Decaen, Mémoires inédits
2. Moreaa au Ministre de la guerre, Hohenlinden, 12 frimaire ; Rapport de Desselle. — Le rapport de Decaen est muet sur le mouvement de la légion polonaise.
3. Rapport de Decaen ; Rapport de Desselle ; Durutte à Decaen, Haag, 14 frimaire.
4. Riesch à l'archiduc Jean, Hartmannsberg, 7 décembre (HûlTer, loo.cil., t. II, p. 466).
5. Œstreichische militàrische Zeitschrift^ 1836, t. IV, p. 32.
sur Hohenlinden, quelque danger que présentât ce mouvement. Les deux bataillons du régiment Archiduc-Charles, que Riesch lui avait envoyés comme renfort, ne purent le rejoindre et rétrogradèrent vers la clairière de Schâtzl où ils furent recueillis par Merveldt, qui y avait amené la réserve de la colonne *.
A 1 h. 30, Riesch envoyait d'Albaching le compte rendu suivant à l'archiduc :
(( Je me suis avancé avec la division Gyulai à travers la forêt d'Ebersberg, jusqu'à trois quarts de lieue de Hohenlinden, au prix des plus grands efforts et des plus grands sacrifices. J'ai atteint le point où « ce chemin » se croise avec celui venant de Ghristoph. Une masse de fuyards de divers régiments du corps de réserve (Kollowrat) qui vinrent se jeter vers moi m'assurèrent que ce corps avait été refoulé. Je ferai tout pour me maintenir ici jusqu'à ce que je reçoive des ordres de V. A. à moins que les événements ne m'obligent à me replier vers la route de Haag. J'ai fait d'importantes pertes en morts et prisonniers, mais j'ai fait aussi des prisonniers et pris un canon et deux voitures de munitions ^ ».
La légion polonaise revint à Ghristoph pour se reconstituer, garder ce point et couvrir le flanc droit des divisions Richepance et Decaen.
Durutte, après avoir refoulé la gauche des Autrichiens, reçut, vers 2 heures, l'ordre de Decaen de progresser à travers bois, vers la grande route de Hohenlinden à Haag. Les deux bataillons de la 100^ demi-brigade devaient le renforcer. H allait atteindre la chaussée quand il opéra sa jonction avec la
1. Von Treuenfest, Historique du régiment d'infanterie n" 20 (Kaunitz), p. 308 (Schleifer, loc, cit., p. 35).
2. Riesch à l'archiduc Jean, 3 décembre 1800, 1 h. 30 soir [Billet au crayon sans indication de lieu de départ, Albaching vraisemblablement (K. K. Archiv, XII, 49)].
division Grouchy, qui marchait précisément sur Haag*. Jugeant, par le mouvement de cette division qui gagnait aisément du terrain, qu'elle pouvait se passer du concours d'autres unités, Decaen dirigea la plus grande partie de ses forces par Albaching sur Haag « afin de couper autant que possible l3S communications derennemiavecWasserburg- ». Il était environ 3 h. 30 de Taprès-midi.
Decaen venait de donner ces ordres quand le général Kniaziewicz, commandant la légion polonaise, lui manda qu'il était attaqué à Ghristoph par un corps d'environ 3.000 Autrichiens. Decaen lui prescrivit de tenir énergiquement. Kniaziew^icz fut d'ailleurs promptement dégagé par le niouvement de Decaen sur Albaching, qui, menaçant la droite et les derrières des Autrichiens, les obligea à la retraite. La nuit empêcha du reste Decaen d'atteindre Albaching 3. Riesch s'y était établi à la nouvelle de la défaite de Kollowrat; il avait envoyé Merveldt dans la forêt de Haag, avec deux bataillons et quelque cavalerie, pour couvrir son flanc droit. Il fut rejoint bientôt par un officier envoyé par l'archiduc Jean pour avoir des nouvelles de la colonne de gauche et savoir si elle progressait ou non. Dans le premier cas, l'archiduc, par un singulier optimisme, prévenait Riesch qu'il allait tenter une nouvelle attaque avec les restes de la colonne Kollowrat. Riesch se maintint alors au prix des plus grands sacrifices, affirme-t-il avec quelque exagération, sur les hauteurs de Kalteneck et de Schàtzl, et ensuite sur celles d'Albaching, jusqu'à la tombée de la nuit. Puis il se replia sur les hauteurs de Ramsau par Rechtmehring et Altdorf. Il
1. Darutte à Decaen, Haag, 14 frimaire. — Pour la division Grojchy, voir page 217.