Decaen à Moreau, Neuhofen, 30 frimaire
<( dans le plus grand ordre et en disputant le terrain pied à pied » jusqu'à ce qu'il rencontrât les têtes de colonnes d'infanterie. L'ennemi rétrograda alors sur Enns, abandonnant 340 prisonniers. Dans la soirée, un bataillon de la 16® demi-brigade et le 12® régiment de cavalerie, détachés sur Enns, prirent possession de cette ville que l'ennemi avait évacuée depuis midi et où Ton trouva des magasins immenses *. La division Legrand prit ses cantonnements échelonnés de Rohrbacli à Neubau par Ebelsberg. La division Ney s'établit aux environs de Wels ; la division Bonnet alla cantonner à Eferding 2.
Un équipage de ponts, sous les ordres du capitaine Nègre, comprenant dix-huit pontons et leurs agrès, six bateaux, une nacelle, une forge et deux baquets de rechange, avait suivi l'armée en se maintenant à un jour de marche du quartier général. Le 30 frimaire, il stationnait à Lambach ^,
Mettant à profit le répit que lui laissaient les Français, l'archiduc Charles, dont le quartier général était à Salaberg, donna pour le 22 décembre des instructions pour la retraite sur Strengberg. Le mouvement devait se faire en deux colonnes : divisions Baillet et Kienmayer à droite ; corps de réserve et division Riesch à gauche. L'arrière-garde, aux ordres du prince de Schwarzenberg, se maintiendrait le plus longtemps possible sur la rive droite de l'Enns, près de Steyer, ce qui, selon l'archiduc, lui serait d'autant plus facile que tous les ponts de la Steyer et de l'Enns auraient été coupés ou détruits et ne pourraient être rétablis qu'avec les plus grandes difficultés. Le commandant en chef recommandait à nouveau de veiller à l'ordre et à la cohésion des colonnes *.
1. Mathieu -Fa viers au Ministre de la guerre et à Moreau, Kremsmûnster» 3 nivôse.
2. Bulletin historique de l'armée du Rhin ; Dispositions militaires de l'aile gauche.
3. Éblé à Nègre, 26 frimaire ; le même au même, Wels, 29 et 30 frimaire.
4. Disposition pour la retraite de Steyer à Strengberg, Salaberg, 21 décembre <K. K. Archiv, XII, 403).
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Merveldt rejoignit le quartier général autrichien le 22 décembre, vers midi. Les quarante-huit heures d'armistice accordées parMoreau comptaient à partir de ce moment*. L'archiduc mit Schwarzenberg au courant de la situation et lui fit connaître la condition restrictive imposée par le général français : pendant ces quarante-huit heures, les troupes impériales ne pourraient s'opposer à ce que l'avant-garde de Tarmée adverse franchît TEnns.
« L'ennemi, écrivait l'archiduc, quand il a exprimé ce désir, supposait que les ponts de l'Enns existaient encore. Vous pourriez peut-être, si le commandant de l'avant-garde ennemie demande le libre passage, faire en sorte qu'il se contente d'occuper la rive gauche pendant les quarante-huit heures de l'armistice. Mais s'il veut absolument passer l'Enns avant que les quarante-huit heures soient écoulées, vous laisserez passer son avant-garde et lui abandonnerez la rive droite. Dans ce cas, vous ferez observer l'ennemi par de légers postes de cavalerie, et, avec votre avant-garde, vous irez vous établir dès demain à Haag où vous attendrez mes ordres 2 ».
La route de Strengberg à Amstetten était absolument encombrée par une multitude de voitures, et l'armistice allait permettre d'en évacuer une grande partie^. L'archiduc Charles considérait d'ailleurs comme inacceptables les conditions de Moreau relatives au Tyrol, et il les aurait immédiatement rejetées si les circonstances n'avaient impérieusement exigé qu'il fît tout pour gagner du temps, dérober une marche.
1. L'archiduc Charles à Moreau, Strengberg, 22 décembre, midi [K. K. Archiv, Xn, ad 57^ b (Hûfïer, loc. cit., t. Il, p. 500)].
2. L'archiduc Charles à Schwarzenberg, Strengberg, 22 décembre, 3 h. 30 soir (K. K. Archiv, Xlf, 447).
3. L'archiduc Charles au Conseil aulique, Strengberg, 22 décembre {Ibid., XII, 440).
sauver son artillerie et ses convois, et donner quelque repos à ses troupes ^
Le 1®' nivôse au matin (22 décembre), Lecourbe quittait Steinbach pour continuer sa marche en avant et passer FEnns à Steyer, lorsqu'il reçut l'avis qu'un armistice de quarantehuit heures avait été conclu. Il fit stationner ses troupes à Steyer et à l'ouest, occupa cette ville et poussa une avant-garde sur la rive droite, afm de pouvoir déboucher sans retard à l'expiration de la trêve. Conformément aux ordres de Moreau, la division Montrichard prit ses dispositions pour manœuvrer par sa droite en suivant la route de Steyer à Leoben^
La division Richepance se maintint à Steyer ^ ; la division Decaen conserva également ses emplacements de la veille, prête à se porter soit sur Steyer s,oit sur Enns ; la division Grouchy renvoya une brigade à Kremsmûnster, afin d'avoir de meilleurs cantonnements, mais elle poussa sur Steyer le 4^ hussards et la 108® demi-brigade, afin de soutenir éventuellement Richepance^.
A l'aile gauche, la division Legrand, échelonnée la veille de Hohrbach à Neubau, se mit en marche dès 6 heures du matin dans la direction d'Enns. A la nouvelle de l'armistice, elle cantonna depuis Enns, où s'établirent deux bataillons avec le quartier général, jusqu'à Ebelsberg exclus. A Tillisburg, un détachement de 80 hommes s'empara de 3.000 fusils, 3.500
1. L'archiduc Charles à l'Empereur, Strengberg, 22 décembre (K. K. Archiv, XII, 572).
2. Bulletin historique de l'armée, du !•' au 10 nivôse ; Moreau à Lecourbe, Wels, 30 frimaire ; Lecourbe à Montrichard, Kremsmûnster, 1" nivôse, 2 heures matin. — Dans cette lettre à Montrichard, Lecourbe disait : « Donnez les ordres les plus précis pour que les troupss ne commettent aucun excès dans les communes que Tennemi aura évacuées devant votre ligne, afin de vous procurer des ressources momentanées )).
3. Par ordre de l'archiduc Charles, les Autrichiens aidèrent les sapeurs de Richepance à réparer le pont (Richepance à Moreau, Steyer, 2 nivôse).
4. Richepance à Moreau, Steyer, 1" nivôse, 19 h. 30 matin ; Decaen à Moreau <sans indication de date et de lieu) ; Grouchy à Lahorie, Mengersdorf, !•' nivôse, 1 heure matin.
carabines de hussards, 2.200 paires de pistolets, 110 carabines à deux coups, 110 lances et une grande quantité d'accessoires.
La division Ney, passant la Traun à Ebelsberg, s'établit le long de la rive gauche de l'Enns, au nord de Steyer, jusqu'à son confluent avec le Danube. La division Bonnet, venant d'Eferdingr stationna sur la rive gauche de la Traun à Linz et dans les localités au sud-ouest *. Legrand et Ney firent travailler très activement au rétablissement du pontd'Enns, détruit par les Autrichiens. Ney poussa une avant-garde sur la rive droite par les gués de Kronstorf et d'Enns, et au moye» de bateaux 2.
Le lieutenant-général Sainte-Suzanne, qui couvrait vers le nord, vis-à-vis de Klenau, la ligne de communication de l'armée 3, reçut l'ordre de porter ses troupes à Passau ; de démolir les fortifications de Mûhldorf, Burghausen, Wasserburg et Kraiburg; enfin de détruire les ponts du Danube entre Ratisbonne et Linz *.
Le 2 nivôse (23 décembre) toute l'armée conserva ses emplacements, sauf la division Decaen qui, « pour entrer en ligne », se porta de Kematen et de Neuhofen sur Steyer où elle franchit l'Enns et s'établit sur la rive droite en poussant une avant-garde dans la direction de Haag. La division de cavalerie d'Hautpoul vint stationner à Ebeisberg ^.
Lecourbe reçut des instructions en vue d'une reprise des hostilités. « Placé sur l'Enns, lui mandait Moreau, entre les routes de Rottenmann et celle de Radstadt, vous êtes destiné
i. Bulletin historique de l'armée; Dispositions militaires de l'aile gauche. — (( Je vous réponds, écrivait Grenier la veille, que la moitié de mon coi-psd'armée sera jlemain sur l'Enns et le restant à Ebeisberg )) (Grenier à Moreau^. Linz, 30 frimaire).