Correspondance de Napoléon, n
LE PLAN d'ensemble DE BONAPARTE 17
Quand le mouvement de Macdonald commencera à inquiéter l'ennemi, Brune cherchera à franchir le Mincio entre Peschiera et Borghetto*. L'armée des Grisons devait d'ailleurs recommencer les hostilités le même jour que l'armée d'Italie ^. Par l'occupation de la Valteline, elle permettait à Brune de concentrer davantage ses forces et se trouvait en mesure de le seconder plus efficacement '^.
Le Premier Consul confirmait à Brune, le 18 brumaire an IX (9 novembre), cette coopération de Macdonald, qui avait reçu l'ordre « d'appuyer avec la plus grande partie de son armée dans la Valteline, pour tomber par Ponte di Legno sur Trente* )). Brune devait l'aider « en faisant marcher une bonne division par Lodrone jusqu'à Riva )). Ainsi, pensait Bonaparte, les Autrichiens ne pourraient disputer le passage du Mincio et résisteraient difficilement sur l'Adige^. De plus, une fois à Trente, Macdonald pourrait, par la suite, « coordonner les opérations de l'armée du Rhin et d'Italie^ ».
Mathieu Dumas, chef d'état-major de Macdonald, vint à Paris et présenta au Premier Consul des observations sur les difficultés de la tâche assignée à l'armée des Grisons en plein hiver, dans cette région montagneuse. Bonaparte, après l'avoir longuement interrogé, lui aurait déclaré : « Nous leur enlèverons, et sans combattre, cette immense forteresse du Tyrol : il faut manœuvrer sur leurs flancs, menacer leur dernier point de retraite; ils évacueront sur-le-champ toutes les hautes vallées. Je ne changerai rien à mes dispositions : retournez promptement, je vais rompre l'armistice; dites à Macdonald qu'une armée passe toujours et en toute saison partout où deux