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CHAPITRE VI Projets de rarchiduc Jean

Premières suppositions du quartier général autrichien. -- Le mouvement rétrograde des Français fait croire qu'ils ne résisteront plus sur la rive droite de l'Isar. — Les dispositions prescrites pour le 3 décembre sont la conséquence de cette idée préconçue. — Mouvement d'ensemble prévu. — Les colonnes devront converger à Anzing. — Appréciations de Napoléon. — Les instructions de l'archiduc sont données en dehors de toute préoccupation de l'ennemi.

Après le succès d'Ampfing, le i^^ décembre, le quartier général autrichien avait supposé que Moreau emploierait la nuit suivante à rassembler ses forces près de Haag afin de livrer, le 2, une bataille décisive. Déjà Farchiduc Jean avait pris ses dispositions pour l'attaque. Mais, le 2 décembre au point du jour, il apprit que les Français se repliaient sur toute la ligne. D'autre part, Meczery mandait que des partis marchaient sur Erding et Freising; Klenau rendait compte de l'arrivée de ses coureurs à Pfafïenhofen. Il ne parut pas vraisemblable, dès lors, que Moreau résistât encore sur la rive droite de l'Isar. On fut convaincu qu'il n'y avait laissé qu'une arrière-garde *.

Les dispositions prises pour le 3 décembre se ressentaient de cette idée préconçue; elles avaient pour objet d'assurer la jonction de la colonne Kienmayer avec le gros de l'armée dans les environs d' Anzing; elles consistaient en une simple marche convergente sur ce point, sans prévoir une résistance sérieuse ^. L'archiduc n'ignorait pas, à la vérité, que des troupes françaises avaient pris position vers Hohenlinden; mais, à son avis, elles étaient destinées seulement à couvrir le mouve-

i. Œstreichische militàrische Zeitschrift, 1836, t. IV, p. 14-15. 2. Disposition auf den 3. Dezember 1800, Haag, 2 décembre 1800 (Hûfler, loc. cit., t. Il, p. 431).

PROJETS DE l'archiduc JEAN 179

ment de retraite de l'armée *. Il s'agissait de les refouler rapidement et de ne pas laisser à l'adversaire le temps de réunir ses forces 2.

« Il faut, dit la relation du major Ditfurt, que MM. les faiseurs du quartier général autrichien aient été tellement éblouis des petits succès remportés dans ces journées, qu'ils regardèrent toute précaution ultérieure comme inutile, et c'est sans doute cette aveugle prétention qui dicta la disposition arrêtée pour le 3 décembre... ^ )).

D'après les ordres donnés dans la soirée du 2, l'armée devait se mettre en mouvement, le 3, à 5 heures du matin, en trois colonnes. « La division du feld-maréchal-lieutenant Riesch, formant la colonne de gauche, cherchera, après avoir levé le camp, à gagner la route d'Albaching à Hohenlinden. Elle enverra, pendant sa marche, de nombreuses et fortes patrouilles jusqu'à la route de Steinhôring et se reliera avec la colonne du centre, qui suit la grande route de Haag à Hohenlinden.

» L'avant-garde du général Lôpper sera renforcée, ce soir même, de tout le régiment Benyov^sky ; le régiment de hussards Archiduc-Ferdinand poussera encore aujourd'hui jusqu'à l'avant-garde, afin d'y relever le régiment Vecsey, qui attendra demain le passage du corps de réserve pour se joindre à lui.

» Le corps de réserve recevra, à la place du régiment Benyowsky, toutes les troupes bavaroises qui ont rejoint l'armée aujourd'hui et fera relever les hussards de Vecsey par les hussards de Ferdinand.

1. L'archiduc Jean au Conseil aulique, Haag, 2 décembre 1800 (Hûffer, loc. cit., t. n, p. 430).

2. L'archiduc Jean à Kienmayer, Haag, 2 décembre 1800 [Ibid., t. If, p. 430.

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