K. K. Archiv, XII, ad 98 b
tingents bavarois et poussé ses avant-postes sur Siegenburg. Il se proposait de marcher le lendemain sur Abensberg et Geisenfeld, et de se relier à Meczery par Pfafïenhofen*.
Dans la soirée du 2 décembre, l'archiduc Jean écrivit au Conseil aulique : « L'ennemi a jugé bon de ne pas attendre l'attaque dans cette région ; il s'est encore replié pendant la nuit et a repris position à Hohenlinden. L'avant-garde qui le suivait a fait 50 prisonniers ; le gros de notre avant-garde se trouve à mi-chemin de Hohenlinden. Nous sommes en parfaite communication avec le feld-maréchal-lieutenant Kienmayer, qui se trouvait déjà, à midi, à Dorfen; il doit franchir Tlsen aujourd'hui même et, s'il plaît à Dieu, se réunira nous demain à Anzing. Notre détachement de l'Isar, sous les ordres du général Meczery, est à Moosburg. Les forces ennemies qui se trouvaient sur la route de Wasserburg se sont également repliées sur Ebersberg. Depuis le commencement des hostilités, je n'ai aucune nouvelle ni du Tyrol ni de l'Italie. Sur la route de Rosenheim, l'ennemi ne s'est avancé que jusqu'à Aibling; le prince de Gondé et les Wûrtembergeois occupent donc toujours les retranchements de la rive droite de l'Inn^ ».
1. Klenau à l'archiduc Jean, Postsaal, 2 décembre 1800, 10 heures soir (K. K. Archiv, XII, 30).
2. L'archiduc Jean au Conseil aulique, Ilaag, 2 décembre {Ibid., XII, 32).
Renseignements fournis par le combat d'Ampfing. — Moreau décidé à prendre l'offensive. — Son plan d'ensemble. — Decaen au quartier général de l'armée. — Moreau se propose d'abord d'appeler sa division à Hohenlinden. — Objections de Decaen. — Moreau se rend à ses arguments. — Decaen suivra le mouvement de Richepance. — Instructions définitives pour le lendemain, 3 décembre. — Ordres donnés par Grenier. — Ordre remis par Lahorie à Decaen. — Prescriptioiis envoyées à Richepance : il devra attaquer par Christoph sur Maitenbeth. — Dernières instructions adressées à Decaen.
Le combat d'Ampfing avait nettement montré à Moreau qu'une fraction importante de Tarmée autrichienne se trouvait sur la route de Haag à Hohenlinden. L'attaque de Farrièregarde delà division Grouchy, dans l'après-midi du 11 frimaire (2 décembre), par un corps assez nombreux pourvu d'artillerie, permettait de penser que cette colonne était toujours éche-' lonnée sur cette grande voie de communication de Mûlhdorf à Munich. Moreau savait en outre qu'un corps ennemi considérable avait suivi la vallée de l'Isen et pris le contact avec les avant-postes de Grenier. Une colonne de toutes armes enfin avait été signalée dans la vallée de flsar, vers Moosburg. Ces renseignements indiquaient « que toute Farmée autrichienne était en mouvement et prenait décidément l'offensive^ ». Moreau s'attendait à une bataille pour le lendemain 12 frimaire^. Il n'avait pas Fintention d'ailleurs d'attendre l'attaque, mais de « profiter des mouvements de Fennemi pour prendre sur lui l'offensive^ )).
Son plan d'ensemble consistait à laisser les Autrichiens
1. Bulletin historique de l'armée du Rhin. — Cf. Rapport de Dessolle du 7 au 12 frimaire; Lahorie à Decaen, Anzing, 12 frimaire au matin; Ordre de mouvement de l'aile gauche du 11 frimaire au soir.
2. Moreau au Ministre de la guerre, Anzing, 12 frimaire soir.
3. Ordre de mouvement de l'aile gauche, Forstinning, 11 frimaire soir.
s'engager dans la forêt de Haag, à les contenir de front avec le corps de Grenier et les divisions Grouchy, Decaen et d'Hautpoul, du centre ; à jeter sur leur gauche la division Richepance, qui se porterait dans ce but d'Ebersberg, par Ghristoph, sur Maitenbeth; à prendre enfin une offensive générale quand ce mouvement tournant commencerait à produire ses effets ^
Devançant sa division, Decaen était arrivé à Zorneding le 11 frimaire à 5 heures du soir. Il jugegi utile de pousser jusqu'au quartier général de Moreau, à Anzing, afin de s'entendre de vive voix avec lui au sujet des opérations qu'il aurait à exécuter le lendemain. En le voyant arriver, vers 7 heures du soir, Moreau manifesta une grande joie. Il s'écria que la bataille serait gagnée, faisant allusion aux 10.000 combattants dont Decaen lui annonçait la prochaine coopération 2.
L'intention de Moreau était de les adjoindre au corps de Grenier; mais Decaen, recevant de ce dernier Tordre de se trouver le lendemain au nord de Hohenlinden, vers 11 heures du matin, fit observer qu'il lui était impossible de se conformer à cette prescription. Il exposa aussitôt les motifs qui s'y opposaient. En raison de l'heure tardive à laquelle il avait reçu l'avis de se diriger sur Zorneding, eu égard aussi au mauvais état des chemins, ses dernières troupes ne pourraient atteindre cette locaUté qu'entre 10 et 11 heures du soir. Elles seraient extrêmement fatiguées et ne pourraient se remettre en marche le lendemain de grand matin, condition nécessaire pour arriver à Hohenlinden à 11 heures. En outre, le chemin à parcourir étant défectueux et formant u n défilé continuel à travers la forêt d'Anzing, Decaen déclarait que la tête de sa colonne ne déboucherait pas à Hohenlinden avant 2 heures de l'après-midi, c'est-à-dire au moment où les deux armées
1. Ordre de mouvement de l'aile gauche du 11 frimaire au soir; Lahorie à Decaen, Anziog, Il et 12 frimaire; à Riciiepance, il frimaire.