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LE CHAMP DE BATAILLE \S

vert, entre deux avancées de la forêt de Haag. Elle en atteint la lisière orientale au hameau de Haus, au sud duquel, à 500 mètres environ, s'élève sur une colline le petit village de Maitenbeth. Elle traverse la forêt sur un espace de plus de 5 kilomètres entre de belles futaies de sapins, généralement très perméables à Tinfanterie. La largeur de la chaussée est d'environ 7 mètres. Au milieu environ du parcours à travers bois, se trouve une sorte de col appelé le Schimmelberg. De mauvais chemins forestiers conduisent de là : vers le nord à Fahrnbach, aux sources de l'Isen ; vers le sud à la clairière de Schûtzen et à Christoph, petit village bâti dans un vallon assez étroit et presque entièrement entouré par des bois. C'est là que prend naissance un petit ruisseau, le Mùhl-Bach, qui, coulant vers l'est, traverse jusqu'à Albaching un terrain marécageux. De Christoph part un chemin, le Schwaigerweg, qui conduit à Maitenbeth par Schweig et en traversant une clairière appelée Hirschau dont l'entrée orientale est située à 1.200 mètresenviron au sud-ouest de Maitenbeth ^

Si Ton revient à la grande route de Haag, on trouve, à l'ouest du Schimmelberg, un carrefour d'où se détache un chemin assez bon de 4 mètres de large, qui se dirige sur Schûtzen; puis, au delà, vers le nord, une mauvaise voie forestière qui mène k Mittbach, village situé sur une crête décotiverte, d'où la vue est très étendue.

La grande route sort aujourd'hui de la foret à un kilomètre environ au sud-est du hameau de Birkach; mais, en 1800, ce n'était qu'à Birkach même qu'elle pénétrait dans la clairière de Hohenlinden 2. Elle laisse au sud les hameaux de Kreith,

1. A. Schleifer, Die Schlacht bsi Hohenlinden, p. 16-17. — L'auteur de cet ouvrage est géomètre de l'arrondissement et a retrouvé le plan cadastral de 1811.

% Œstreichische militàrisclie Zeitschrift, 1836, t. IV, p. 17; Schleifer, loc. cit., p. 17. — Voir la carte au 1/60.000% dressée au Dépôt de la Guerre par les^ soins du colonel Carrion-Nisas et jointe à son ouvrage sur La Campagne des- Français en Allemagne, année 1800.

d'Alt et de Neu-Stockach ; au nord, ceux d'Ober et de Nieder- Kaging, bâtis sur les dernières pentes de la longue croupe dominante de Mittbach. Arrivée à Hohenlinden, elle se bifurque : d'une part sur Erding par Forstern et Harthofen, d'autre part sur Munich par Forstinning et Anzing.

Le terrain avait été soigneusement reconnu par Moreau pendant la période de l'armistice ^. Le masque constitué par les forêts de Haag et d' Anzing lui permettait de dissimuler ses rassemblements, de manœuvrer à couvert et de ne dévoiler ses intentions qu'au dernier moment. Il abandonnait, il est vrai, aux Autrichiens les collines boisées de Mittbach, qui dominent la plaine de Hohenlinden. Mais il attendait l'adversaire au débouché des bois, sur un terrain où les troupes françaises se voyaient, pouvaient facilement communiquer entre elles et se prêter un mutuel appui; où les trois armes étaient en mesure de combiner leur action contre l'infanterie ennemie livrée à ses propres forces par l'absence de positions d'artillerie convenables et par la nécessité de gagner du champ en plaine avant de pouvoir être soutenue par la cavalerie ^. A l'avantage d'avoir ses troupes concentrées, bien liées et prêtes a agir, Moreau joignait donc la supériorité de la situation au point de vue de leur emploi tactique. Enfin les Français connaissaient le terrain, ce qui n'était pas négligeable dans cette région boisée et coupée qui s'étend vers rinn à partir des forêts d' Anzing et de Haag.

1. Desselle à Decaen, Augsburg, 2 fructidor an VIII; Decaen à Moreau, Nymphenburg, 14 frucUdor an VIII.

2. Il faut voir le terrain en tenant compte des armes de l'époque. En 1800, avec la portée du canon et du fusil, Moreau avait très bien établi ses troupes à 400 ou 500 mètres des lisières boisées. Aujourd'hui, la crête de Mittbach-Reithofen permettrait un déploiement formidable d'artillerie, qui aiderait à très bonne portée l'infanterie cherchant à déboucher des bois et qui obligerait les batleries de la plaine à reculer assez loin.

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