Rapport de Dessolle
2. L'archiduc Jean à Hiller, Strasswalchen, 15 décembre (K. K. Archiv, XII, 278).-
3. L'archiduc Jean à l'archiduc Charles, Strasswalchen, 15 décembre (ibid., XII. 283).
4. L'archiduc Jean à l'Empereur, Strasswalchen, 15 décembre (Ihid.^ XII, 285),.
5. L'Empereur à Tarchiduc Charles, Vienne, 9 décembre (E. A. A.) (autographe) {Hùlîer, loc. cit., t. II, p. 482).
L'archiduc Charles avait conscience de la lourde tâche qu'il fallait assumer ; néanmoins, par dévouement à l'Empereur et à son pays, il accepta aussitôt. Dès le 11, il répondit qu'il se proposait de partir de Prague le 14 pour se rendre à l'armée ^ L'archiduc Jean fut informé de la décision du souverain : il lui fut recommandé, jusqu'à l'arrivée de l'archiduc Charles, d'éviter toute bataille, en cherchant toutefois à faire le plus de mal possible à l'ennemi -.
La retraite de l'armée autrichienne s'effectua dans la soirée du 14 décembre et dans la nuit du 14 au 15 : la division Baillet formant tête de colonne, suivie de la division Riesch, suivie elle-même de la division Kienmayer. Les camps furent établis, non sans désordre, au sud de Neumarkt, de part et d'autre de la chaussée. L'arrière-garde, sous les ordres de Lôpper, s'arrêta momentanément à Strass, à la bifurcation de la route qui conduit au Mondsee par Thalgau. Les troupes étaient exténuées 3.
Dans l'après-midi du 15, l'archiduc Jean donna des ordres pour la continuation de la retraite surFrankenmarkt. Le corps de réserve devait partir à 6 heures du soir ; il serait suivi à minuit parla division Kienmayer. La division Riesch s'ébranlerait le 16 décembre à 6 heures du matin; la division Baillet s'établirait à la même heure en arrière de Neumarkt, prête à recueillir et à soutenir l'arrière-garde.
En quittant Strasswalchen le 16 pour aller à Vôcklamarkt,
1. L'archiduc Charles à TEmpereur, Prague, 11 décembre (E. A. A., 19, autographe) (HûfEer, loc. cit., t. II, p. 484-485).
2. L'Empereur à rarchiduc Jean, Vienne, 14 décembre (K. K. Archiv, XII, 56o) (Hùffer, loc. cit., t. II, p. 486). — « Quel malheur que l'archiduc Charles soit venu ■si tard à l'armée! Si sa santé l'avait permis à S. A. R. quand V. E. s'est rendue à Prague, les choses auraient été beaucoup mieux que sous Lauer, qui me parait meilleur ingénieur que général )) [Cobenzl à Colloredo, Lunéville, 27 décembre 1800 (Vivenol, loc. cit., t. II, p. 354)].
3. Riesch à l'archiduc Jean, Neufahrn, 15 décembre (K. K. Archiv, XII,280) ; l'archiduc Jean à Lôpper, Strasswalchen, 15 décembre (Ibid., XII, 291).
4. Dispositions pour la retraite sur Frankenmarkt, Strasswalchen, 15 décembre {Ihid., XII, 293).
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l'archiduc Jean envoya à Baillet ses dernières recommandations. Il l'adjurait de faire tous ses efforts, avec sa division et Tarrière-garde de Lôpper, pour se maintenir toute la journée du 16 à Neumarkt. S'il ne pouvait résister, il ne devait battre en retraite que très lentement et, en tout cas, prendre une nouvelle position à Mûhlham^
Le 25 frimaire (16 décembre), dès 7 heures du matin, la division Ricbepance se mit en marche sur Strasswalchen. Après avoir refoulé quelques fractions ennemies, elle se trouva, vers Henndorf, en présence de Tarrière-garde de Lôpper, et l'aborda aussitôt avec la plus grande vigueur. La brigade Sahuc s'avança par la route môme, la brigade Lorcet à sa droite, la brigade Drouet à sa gauche. Gravissant les hauteurs situées entre la route et le Seekirchner-See, avec deux bataillons de la 27® et un de la 14® légère, le général Drouet culbuta en peu de temps la droite ennemie. Ce succès fut si prompt, que les brigades Sahuc et Lorcet eurent beaucoup de peine, malgré la rapidité de leur marche et de leur déploiement, à joindre Tennemi, qui se retirait avec précipitation. Mais, comme, suivant l'expression de Ricbepance, « le courage donne sûrement plus de jambes que la peur », toutes les troupes de la division s'engagèrent contre les troupes de Baillet, qui avait recueilli Lôpper. La brigade Lorcet, composée de la 8® demi-brigade de ligne, du 5® hussards et de cinq bouches à feu d'artillerie légère, fit essuyer des pertes considérables à l'ennemi. Elle s'empara de trois pièces de canon : deux avaient été démontées par nos canonniers dont, écrit Ricbepance, a on ne peut assez vanter l'adresse, qu'en disant qu'elle égale leur courage ». Le général Sahuc, à la tête de la 48® et du 1®^ régiment de chasseurs, marcha par la grande route avec tant de rapidité jus-
1. L'archiduc Jein à Baillet, Strasswalchen, IG décembre {Iv. K. Archiv, XH, 309).
qu'au delà de Strasswalchen, que les fractions ennemies de la miroite et de la gauche furent coupées et obligées de se jeter dans les bois. A 4 heures du soir, Baillet abandonnait les hauteurs de Strasswalchen ; il fut poursuivi jusqu'à une demi-lieue de Mûhlham. Les pertes des Autrichiens étaient de 500 à 600 hommes; une foule d'hommes, qui combattaient dans les bois, s'étaient débandés et enfuis vers Frankenmarkt, de sorte que Baillet avait bien avec lui tous ses bataillons, mais il ne lui restait pas la moitié de ses soldats ^.
Ce combat enleva à l'archiduc Jean le dernier espoir qui lui restait. Le 16 décembre au soir, il écrivait au Conseil aulique que l'armée, après toutes les pertes qu elle avait subies et toutes les fatigues qu'elle endurait depuis le 21 novembre, était incapable de résister sérieusement à l'ennemi acharné à sa poursuite, et qu'il considérerait comme un grand bonheur de pouvoir atteindre les positions au delà de la Traun avant que les Français ne l'eussent forcé à livrer bataille 2.
La division Richepance passa la nuit à Strasswalchen. La division Decaen, qui l'avait suivie, cantonna à Neumarkt et dans les localités voisines; la division Grouchy à Seekirchen et environs. La division de cavalerie d'Hautpoul était encore à l'ouest de Salzburg, à Siezenheim^.
Suivant les prescriptions de Moreau, Lecourbe devait laisser ^ntre Hallein et Salzburg le général Gudin avec les trois bataillons de la 38® demi-brigade, un bataillon de la 36% le
1. Rapport de Dessolle du 24 frimaire au 4 nivôse; Richepance à Moreau, Strasswalchen, 26 frimaire; Rapports de Baillet, 3Iùhlham, 16 décembre, 6 h. 30 soir et 7 h. 30 soir (K. K. Archiv, XH, ad 312 et 313). — Le Bulletin historique de l'armée évalue le nombre des prisonniers à 871. Dans son rapport, reproduit par Carrion-Nisas, Dessolle indique a près de 2.000 prisonniers )), chiffre qui semble exagéré. Dans une lettre adressée au Ministre de la guerre, le 25 frimaire, Dessolle mentionne 203 prisonniers seulement.
2. L'archiduc Jean au Conseil aulique (Vôcklamarkt, 16 décembre, 8 heures soir (K. K. Archiv, XII, 305).
3. Bulletin historique de l'armée; Decaen, Mémoires inédits; Lahorie à Grouchy, Salzburg, 24 frimaire. — La division Decaen laissait à Salzburg un bataillon et deux escadrons sous le commandement du général Durutte.
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S^ hussards et une demi-compagnie d'artillerie légère, afin de couvrir la route de Rottenmann et les débouchés du Tyrol. Gudin devait jeter des partis sur toutes les routes dangereuses, (( aussi loin qu'il pourra découvrir les mouvements de l'ennemi * )).
Il était à prévoir que la marche de l'armée vers Vienne obligerait les Autrichiens à dégarnir le Vorarlberg ; aussi Molitor reçut-il l'ordre de se rapprocher de l'Inn, d'envoyer à Gudin une demi-brigade, la 83®, et de ne conserver que huit bataillons. « Bornez-vous, lui mandait Lecourhe, à couvrir mes communications et à empêcher l'ennemi de déboucher. .. L'ennemi ne tient plus devant nous, son armée est en désordre et se retire sur Linz; nous le suivons, et je pense que bientôt ces succès nous assureront la paix ^ )).
Lecourbe, avec les forces qui lui restaient^, fut dirigé par Moreau sur le Mondsee ; de là, il devait se porter sur Gmunden, y passer la Traun, « et se trouver ainsi sur le flanc de l'ennemi, s'il voulait défendre cette ligne qui est assez bonne* ».
En conséquence, dans la soirée du 25 frimaire, Montrichard s'établit à l'est de Thalgau, où il fut rejoint par la brigade Puthod, de la division Gudin, qui constitua désormais la troisième brigade de la division Montrichard ^.
Les instructions envoyées à Grenier étaient de rejoindre la route de Ried à Wels, en masquant Braunau et Burghausen, €t faisant même une tentative sur cette dernière place par la rive droite de la Salzach<5. Grenier fit connaître à Moreau
1. Dessolle à Lecourbe, Salzburg, 24 frimaire; Gudin à Puthod, Helibrunn 25 frimaire ; Lecourbe à Gudin, Salzburg, 25 frimaire.