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Bulletin historique de la division Montrichard

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à l'attaque « avec une bravoure sans exemple » et, sans tirer un coup de fusil, exécuta une charge à la baïonnette qui fut décisive. L'ennemi battit en retraite et fut poursuivi jusqu'à 5 kilomètres au nord de Kufstein. Gudin, qui ne devait pas aller plus loin, établit sa division : la droite à Mûhlbach, au sud d'Ober-Audorf ; le centre à Flintsbach ; la gauche à Reischenhart, se reliant à la division Montrichard vers Kirchdorf ; le quartier général à Brannenburg *.

Dans la journée du 17 frimaire, tous les matériaux nécessaires ayant été réunis à Redenfelden et à Kirchdorf, le passage de rinn fut fixé par Lecourbe au 18 frimaire, au point du jour, et les instructions les plus précises furent données à cet effet.

Le général Lemaire, commandant Tartillerie de l'aile droite^ fut chargé de placer les batteries pour protéger le passage. Le chef de bataillon du génie Galbois eut pour mission de présider aux travaux préparatoires dans la nuit du 17 au 18 2.

La division Montrichard, s'abstenant de tout mouvement dans la journée, devait être rendue le 18 frimaire, à 5 heures du matin, à l'ouest de Redenfelden, « en silence et sans feu » ; son artillerie serait mise à la disposition du général Lemaire, Un bataillon de la 38« resterait vers Rosenheim afin de faire réparer le pont aussitôt que Ton serait parvenu à écarter l'ennemi de la rive droite. Tous les sapeurs, aux ordres de l'officier du génie chargé de cette réparation, se joindraient à ce bataillon. La 84® passerait la première ; toutefois Montrichard était autorisé à a choisir un piquet de 150 hommes de chacune des 109® et 84® pour le premier débarquement ». Ce détache-

1. Gudin à Lecourbe, Brannenburg, 16 frimaire; Lecourbe à Moreau, Mondsee, 26 frimaire; Bulletin historique de la division Gudin; Mémoires militaires du général Dellard, p. 174 et suiv. — Les pertes de la journée étaient de 1 tué, 10 blessés.

2. Bulletin historique de l'armée du Rhin, du 11 au 20 frimaire; Lecourbe à Lemaire, Aibling, 17 frimaire.

ment serait placé sous le commandement d'un « officier supérieur ferme, vigoureux, intelligent )), et s'efforcerait d'abord de s'emparer d'un bois situé au nord-est du point de passage et des hauteurs de Neubeuern, « de manière à bien couvrir l'établissement du pont ». A la suite de la 84® passerait un bataillon de la 36% détaché de la division Gudin et destiné k garder la position de Neubeuern. Montrichard disposerait ainsi de toute sa division, avec quelques pièces de 4 ^, pour mai'cher sur Rohrdorf et sur Stephanskirchen, afin de faire tomber la défense de Rosenheim et de faciliter ainsi la traversée de la rivière aux divisions du centre. Pendant ce temps, quatre bataillons de la division Gudin longeraient la rive orientale du Sims-See pour déborder la gauche de l'ennemi et lui couper la retraite vers l'est-.

La division Gudin devait constituer deux groupes. D'une part, le général Laval aurait le commandement des troupes restant sur la rive gauche de l'Inn : un bataillon de la 10® légère et une compagnie du 7® hussards établis à Tegernsee et à Lenggries ; un bataillon de la 36®, un de la 37®, un escadron du 7® hussards et deux pièces de position chargés de couvrir la direction de Kufstein en se maintenant sur leur emplacement au sudd'Ober-Audorf. D'autre part, le général Puthod, avec sa brigade renforcée par deux bataillons de la 36® et deux escadronsduS® hussards, serait rendu à l'ouest de Kirchdorf le 18, à 5 heures du matin, « sans feu et en silence ». L'artillerie de la division serait, comme celle de Montrichard, k la disposition du général Lemaire, près de Kirchdorf, à 4 heures du matin. « Le pont une fois bien établi », tandis que la division Montrichard se porterait à l'attaque de la position de

1. Lecourbe doutait que des pièces d'un autre calibre pussent passer par Rohrdorf.

2. Lecourbe à Montrichard, Aibling, 17 frimaire.— Lecourbe eut en outre, avec Montrichard, dans la journée du 17, un entretien où tous les points de détail furent arrêtés.

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Stephanskirchen,la division Gudin longerait la rive orientale du Sims-See et gagnerait la route de Rosenheim à Traunstein, afin de couper à l'adversaire la retraite par Endorf .

Lecourbe terminait ainsi ses instructions à Gudin : « Vous mettrez le plus grand silence et le plus grand secret dans les mouvements; on devra redoubler de surveillance la nuit et le jour pour empêcher la circulation des espions * ». Il fut interdit aux paysans d'approcher de l'inn, afin d'éviter toute communication avec les Autrichiens et, en particulier, toute indiscrétion sur l'arrivée de l'équipage de ponts -.

Enfin, Lecourbe invita Decaen à se tenir prêt et Grouchy à se mettre en marche pendant la nuit, de façon à arriver au point du jour a l'ouest de Rosenheim, à la croisée des routes de Rosenheim et de Kufstein. Lecourbe pensait que ces divisions du centre suivraient son mouvement non par Neubeuern, mais bien par Rosenheim, dont il ferait promptement réparer le pont « après avoir balayé la rive droite ^ ».

Le corps autrichien Riesch, chargé de la défense de Tlnn entre Kufstein et Wasserburg^ s'était porté, par Mùhldorf, Kraiburg et Wasserburg, sur Hartmansberg, que la cavalerie et une partie de l'infanterie avaient atteint dans l'après-midi du 6 décembre (15 frimaire). Le reste de l'infanterie, abattu par la fatigue et les privations de toute sorte, n'avait pu suivre et ne rejoignit que le lendemain. Le total des forces réunies à Hartmansberg était de douze bataillons et vingtquatre escadrons. Riesch ne connaissait nullement le secteur dont il avait la garde, pas plus d'ailleurs que les ofïiciers d'étatmajor qu'il avait auprès de lui ; il manquait de renseigne-

1. Lecourbe à Gudin, Aibling, 17 frimaire. — Cf. Gudin à Laval et à Puthod, Brannenburg, 17 frimaire.

2. L'adjudanl-commandant Porson, chef d'état-major de l'aile droite, à Gudin, Aibling, 16 frimaire.

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