LIVRE aUATRIÈME
fatigué, colère, afTamé, cupide, peureux, pétulant ou libertin, ne connaît plus le devoir. »
Auprès avoir fait ces réflexions, ils allèrent tous» les trois auprès.du lion. Avez-vous trouvé de quoi maxiger? leur detnanda celui-ci. — Soigneur, répondit le cqrbeaU;, malgré nos efForts» nous n'avons rien trouvé. — Comment vivre maintenant? dit le lion. — Semeur, reprit le corbeau, en nous, privant d'un aliment que nous possédons, nous allons tous périr. — Et quel alipiAnt avoasnou& donc ici ? demanda le lion. — Tchitrakama, lui dit le corbeau à l'oreiUe. Le lion toucha la terre* puis ses deux oreilles, et il s'écria : Je lui ai promis ma protection, et je l'ai retenu auprès de moi. : comment cela serait-il possible ?
On a dit :
«c Le présent que l'on £ût en donnant des
I vaches, des terres, des aUments^ et de l'eau», ne
pourrait être comparé à ce. que l'oa appelle, dans
ce monde, le plus grand de tous les présents,
c'est-à-dire le don que l'on fait de sa protection. »
« L'accomplissement de tous ses désirs, tel est
le âiût^que Ton retire d'un as^amédha : telle est
f aussi la récompense que nous obtenons pour avoir
sauvé celi}i qui s'est mis sous notre protection. »
Votre seigneurie ne le tuera pas, répondit k corbeau ; mais nous ferons en sorte qu'il consente lui->même à se sacrifier. A ces mots, le lion se tut. Le corbeau profita d'une occasion, et eut recours à la ruse. Il vint, avec tous ses compagnons, auprès du lion, et lui dit : Seigneur, malgré nos efforts, nous n'avons pas trouvé de quoi manger. Votre seigneurie a souffert d'un si long jeûne : qu'elle se nourrisse donc aujourd'hui de ma chair.
<c Tout ce qui constitue un gouvernement dépend du souverain même : bien que les arbres aient des racines, les soins de l'homme leur sont utiles. »
Mon ami, dit le lion, il vaut mieux mourir que de commettre une telle action. Le chacal lui fit ensuite la même offre. Non, non, répondit le lion. — Seigneur, dit le tigre à son tour, prenez mon corps, et nourrissez-vous. — Cela ne serait point convenable, reprit le lion. Alors Tchitrakama, qui ne se défiait de rien, offrit comme les autres de se sacrifier ; mais il n'eut pas plus tôt parlé que le tigre l'éventra, et tous le dévorèrent.
Voilà pourquoi je dis : Les discours des méchants jettent le doute dans Tesprit des gens de ' bien eux-mêmes, etc.
Cependant le brahmane, poursuivant son cfae-