‹ Hitopadésa, ou L'instruction utile: recueil d'apologues et de contesChapitre 80 sur 131 · LIVRE (QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE (QUATRIÈME

deux oiseaux ! — Si elle tombe, disait l'un, il fitudra la faire cuire ici, et la manger. — Il faudra la couper en morceaux, disait un autre, et en prendre chacun sa part. Enfin un troisième disait : n faudra l'emporter à la maison, la faire rôtir, et la manger. En entendant ces propos injurieux, la tortue, transportée de colère, oublia la promesse qu'elle avait faite, et s'écria : Vous mangerez des cendres 1 En disant ces mots, elle tomba, et fut tuée par les vachers.

Voilà pourquoi je dis : Celui qui n'écoute pas ks avis des gens qui ont pour lui de la bienveillance et de l'amitié, etc.

Cependant la grue que l'on avait envoyée précédemment comme espion revint auprès du roi, et lui dit : Sire, je vous avais d'abord averti qu'il fallait purifier la forteresse à l'instant même, et vous ne l'avez pas fait. Ce qui est arrivé est la conséquence de cette négligence. Qyant à l'incendie de la forteresse, c'est un corbeau nommé Méghavama qui en est l'auteur : le vautour lui en avait donné l'ordre.

Le roi dit en soupirant :

« Celui qui, par bienveillance ou par intérêt, ^ fie à des ennemis, se réveille comme un homme

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tombé du haut d*un arbre pendant son sommdl. »

Lorsque Méghavama, dit Tespion, revint auprès de Tchîtravama après avoir mis le feu à la forteresse, ce prince, satisfait, s'écria : Il faut que Mëghavama soit sacré ici roi du Karpoûradwfpaf

On a dît :

« Il ne faut jamais oublier les services d'un servitenr qui a bien fait son devoir : on doit le rendre heureux, et l'encourager par les récompenses, par la pensée, par la parole et par le regard. »

Sire, dît le tchakravâka, nous avons déjà appris ce qtie l'espion nous rapporte. — Ensuite ? dit le roi. — Ensuite, continua l'espion, le vautour» premier ministre, dit au roi : Sire, cela ne serait pas convenable ; accordez-lui plutôt une autre faveur.

« Comment pourrait-on écraser celui que l'on aurait élevé à la plus haute dignité? Sire, la faveur que l'on accorde à des gens de basse condition est co;nme une empreinte que Ton ferait sur le sable. »

« H ne faut jamais élever un homme de basse condition au rang des grands : personne ne vou-

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