Ibid., n
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hommes peuvent poser le pied. Il faut que, quinze jours après la reprise des hostilités, l'armée des Grisons se trouve aux sources de l'Adda, de TOglio et de TAdige; qu'elle ait tiré des coups de fusil sur le mont Tonale qui les sépare et qu'arrivant sur Trente, elle forme la gauche de l'armée d'Italie, et manœuvre de concert avec aile sur les derrières de celle de M. de Bellegarde. Je saurai porter à temps des renforts où ils seront nécessaires : ce n'est pas sur la force numérique d'une armée, mais bien sur le but, sur l'importanca de l'opération, que je mesure celle du commandement ^ )).
Chargé de garder Feldkirch et Coire, obligé aussi de se couvrir sur sa gauche vers l'Engadine, Macdonald était très préoccupé de la faiblesse numérique des forces qui lui resteraient pour marcher sur Trente^. « Vous lui ferez connaître, écrivait le Premier Consul au Ministre de la guerre, qu'il doit, pour Coire et Feldkirch, agir selon ce que fera l'ennemi ; que le rassemblement de l'armée du Rhin dans le fond de la Bavière devra nécessairement influer sur ses mouvements; que, du reste, s'il est sûr que les 6.000 hommes qu'il laissera à Coire et à Feldkirch tiennent en échec un pareil nombre d'ennemis, cela se trouvera être sans inconvénients majeurs ; qu'il préviendra simplement le général Brune de la force du corps qu'il aura dans la Valteline, afin que la division de la gauche de l'armée d'Italie, qui doit appuyer ses mouvements, soit d'autant plus forte que le corps qu'il aurait en Valteline serait plus faible^ )).
L'occupation de la Valteline par l'armée des Grisons procura d'ailleurs les deux avantages qu'en attendait le Premier Consul en obligeant l'armée autrichienna d'Italie à renforcer le corps
1. Mathieu Dumas, Précis des événements militaires, t. V, p. 153 154.
2. Mathieu Dumas au Ministre de la guerre, Zurich, 24 brumaire, et Rheineck, 1" frimaire (A. H. G., armée des Grisons).