CHAPITRE XIII
Les résultats de la bataille.
L'armée autrichienne séparée en trois groupes. — Ses pertes. — Grand nombre de prisonniers. — Appréciations de DessoUe sur la journée de Hohenlinden. — Emplacements de l'armée du Rhin dans la soirée du 42 frimaire. — Opérations du corps du Bas-Rhin. — Marches forcées exécutées par les troupes de Colaud. — Attaque d'Erding par les troupes de Meczery. — Espagne se replie sur Aufhauscn. — Les hussards volontaires.
A la fin delà journée, l'armée autrichienne était séparée en trois groupes : l'archiduc Ferdinand à Lengdorf, Kienmayer et Baillet en marche d'Isen sur Dorfen, les débris de la colonne Kollowrat et la division Riesch entre Haag et Ramsau*. L'archiduc Jean passa la nuit du 3 au 4 décembre à Haun. De là, il expédia à tous les corps l'ordre de gagner Mûhldorf le 4. Klenau, arrivé à Neustadt, devait repasser sur la rive gauche du Danube àRatisbonne. Meczery qui avait surpris, dans la nuit du 3 au 4, les petites garnisons françaises de Freising et de Nandlstadt, fait 120 prisonniers et capturé plusieurs voitures de munitions, fut invité à rétrograder vers Eggenfelden et Scharding^. C'était donc la retraite générale sur la rive droite de l'Inn '^,
Il n'en pouvait guère être autrement après les pertes considérables subies par l'armée austro -bavaroise : celles des Autrichiens s'élevaient à 978 tués, 3.687 blessés, 7.195 prisonniers, 50 bouches à feu, 85 caissons de munitions ; celles
L Rapport de l'archiduc Ferdinand, Neu-Oetting, 5 décembre (K. K. Archiv, XII, 77) ; Kienmayer à l'archiduc Jean, Isen, 3 décembre, 8 heures soir (I6id., XII, 53) ; Schwarzenberg à Kienmayer, 6 décembre (Ibid.^ XIl, 113) ; Frenel à Scbwarzenberg, Ehring, 6 décembre [[bid., XII, ad 113).
2. Œstreichiscke mililàrische Zeitschrift, 1836, t. IV, p. 35-37.
3. L'archiduc Jean à l'empereur François, Haun, 3 décembre (K. K. Archiv, XII, 43) ; à Meczery, Haun, 3 décembre {Ibid., XII, 57) ; Klenau à Parchiduc Jean, Geisenfeld, 5 décembre, 9 h. 30 matin [Ibid., XII, 9, supplément).
des Bavarois étaient de : 24 tués, 90 blessés, 1.754 prisonniers, 26 bouches à feu, 36 caissons K On remarquera, surtout dans le corps bavarois, la proportion considérable des prisonniers 2.
Dessolle donne des chiffres un peu supérieurs : 11.000 prisonniers^, dont 179 officiers, parmi lesquels les généraux Deroy et Spannochi ; 4 colonels, entre autres le prince de Ligne, et 100 bouches à feu. « L'histoire de la guerre, ajoutet-il, n'offre point d'exemple d'une aussi grande quantité d'artillerie de bataiHe prise sur une armée autrichienne dans une seule affaire^ )). Dessolle fait observer que la nuit sauva l'adversaire d'une « destruction totale )). Il est certain, en effet, que la bataille étant gagnée dès 4 heures de l'après-midi, on aurait disposé, dans une journée d'été, de quatre heures de jour encore pour poursuivre l'ennemi et exploiter complètement le succès remporté, sur toute la ligne. D'après Dessolle, les pertes de l'armée française n'étaient que de 1.200 hommes tués ou blessés. Son rapport ne mentionne pas les prisonniers, qu'on peut évaluer à 500 ou 600, d'après les rapports autrichiens et celui de Grenier ^.
(( Une victoire aussi décisive, déclare très justement Dessolle, doit être attribuée, sans doute, à la hardiesse et à l'habileté des premières dispositions, mais on ne saurait assez
1. K. K. Archiv, Xfl, ad 229 a. — Cf. OEstreiohische militàrische Zeitschrift, loG. cit., p. 35-36 ; Heilmann, loc. cit., p. 61. — Un état daté de Salzburg, 12 décembre 1800, évalue les pertes autrichiennes à : 1 général, 12 officiers supérieurs, 219 officiers subalternes, 10.724 liommes de troupe, c'est-à-dire à un total de 10:9o5 hommes, un peu inférieur à celui qui fut établi aussitôt après la bataille et qui s'élevait au chiffre de 11.860. La différence tient sans doute à des isolés qui rejoignirent leur corps. —La Relation des mouvements de l'armée autrichienne indique (c au delà de 11.000 combattants et 87 canons » (Carrion-Nisas^ loc. cit., p. 383). — Moreau donne les chiffres suivants : 80 bouches à feu, 200 caissons, 10.000 prisonniers (Moreau au Ministre de la guerre, Hohenlinden ,, 42 frimaire.)