Carrion-Nisas, loc. cit.^ Pièces justificatives, p
» L'avant-garde, ainsi que le corps de réserve, se mettront également en marche demain, à 5 heures du matin, et constitueront la colonne du centre, qui marchera par la grande route sur Hohenlinden et Anzing, en se tenant en liaison constante : à gauche avec la colonne du feld-maréchal-lieutenant Riesch, à droite avec celle du feld-maréchal-lieutenant Baillet.
)) La division du feld-maréchal lieutenant Baillet partira aussi le 3, k 5 heures du matin, et se dirigera par Oberndorf, Weiher et Mittbach sur Hohenlinden ; de là elle se portera sur Anzing en marchant constamment à droite de la grande route et parallèlement à celle-ci. Pendant ce mouvement, elle restera toujours en liaison avec la colonne du centre et avec celle du feld-maréchal-lieutenant Kienmayer, qui, dès aujourd'hui 2 décembre, s'est efforcé de se porter de Dorfen sur Buch par Lengdorf. La marche des troupes ne devra pas être ralentie par les difficultés de faire suivre l'artillerie; si une colonne arrive sans une seule bouche à feu, mais en temps utile, le résultat sera certainement atteint, alors qu'il serait perdu si le mouvement s'effectuait avec hésitation. L'artillerie pourra ou bien suivre la queue de colonne, ou bien, dans le cas le plus défavorable, se joindre à la colonne qui suit la grande route.
» Toute l'armée, qui se trouvera réunie a Anzing le 3, devra se faire suivre des vivres, des chevaux de bât et du bétail nécessaires pour pouvoir faire la soupe immédiatement à Anzing et repartir le lendemain de bonne heure.
» Je recommande encore à chaque commandant de division d'employer plus activement la cavalerie sous ses ordres. Il trouvera maintes fois l'occasion de l'employer avantageusement, sans attendre pour cela un terrain absolument plat. Elle sera ainsi d'un soutien plus efficace pour notre
PROJETS DE l'archiduc JEAN 181
infanterie et désorganisera davantage l'adversaire par sa poursuite rapide * ».
Par un ordre particulier, l'archiduc donnait rendez-vous à Kienmayer à l'ouest de Hohenlinden, en lui recommandant de s'éclairer sur son flanc droit dans la direction d'Erding. Il l'invitait, dans ce but, à détacher un parti important de Dorfen et un régiment de cavalerie de Buch -.
Napoléon a trouvé ces dispositions du quartier général autrichien « fort bien entendues » ; à son avis, « la pensée de la bataille était bonne » ; l'archiduc « eût encore réussi le 3, sans ces fautes d'exécution ^ )). Ces appréciations sont ou bien d'une indulgence excessive, ou bien inspirées par une connaissance incomplète des faits. On a vu précédemment que l'archiduc ne songeait nullement à une bataille pour le 3 décembre ; les ordres pour cette journée le prouvent du reste en ne faisant pas la moindre mention ni de l'ennemi ni d'une rencontre possible, et en admettant que l'infanterie exécuterait son mouvement, au besoin sans se faire suivre de l'artillerie. Le moins qu'on puisse dire des instruc- * lions de l'archiduc est qu'elles sont données en dehors de toute préoccupation de l'ennemi. A peine tiennent-elles €ompte des difficultés du terrain boisé, coupé, parfois marécageux, et du mauvais état des chemins que l'on allait avoir à suivre. « Quatre longues colonnes, engouffrées dans une immense forêt, où elles n'avaient pour ainsi dire aucune communication entre elles, forcées de s'engager isolément contre un ennemi qui pouvait mouvoir ses masses à volonté sur un terrain reconnu de longue date, devaient être perdues •dès que le moindre incident viendrait rompre l'ensemble de leur mise en action^ )).
1. DisposiUon auf den 3. Dezember 1800, Haag, 2 décembre (Hûffer, loc. cit., t. H, p. 431-433). — Cf. Àusgewàhlte Schriften des Erzherzogs Karl, 1. 1, p. 79.
2. L'archiduc Jean à Kienmayer, Haag, 2 décembre (Hùlïer, loc. cit. ,i. il, p. 430).