Moreau à Reynier, Salzburg, 2 pluviôse
RASSEMBLEMENT DE l'aRMÉE DU RHIN 37
conservait un sang-froid imperturbable dans les circonstances critiques. On était certain qu'il saurait toujours limiter un revers *. Selon Ségur, « ses compagnons lui trouvaient, dans le commandement, un degré d'autorité tempérée qui leur convenait^ ». C'était, en réalité, bien souvent un défaut de vigueur qui produisit certaines mésintelligences, mais qui par contre permit à l'initiative de se manifester très heureusement en maintes circonstances^.
Les succès ininterrompus remportés sur l'ennemi depuis floréal à Engen, à Stockach,à Messkirch, à Biberach, à Hochstiidt, avaient produit parmi les troupes une très grande confiance en leurs chefs et le S3ntiment très net de leur supériorité sur l'adversaire *.
L'esprit de l'armée était excellent^; sa discipline et son attitude vis-à-vis des populations aussi bonnes que possible. Tous les témoignages sont unanimes à cet égard; il suffira d'en citer quelques-uns. « En général, dit un contemporain, il n'y a pas lieu de se plaindre de la conduite des troupes dans leurs cantonnements... Les officiers se signalent, dans le temps que leur laisse l'armistice, par une conduite aussi conforme à leur caractère qu'à leurs principes, qui sont, en temps de guerre du moins, de n'obéir qu'au devoir et à l'honneur ^ )>.
(( Il est hors de doute que tout soldat se conduit autrement en temps de guerre qu'en temps de paix, et, sans nier quel-
1. Sur Moreau voir : commandant E. Picard, Bonaparte et Moreau ipassim), et la Campagne de 1800 en Allemagne, t. I, p. 86 et suiv.