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Lecourbe à Gudin, à Laval, àPulhod, Aibling, 11 frimaire

LA CONCENTRATION DE l' ARMÉE FRANÇAISE* 165

Tels furent les ordres de concentration envoyés par Moreau dans la soirée du 10 frimaire et l'exécution à laquelle ils donnèrent lieu.

L'archiduc Jean, toujours grisé par le succès d'Ampfing, s'était mépris sur les mouvements de l'armée française, qu'il s'imagina être en pleine retraite sur l'Isar. Ses instructions pour la journée du 2 décembre prescrivaient à l'armée autrichienne de se porter, à 9 heures du matin, de Thambach sur Haag en trois colonnes : la division Baillet à droite, suivant les hauteurs de Kirchdorf ; la division Riesch à gauche, cheminant au sud de la grande route ; le corps de réserve entre les deux précédentes colonnes. Toujours sous l'influence de ridée préconçue, il recommandait aux colonnes des ailes de marcher rapidement et d'obtenir des résultats décisifs avec l'infanterie seule si l'artillerie éprouvait du retard par suite du mauvais état des chemins.

Le but général de l'opération était de compléter l'avantage remporté le i^^ décembre et de rallier Kienmayer, qui, arrivé à Taufkirchen, devait de là déboucher au delà de Dorfen. (( Les circonstances seules, ajoutait l'archiduc, décideront de l'endroit où nous nous arrêterons demain 2 décembre et où nous attendrons la colonne Kienmayer^ ».

La veille, à 5 heures de l'après-midi, l'archiduc Jean avait envoyé au général von Zweibrùcken l'ordre de se porter sur Haag dans la matinée du 2, avec toutes les forces dont il pouvait disposer après avoir laissé à Mùhldorf, à Kraiburg et Wasserburgles troupes nécessaires pourla garde des têtes de ponts.

Zweibrùcken avait exécuté une marche de nuit, était arrivé à Haun à 8 heures du matin et, après une halte assez longue, s'était remis en route sur Haag qu'il atteignit à 6 heures du soir.

1. Ordres de l'archiduc Jean pour le 2 décembre (Hùffer, loc. cil., t. II, p. 429).

L'archiduc avait invité, d'autre part, Kienmayer à faire tous ses efforts pour le rejoindre le plus tôt possible en se guidant sur le bruit du canon ou en envoyant des reconnaissances d'officiers pour découvrir l'emplacement de l'armée^.

Lôpper, au centre, arriva à Haag vers 2 heures de l'aprèsmidi sans avoir rencontré les Français -. Il poursuivit sa marche sur Sinkenbach sans coup férir.

Au delà de Strassmair se trouvait le 4« »régiment de hussards et plus à l'ouest, à la lisière de la forêt de Haag, étaient établis deux bataillons de la 108® demi-brigade, avant-garde de la division Grandjean. Quelques coups de canon firent replier les hussards derrière l'infanterie, mais Lôpper ne se crut pas en forces pour aborder celle-ci. Ses troupes étaient d'ailleurs fatiguées ; enfin il venait d'apprendre que l'armée ne dépasserait pas Haag.

Il fit donc arrêter sa colonne près de Strassmair et envoya deux escadrons de hussards Vecsey sur sa droite pour se relier avec Kienmayer. Puis, apprenant que les Français abandonnaient la lisière de la forêt, Lôpper se décida à reprendre sa marche et à établir un poste à Birkach. Il occupa ce hameau sans combat; trois compagnies, envoyées sur Kreith, enchâssèrent, avec l'appui de l'artillerie, un poste de la 108»^ et prirent même pied sur la lisière de la foret d'Anzing, au sudouest. Les progrès de l'ennemi furent arrêtés toutefois par lés dispositions que prit Ney. Une fusillade intermittente se continua sur ce point jusqu'à 11 heures du soir^.

Voyant les Français se replier continuellement, l'archiduc avait résolu d'arrêter l'armée près de Haag et d'effectuer sa

1. L'archiduc Jean à Kienmayer et à Zweibrùclien, hauteurs de Ramsau, 1*' décembre 1800, 5 heures soir (K, K. Arcfiiv, XII, ad 11).

2. Lôpper à l'archiduc Jean, Haag, 2 décembre 1800,2 heures s^oir (Ihid., XII, 24).

3. Lôpper à l'archiduc Jean, Hohenwart, 7 décembre 1800 (Hûfïer, ioc. cit.^ t. II, p. 469) ; Bulletin historique de l'armée du Rhin.

LA CONCENTRATION DE l'aRMÉE FRANÇAISE 167

jonction avec Kienmayer, le 3 décembre, vers Anzing. Kollowrat campa près de Haag, lliesch près d'Haslach, Baillât près de Winden^ Kienmayer reçut Tordre de ne pas s'arrêter à Dorfen, mais de pousser jusqu'à Lengdorf et de rallier Farmée le 3 par Isen et Buch, en se faisant couvrir par un régiment de cavalerie dans la direction d'Erding. « Il s'agit, lui écrivait l'archiduc, d'exécuter une marche rapide de façon à ne pas laisser à l'ennemi le loisir de se rassembler^. » L'idée était juste, mais le général en chef autrichien se borna à l'exprimer. (( Il ne fit que de petits mouvements, ne dépassa par Haag et donna le temps à l'armée française de se rallier et de revenir de son étonnement. Il paya cher cette faute, qui fut la première cause de la catastrophe du lendemain^ )).

Suivant les instructions de l'archiduc, Kienmayer, arrivé à Dorfen à 11 heures du matin, établit dans la soirée son camp à Lengdorf*, après avoir refoulé les compagnies de grenadiers de la 24«, qui formaient l'extrême arrière-garde de la division Legrand. Celle-ci fit occuper Furtern par une fraction de la brigade Bontemps, tandis que la brigade Sabatier s'établissait à Isen. En même temps, deux escadrons du 5® chasseurs se portaient à Papferding pour assurer la communication avec Erding^. De son côté, Meczery avait occupé Moosburg et poussé des partis sur Erding, Freising et Pfafïenhofen^. Klenau avait continué sa marche sur Kelheim en deux colonnes, qui avaient rencontré des détachements français da la division Souham à Ober-Saal et à Aunkofen; ceux-ci s'étaient repliés sur Neustadt. Klenau avait fait occuper Kelheim par les con-

1. Œstreiohische milUàrische»Zeitschrift, 1836, t. IV, p. 15 ; Riesch à l'archiduc Jean, Hartmannsberg, 7 décembre 18D3 (Ilûfïer, /oc, cit., t. II, p. 430).

2. L'archiduc Jean à Kienmayer, Haag, 2 décembre (K. K. Archiv, XII, 22).

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