa fortui même pour sauver son prochain : il faire ce sacrifice dans un but louable, peut échapper à la mort, »

Voici encore une raison toute parti

n Ils sont mes igiux. en tuùssance; et en puissance. Dis-moi, quel sera l< grandeur, et quand pourrai-je recueil

e Lors même qu'ils n'ont aucun m sister, ils ne m'abandonnent pas. Sa vie de mes sujets, au prix même de i

K Mon ami, ne t'occupe pas de ce sable et composé de chair, d'urine, et d'os; sauve plutôt ma réputation.

Considère encore ced :

« Si ce qui est périssable peut devenir étemel, si un être impur peut arriver à la pureté^ et si le corps peut atteindre à la gloire, que ne peut-on pas alors obtenir ? »

« Il y a entre le corps et les qualités rnoraks une énorme différence : le corps périt en un instant, tandis que les qualités durent jusqu'à la un d'un kalpa. n

En entendant ces paroles, Hiranyakafutsatis£sdt, et il s'écria avec joie : Très bien l mon ami, très bien ! Puisque tu montres tant d'amour pour tes sujets, tu es digne de régner, même svir les trois mondes. £n disant ces mots, il se mit à ronger ks liens qui retenaient les pigeons ; puis il leur rendit ses respects, et, s'adressant à Tchitragrîva : Mon ami, lui dit-il, puisqu'il est dans notre destinée de rencontrer ici-bas des pièges et des filets, il faut toujours craindre qudque accident et ne pas faire m^ris de soîrm^e.

« L'oiseau, qui voit sa proie à la distance de plus de cent yodjanas, n'aperçoit pas le piège qu'on lui tend, lorsque son heure est venue« 3^

« £a voyant la lune et l'astre du jour saisis et tourmentés par Râhou, l'éléphant et le serpent

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