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DE L INN A LA SALZACH

prix des plus grands efforts, releva bien peu le moral des hommes, puisque, le deuxième jour, on ne pouvait plus les faire avancer et que quelques détachements ennemis, qui s'étaient perdus, les mirent sans peine dans la plus complète déroute; enfin, tous ne cessaient de se plaindre des maux et des difficultés de la guerre. Ils souhaitaient le repos, et à chaque occasion se croyaient sacrifiés * ».

L'armée d'opérations avait, il est vrai, depuis le 28 novembre, perdu 13.785 hommes, dont 1.448 cavaliers '^.

Au quartier général de Moreau, on savait, le 19 frimaire {10 décembre), par un rapport d'émissaire, confirmé par les interrogatoires des prisonniers et des déserteurs, que le.découragement des Autrichiens était « au plus haut degré », et que leur seul espoir résidait dans l'intervention du corps de Hiller débouchant du Tyrol sur le flanc droit de l'armée du Rhin^. On connaissait également la direction qu'avaient prise les troupes auxquelles on avait eu affaire la veille à Rosenheim et à Stephanskirchen, et l'on était à peu près tixé sur leur composition ^.

D'autre part, « il s'agissait... de se porter rapidement sur la Salzach, pour que l'ennemi, encore étonné du passage de rinn, cette première et formidable barrière, n'eût pas le temps de s'y former et de songer à des projets de défense^ ».

En conséquence, Lecourbe reçut, dans la matinée du 19 frimaire, l'ordre de se porter sur Seebruck et de pousser, si possible, une avant-garde sur la rive gauche de l'Alz. Il fut prévenu que la division Grouchy, rassemblée d'abord à l'est

1. Situation de l'armée au 10 décembre (K. K. Archiv, XII, 171).

2. L'archiduc Jean au Conseil aulique, Teisendorf, 10 décembre {Ibid., Xll, 187). — Cf. p. 235.

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