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CHAPITRE PREMIER Le champ de bataille

Les forêts de Haag et d'Anzing. — Région tourmentée à l'ouest de Tlnn.

— Le plateau d'Ebersberg-Hohenlinden. — Clairière de Hohenlinden.

— Les routes de l'Inn à Munich. — Route de Mûhldorf-Haag-Hohenlinden-Mûnich. — Le terrain reconnu par les Français pendant l'armistice.

— Avantages de la position de Moreau.

La région qui fut le théâtre de la bataille de Hohenlinden est comprise entre deux faibles cours d'eau, TAttel etFIsen, affluents de gauche de Tlnn, et la haute vallée de la Sempt, affluent de droite de l'Isar. C'est une contrée dont les cotes varient de 510 à 630 mètres, mais dont les mouvements de terrain sont très accentués les uns par rapport aux autres. Deux grandes forêts, celles de Haag et d'Anzing ^ constituent entre rinn et Munich comme une estacade naturelle. Le pays immédiatement à l'ouest de l'Inn, jusqu'à la lisière est delà forêt de Haag, est couvert, tourmenté, coupé par des vallons, des ruisseaux et des marais, parsemé de parcelles boisées, de fermes isolées, de vergers. Il conserve ce caractère au nord et au sud des forêts de Haag et d'Anzing. A l'ouest de ces massifs forestiers s'étend, au contraire, jusqu'aux abords

1. La carte n» 5 au 1/50.000» jointe appelle la première Kônigl. Forst Isen (au lieu de Haag, nom porté sur la carte au 1/100.009'^ de l'état-major allemand).

de Munich, une plaine généralement découverte, si l'on en excepte quelques parcelles boisées.

Le contrefort des Alpes du Tyrol, qui s'étend vers le nord entre Tlnn et Tlsar jusqu'au Danube, s'aplanit vers Zorneding, en constituant, entre Ebersbarg et Hohenlinden, un plateau où se trouve la ligne de partage des eaux qui coulent soit vers rinn soit vers l'Isar.

Au nord-est de Hohenlinden s'étend, de Mittbach à Buch, un contrefort partiellement boisé, qui domine, à une distance variant de 1.200 à 1.500 mètres, une sorte de grande clairière interposée entre les forêts de Haag et d'Anzing, et orientée du sud-est au nord-ouest. Large à Hohenlinden de 2 kilomètres a peine, cette zone augmente considérablement d'étendue entre Buch et Schwaben, où elle atteint 10 kilomètres. C'était la région que Moreau, après la surprise d'Ampfmg, avait choisie pour y concentrer ses forces et livrer bataille éventuellement. Le terrain est généralement découvert, présente de faibles ondulations, et est à peine accidenté de quelques bouquets d'arbres. Il se prête partout à l'action des trois armes.

Trois grandes routes, venant deRosenheim, de Wasserburg et de Mùhldorf, conduisent de l'Inn vers Munich. Les deux dernières n'étaient reliées, en 1800, que par « des chemins vicinaux, des communications pour les coupes de bois, et qui sont presque impraticables en hiver ^ ».

La route de Wasserburg traverse la forêt d'Anzing à l'ouest d'Ebersberg, entre Kirchseeon et Zorneding ; la bataille ne s'étendit pas jusqu'à ces points. La route de Mùhldorf, au contraire, qui fut suivie par la colonne principale autrichienne, mérite qu'on l'examine avec quelque détail. Elle passe, à l'ouest de Haag, dans un terrain relativement décou-

1. Mathieu Dumas, Précisées Evénements militaires^ t. V, p. 120. — Mathieu Dumas a fait la reconnaissance du terrain peu de temps après la bataille.

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