Hûffer, loc. cit., t. II, p
l'armée d'Italie, ce qui est de la plus haute importance. Il va de soi que si l'ennemi te suivait et ne menaçait pas beaucoup le Tyrol, ce qui me semble peu probable, Hitler et Aufïenberg réunis mettront tout en œuvre pour l'empêcher de pousser plus avant, en menaçant ses communications...
» Je te recommande surtout de couvrir les derrières de l'armée d'Italie.
» J'attends avec impatience des nouvelles de l'armée et de tes projets. Dis-moi aussi où en est la légion en Bohême et en Moravie. D'ici, je peux, en cas d'extrême besoin, t'envoyer encore 20.C00 « insurgés « que je ferai venir de Hongrie, trois ou quatre bataillons et huit escadrons de cavalerie. Les « insurgés )) ne sont certainement pas ce qu'ils devraient être; mais, dans le besoin, on fait flèche de tout bois.
)) En règle générale, arrête l'ennemi autant que tu le pourras, pour gagner du temps, et ne te laisse aller à aucun engagement décisif où tu ne serais pas sûr du succès.
» Si tu crois qu'il est temps de mettre Vienne en état de défense, envoie-moi le feld-maréchal-lieutenant Zoph et le général-major de Vaux avec les ingénieurs nécessaires* ».
Les ordres donnés par Moreau pour la journée du 28 frimaire (19 décembre) avaient pour objet la convergence sur Wels des colonnes du centre et de l'aile gauche. Richepance, suivi par Decaen, devait s'y porter par Lambach et la vallée de la Traun ; Grouchy constituerait la réserve en poussant jusqu'à Lambach-. (( Il faut, écrivait Lahorie à Decaen, achever l'armée ennemie par des marches non interrompues ». Grenier, partant de Ried, déboucherait sur V^els par la route de Schârding ; il lui était prescrit de hâter son mouvement, s'il entendait le
1. L'Empereur à l'archiduc Charles, Vienne, 18 décembre [K. K. Archiv, XII, 566 (Hùlïer, loc. cit., t. II, p. 488-490)].
2. Lahorie à Richepance, à Decaen, à Grouchy, Frankenmarkt, 27 frimaire.
bruit d'un engagement à Wels *. Enfin, Lecourbe, dont la tête de colonne, retardée par les mauvais chemins, n'avait atteint que Schôrfling au lieu de Gmunden, devait se diriger sur Kremsmûnster. Moreau lui recommandait de ne pas se compromettre, parce qu'il était possible que la masse des forces ennemies, particulièrement l'infanterie, suivit la route de Wels à Steyer -. Lecourbe, n'ayant pas reçu cet ordre en temps utile, prit, le 28 au matin, l'initiative de pousser les troupes le plus loin possible sur Kremsmûnster et Kirchdorf ; il entrait ainsi parfaitement dans les vues du général en chef •^.
Le 28 frimaire (19 décembre), la division Richepance se mit en marche avant le jour, par la grande route de Wels. La brigade Drouet^ qui se trouvait en tête, avec les 1^^ et 11® chasseurs et le 5® hussards, rencontra l'ennemi à l'ouest de Lambach, à l'embranchement des routes de Ried et de Schwanenstadt. Meczery avait pris position en ce point, à cheval sur la chaussée ; un bataillon occupait les ponts deLambachet deStadl^. Le combat s'engagea de suite avec une certaine violence, et les troupes autrichiennes firent d'abord bonn^ contenance, exécutant même des charges de cavalerie dès que l'infanterie française devenait trop pressante. Les brigades Sahuc et Sarrut arrivaient et allaient se déployer dans la plaine derrière la gauche de la première ligne, a lorsque nos soldats, las de cette résistance opiniâtre, courent à l'ennemi, l'enfoncent et le jettent sur Lambach, où on lui prend 1.200