Decaen, Mémoires inédits
2. On retrouve ces considérations très justes dans d'autres docuinenls : Dessolle au Ministre delà guerre, Steyer, 5 nivôse ; Moreau à Reynier, Salzburg, ;2 pluviôse ; Moreau à Macdonald, Steyer, 5 nivôse.
Morëau, plus nous avancerons, et plus nous nous engagerons sans appui dans les Etats de TAutriche, et plus nous nous rapprocherons des forces qu'elle peut encore réunir et concentrer pour arrêter nos succès. Or, puisqu'ils veulent enfin la paix, il vaut beaucoup mieux en traiter au plus tôt que de les réduire au désespoir et nous exposer nous-mêmes aux chances de la guerre, qui peuvent aussi nous devenir contraires * ».
Merveldt n'avait pas « de pouvoirs suffisants pour conclure un armistice 2». n obtint pourtant de Moreau, « par considération » pour l'archiduc Charles, la promesse qu'il n'y aurait pendant vingt-quatre heures, à partir du 20 décembre au soir, a aucun mouvement au delà de la Krems^ ». En rendant compte de ce résultat à l'archiduc, Merveldt concluait en diplomate : « Je ne me presse pas trop d'entamer les négociations, pour gagner au moins la journée d'aujourd'hui, ce qui pourrait manquer si je m'expliquais trop tôt. Je ferai tout mon possible pour obtenir l'Enns et Steyer comme démarcation et pour conserver une sorte de communication avec le Tyrol par Rottenmann^ )).
A son départ de Paris, Moreau avait été autorisé par le Premier Consul « à faire un armistice, si la maison d'Autriche consentait à traiter sur-le-champ de la paix, sans l'influence de l'Angleterre^ ».
Le 30 frimaire (21 décembre), Moreau consentit à accorder une suspension d'armes de quarante-huit heures, temps nécessaire à l'archiduc Charles pour recevoir pleins pouvoirs de Vienne et pour savoir si l'Empereur était décidé à faire la paix, quelle que fût a la détermination de ses alliés^ ».