CHAPITRE VI
Combat de Strass'walchen.
Moreau prescrit de poursuivre énergiquement. — Sainte-Suzanne chargé de manœuvrer entre l'Isar et l'Inn inférieurs. — Découragement de l'archiduc Jean. — L'archiduc Charles appelé au commandement de l'armée. — Il ordonne la retraite sur Frankenmarkt. — Richepance attaque l'arrière-garde autrichienne. — Prompt succès de ses troupes. — Lecourbe dirigé sur le Mondsee et Gmunden pour faire tomber la ligne de la Traun. — Instructions envoyées à Grenier. — Les divisions de l'aile gauche, le 25 frimaire.
Tandis que Tarmée autrichienne précipitait sa retraite parla route de Salzburg à Linz, Moreau, ne voulant pas lui laisser le temps de se reconstituer, donnait des ordres pour la poursuivre énergiquement. Il laissait, il est vrai, derrière lui dans le Tyrol un corps ennemi d'une vingtaine de mille hommes, qui pouvait encore s'accroître par des renforts venus d'Italie, et déboucher, soit par Scharnitz pour se porter sur Munich, soit par Kufstein pour menacer Salzburg. Cette éventualité ne laissait pas d'être redoutable pour la ligne de communication très étendue de Moreau. Mais l'armée autrichienne, battue à Hohenlinden, était si ébranlée, si démoralisée, si peu confiante dans le commandement suprême *, que Moreau crut pouvoir s'avancer sans danger jusqu'au delà de l'Enns, et l'exterminer avant qu'il s'établît un concert d'opérations entre les corps qu'il laissait sur son flanc droit et sur ses derrières 2 ». Il se borna donc à masquer, au moyen de quelques détachements, les débouchés utilisables par l'ennemi.
Pour couvrir en même temps le flanc gauche de la ligne de communication, le lieutenant général Sainte- Suzanne fut chargé de manœuvrer entre le bas Isar et le bas Inn. Il devait
1. « L'ennemi, officiers et soldats, sont d'une humeur de diable contre l'archiduc Jean » (Decaen à Lahorie, Waging, 21 frimaire).