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CHAPITRE V Déploiement de la colonne Baillet

Baillet à Schnaupping. — Liaison avec Kollowrat. — Détachement envoyé sur Isen. — Déploiement de la colonne Baillet sur les hauteurs de Mittbach. — Deux bataillons sont poussés sur Hohenlinden au soutien de Lôpper. — Deux bataillons et deux escadrons dirigés sur Kronacker. — Baillet reste inactif avec le reste de ses forces.

Arrivé à Schnaupping vers 10 heures du matin, Baillet devait poursuivre sa marche par Weiher sur Mittbach. Mais auparavant, il détacha sur sa gauche, vers la grande route, quatre escadrons de cuirassiers Nassau et un bataillon Lacy, afin de se relier avec la colonne Kollov^rat. Puis, entendant la fusillade de la colonne Kienmayer dans la direction du nord, il envoya sur Isen un bataillon Brechainville et deux escadrons Zeschwitz destinés à couvrir sa droite et à se relier aux troupes de Kienmayer ^

Apprenant que celles-ci ne pouvaient arriver à sa hauteur avant une heure, informé par ses patrouilles de l'occupation de Kronacker et des bois au sud par des forces ennemies importantes ^, Baillet fit déployer sa colonne sur les hauteurs à l'ouest de Mittbach, que les Français n'occupaient pas. De là, il envoya le général Esterhazy avec quatre escadrons sur Burgrain, en soutien du détachement dirigé précédemment sur Isen 3.

Sachant que Lôpper était à ce moment fortement engagé et qu'il ne pouvait progresser, Baillet chargea le général Majthany, avec un bataillon De Vins et un bataillon Brechain-

1. Baillet à Tarchiduc Jean, Obing, 8 décembre (Hûfïer, /Ov. cit., t. II, p. 475). — On Terra que ce détachement se joignit aux troupes de Schwarzenberg.

2. Les renseignements étaient exagérés ; il n'y avait là que des avant-postes de la division Ney.

3. Baillet à l'archiduc Jean, Obing, 8 décembre (Hûffer, los. cit., t. II, p. 475).

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ville, de traverser les bois au sud de Mittbacli et de marcher vers Hohenlinden, afin d'attaquer la division Grouchy sur son flanc gauche. Cette intervention fut très efficace, si l'on en croit le rapport de Baillet ^

D'après une autre version, au contraire — plus vraisemblable si on la rapproche des documents français — ces deux bataillons effectuèrent leur jonction avec les Bavarois de la colonne principale; ils tentèrent vainement d'enlever une batterie puis tiraillèrent enfin avec l'ennemi « sans but déterminé et aussi sans succès - ».

Quoi qu'il en soit, Baillet fit renforcer bientôt ces deux bataillons par le deuxième bataillon De Vins. Il dirigea d'autre part le général Roschowsky avec deux bataillons et deux escadrons sur Kronacker, afin de faciliter le débouché des troupes de Kienmayer, qui approchaient de plus en plus du champ de bataille ^.

Il ne restait plus désormais à Baillet que trois bataillons et six escadrons avec lesquels il demeura immobile sur les hauteurs de Mittbach, sans même tenter de fixer les Français qui lui étaient opposés ^.

1. Baillet à l'archidac Jean, Obing, 8 décembre (Hûfïer, loc. cit., t. II, p. 475).

2. Œstreichische miUtàrische Zeitschrift, 183B, t. IV, p. 27.— C'est peut-être à ce moment que se place l'épisode suivant relaté dans un rapport du chef de brigade commandant l'artillerie de l'aile gauche, où les conditions de temps et de lieu sont assez vaguement exposées : « Six bouches à feu ennemies, soutenues par deux escadrons de hussards, repoussaient nos avant-postes..., lorsque trois bouches à feu de la 2^ du 7» et trois autres de la 4* du 8' arrivèrent fort à propos pour ralentir la marche de l'ennemi. Dans moins d'une demi-heure, ces six bouches à feu réunies démontèrent quatre bouches à feu et culbutèrent les deux escadrons ennemis, qui furent forcés de se retirer en abandonnant deux de leurs^ pièces. Deux bouches à feu de la compagnie du 7^ se portèrent alors en avant... et furent aussitôt chargées par les deux escadrons qui s'étaient réunis en arrière d'un bouquet de bois. Les canonniers des 7' et 8% voyant deux pièces prises, se^ réunirent et chargèrent les hussards... » (Le chef de brigade commandant l'artillerie de l'aile gauche au général Éblé, Schwindegg, 16 frimaire). — Cf. Éblé à Desselle, 30 frimaire.

3. Baillet à l'archiduc Jean, Obing, 8 décembre (Hûfïer loc. cit., t. II, p. 475).

4. Ihid.; \J Œstreichische miUtàrische Zeitschrift, 1836, t. IV, p. 27, indiqua par erreur pour les forces restant à Baillet : 6 bataillons et 13 escadrons.

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