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CHAPITRE X

Armistice de Steyer.

La retraite de l'armée autrichienne derrière l'Enns. — Continuation de la poursuite dans la journée du 30 frimaire. — L'aile gauche marche • sur Enns par la grande route de Vienne. — Mouvements de l'armée du Rhin le 1" nivôse. — L'armée autrichienne se replie sur Amstetten. — A l'expiration de l'armistice, le 3 nivôse, l'armée française reprend sa marche. — L'archiduc Charles a réussi à se mettre hors d'atteinte. — Moreau à moins de 20 lieues de Vienne. — L'armée autrichienne incapable d'une résistance sérieuse. — L'Empereur décidé à conclure la paix indépendamment de l'Angleterre. — Suspension d'armes de Steyer. — La ligne de démarcation. — Dures conditions imposées à l'Autriche. — Raisons invoquées par l'archiduc Charles pour y souscrire. — Traité de Lunéville. — Résultats de la campagne.

Dans la soirée du 20 décembre, l'archiduc Charles donna des ordres pour la retraite derrière l'Enns. L'armée, formant deux colonnes, devait s'ébranler le 21 à 6 heures du matin*. A droite, les divisions Baillet et Kienmayer, suivant la grande route de Kremsmûnster à Steyer, franchiraient l'Enns sur le pont de bois de cette dernière ville. A gauche, le corps de réserve et la division Riesch, passant par Droissendorf et Pachschallern, utiliseraient un pont de bateaux construit sur l'Enns à hauteur de Gleink. L'arrière-garde, sous les ordres de Schwarzenberg, devait se maintenir « aussi loin que possible de l'armée » et s'efforcer, si elle était contrainte de céder le terrain, de ne pas reculer au delà des plateaux situés à l'est de Hall. L'archiduc Charles faisait des recommandations pour obtenir une certaine discipline dans les colonnes : (( Les généraux veilleront surtout à ce que, dans les défilés, les hommes marchent régulièrement... Le règlement et l'expérience fournissent assez de moyens ; mais l'exécution demande

1. L'armée autrichienne campa, le 20 au soir, en deux points : Eisengarten et Strasswirthshaus, qui ne sont pas portés sur la carie au 1/75.000 de l'état-major' autrichien.

la présence et une activité inlassable de la part des chefs. Le devoir et l'honneur l'exigent; aussi je compte sur les plus grands efforts de tous pour obtenir Tordre et la cohésion dans chaque colonne* ».

D'après un rapport d'émissaire, ces prescriptions furent peu observées : a L'armée autrichienne marcha sur Steyer dans un tel désordre qu'il fut impossible de dénombrer les régiments dont elle était composée il y a quinze jours ^ ».

Le 30 frimaire (21 décembre), l'armée du Rhin reprit sa marche vers l'Enns. Le général Lecourbe se porta sur Steinbach, afin de pouvoir passer la Steyer et l'Enns en amont de Steyer et de tourner ainsi la ligne de défense que les Autrichiens prendraient derrière l'Enns. Il établit ses troupes de manière à pouvoir se porter sur Steyer dès la matinée du lendemain 3.

Richepance quitta, au point du jour, ses bivouacs des environs de Kremsmûnster et se dirigea sur l'Enns, serrant de près les Autrichiens, qui, dans leur retraite précipitée, abandonnèrent près de 2.000 prisonniers, 14 pièces de canon, environ 100 caissons de munitions et près de 200 chariots attelés à quatre chevaux. A 6 heures du soir, Richepance occupait Steyer, où l'avaient devancé d'ailleurs les chasseurs de la 14® chargés de s'emparer de suite du pont de l'Enns, que l'on trouva à peine endommagé*.

Schwarzenberg, après avoir fait les plus grands efforts pour sauver son matériel, passa sur la rive droite. « Je ne conçois pas, écrivait dans la soirée Richepance à Moreau, comment, d'après tout ce dont je suis témoin, l'ennemi n'en passe pas

1. Disposition pour la retraite derrière l'Enns, Sierning, 20 décembre (K. K. Archiv, XII, 386).

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