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Unendlich hart und àiisserst schmerzlich

•et si douloureuses ^soient-elles — parce que, dans un court laps de temps, elles seraient encore plus pénibles et plus rigoureuses^ ».

François II se rallia à ce sage conseil et accepta enfin la paix que Bonaparte lui avait offerte à plusieurs reprises. Le traité de Lunéville fut signé le 9 février 1801. L'Empereur cédait à la France la Belgique, le Luxembourg, les Etats allemands de la rive gauche du Rhin. Il reconnaissait l'indépendance des républiques ligurienne, cisalpine, helvétique et batave, et reconnaissait le droit pour la France de dédommager les princes allemands par la sécularisation des domaines ecclésiastiques. La Toscane et le duché de Modène étaient enlevés aux Habsbourg. Suivant une juste opinion, <( le siècle nouveau s'ouvrait pour l'Autriche par la défaite la plus complète qu'elle eût subie dans tout le courant du siècle précédent. Jamais elle n'avait été obligée de souscrire à un pareil traité'^ ». Gobenzl s'en rendait bien compte : « Le voilà, ce malheureux traité que je me suis vu dans la triste nécessité de signer. Il est affreux, et pour la forme, et pour le lond... Je n'ai pas le courage d'écrire aujourd'hui au baron de Thugut; il ne sera que trop tôt instruit de ma triste besogne 3... ».

Tels étaient les résultats de cette brillante campagne d'hiver de Tan IX, une des plus glorieuses parmi les guerres de la Révolution^. Généraux, officiers de tous grades, soldats de

1. L'archiduc Charles à l'Empereur, Vienne, 27 décembre (Hùffer, loc. cit.y t. II, p. 512-513).

2. Emile Bourgeois, Manuel historique de politique étrangère, t. II, p. 215. — « Jamais, même aux temps les plus glorieux de Louis XIV, la France n'avait conclu une paix aussi magnifique et par l'étendue des conquêtes et par celle de l'influence ouverte sur l'Europe )) (Sorel, loc. cit., t. VI, p. 97).

3. Thugut à Colloredo, Lunéville, 9 février 1801 ( Vi venot, loc. cit., t. II, p. 399-400).

4. (( La victoire de Hohenlinden a retenti dans toute l'Europe; elle sera comptée par l'histoire au nombre des plus belles journées qui aient illustré la valeur française. L'armée du Rhin^a passé l'Inn ; chaque jour a été un combat, -et chaque combat un triomphe » [Message du Premier Consul au Corps législatif, 42 nivôse {Gazette nationale des 12 et 13 nivôse an IX)].

toutes armes avaient fait preuve, dans un pays difficile et par une saison rigoureuse, des plus belles qualités militaires. Moreau ne leur ménageait pas les éloges mérités : « L'infanterie française s'est montrée, plus que jamais, par ses marches, sa bravoure, sa constance, son dévouement, son intelligence, la première infanterie du monde : elle excite à la fois l'admiration et la terreur de nos ennemis.

^) L'artillerie a toujours couru au-devant des plus grands dangers. Cette brave troupe, dont il faut, dans toutes les occasions, ralentir l'audace, ne se croit jamais assez près de l'ennemi.

)) Notre cavalerie a rivalisé avec ces deux armes. Presque partout où elle a donné, cette fameuse cavalerie autrichienne, qui affectait de la dédaigner, a été enfoncée et détruite. Même au milieu des combats, elle a beaucoup acquis pour son instruction, et bientôt elle sera aussi manœuvrière que brave.

)) Je ne dirai qu'un mot des généraux, des officiers supérieurs et d'état-major : ils n'ont cessé de se montrer dignes de marcher à la tête de semblables soldats * ».

Quant au général en chef, il avait su manier une armée de 100.000 hommes avec une prudence qui n'excluait ni la vigueur ni l'habileté. Sans doute il commit une faute en disséminant ses corps quelques jours avant Hohenlinden ; mais ses dispositions pour la bataille furent excellentes et l'emploi de ses forces logiquement et sagement calculé-. Moreau manœuvra ensuite sur l'Inn par sa droite avec un « heureux à-propos » et sut changer de système au moment opportun en opérant, au contraire, par sa gauche sur la Salzach. « Dans l'une et l'autre circonstance, il prit l'armée autrichienne »pour ainsi dire au défaut de la cuirasse... Si

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