Hùfter, loc. cit., t. H, p. 383 et suiv
2. Thugut à Colloredo, 2 juillet 1800 (Vivenot, loc. cit., t. II, p. 235). — V. aussi Hûfier, loc. cit., t. II, p. 384.
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chef. Colloredo faisait observer à Thiigut que si rarchiduc Charles avait eu bien des revers, il avait su conserver la confiance et Taffection de Tarmée, sentiments qui s'étaient peu à peu répandus dans la nation entière *.
L'archiduc Charles, dans sa résidence de Prague, avait approuvé l'armistice de Parsdorf, malgré ses conditions rigoureuses, et s'était ouvertement prononcé, au mois d'août, en faveur de la paix. Il ne semble pas avoir été, dans le courant du mois de septembre, l'objet d'aucune proposition de la part du souverain relativement à la prise du commandement de l'armée^. Toujours est-il que, lorsque l'Empereur se rendit à l'armée, accompagné de son frère l'archiduc Jean, il désigna ce jeune homme de 18 ans pour prendre le commandement en chef des forces autrichiennes d'Allemagne^. L'Empereur considérait que la présence à l'armée de ce prince, qui, pour la défense de l'empire, n'hésitait pas à venir affronter les fatigues et les dangers de la guerre, serait un moyen excellent de ranimer le courage abattu des troupes et de faire comprendre à tous la nécessité de l'obéissance, de la discipline et du rétablissement de l'ordre dans l'armée^. En réalité, c'était une entreprise bien audacieuse que de confier à un homme aussi inexpérimenté les destinées de l'empire. Il était bien téméraire d'opposer à l'un des meilleurs généraux de l'époque un débutant, dont le nom et les capacités militaires étaient encore ignorés, et dont la simple présence était insuffisante pour laisser espérer la victoire à une armée découragée par tant de défaites^.
1. Colloredo à Thugut, 3 juillet 1890 (Vivenot, loc. cit., t. H, p. 23C).
2. HùlTer. loc. cit., t. II, (Zusâlze und Verbesserungen, p. Î357-558).
3. L'archiduc Charles restait chargé de la direction de l'organisation défensive de la Bohême [L'Empereur à Colloredo, Alt-Oetting, 10 octobre" (Vivenot, loc. cit., t. Il, p. 272 et suiv.)].
4. L'Empereur à l'archiduc Jean, août 1800 [Ihid., p. 262 et suiv.).
5. lleilmann, loc. cit., p. 36. — « Ce jeune prince, quoique très instruit, n'avait
l'armée autrichienne a la reprise des hostilités 45
Pour remédier à ces inconvénients, l'Empereur avait placé comme conseiller auprès de son jeune frère un général qu'il considérait « comme l'un des hommes les plus expérimentés dans l'art de la guerre ^ )), le vieux baron von Lauer. « Tu devras, écrivait l'Empereur à son frère, lui témoigner une entière confiance; en toutes circonstances et en tout ce qui concerne le commandement, tu prendras son avis et tu suivras ses conseils. En conséquence, des instructions seront données à l'état-major général et aux diverses chancelleries pour qu'aucun ordre concernant les mouvements de l'armée, les questions militaires, quelles qu'elles soient, ne puisse être rédigé ou expédié avant d'avoir été soumis au visa du général Lauer; en revanche, ta responsabilité sera entièrement dégagée en ce qui concerne les instructions données ou dispositions prises sur ton ordre ou en ton nom, après qu'elles auront été au préalable visées par le général Lauer, conformément à ces prescriptions* ».
Le baron François von Lauer était né en 1735. Après avoir fait ses études à l'Ingenieur-Akademie, il était entré comme cadet à l'armée en 1755 et avait été promu capitaine pendant la guerre de Sept ans. La paix signée, il avait entrepris de lointains voyages d'étude, accompagnant souvent dans ses tournées le directeur général du génie, qui était alors le général Pellegrini.il avait ainsi acquis des connaissances étendues dans l'art de la fortification. Il se signala au cours de la guerre contre la Turquie et en particulier au siège de Belgrade (1789),
pas la même expérience des combats que Kray et ne le surpassait, certes, ni en énergie ni en courage. Le général Chasteler, qui avait échangé la direction de l'état major contre un commandement en Tyrol, ne voyait dans le général Lauer qu'un successeur capable de le faire regretter. A la vérité, le colonel Weyrother se trouvait encore ici comme la principale cheville ouvrière sur laquelle reposaient toutes les espérantes des faiseurs de projets; il était revêtu du litre de quartier-maître général n (Jomini, Histoire critique et militaire des Guerres de la Révolution, i. XIV, p. 71-72).
1. L'Empereur à l'archiduc Jean, août 18C0 (Vivenot, loc. cit., t. II, p. 262). Hoh.enllniien. 5
OÙ son activité lui valut la croix de chevalier de Tordre de Marie-Thérèse. Nommé général- major en 1789, la guerre contre la France lui procura l'occasion de se signaler de nouveau. Commandeur de l'ordre de Marie-Thérèse à la suite de la reprise de Mannheim (1795), il fut, au début de 1796, appelé aux fonctions de directeur par intérim et d'inspecteur du génie à Vienne. Feld-maréchal-lieutenant le 4 mars 1796, il fut placé comme chef d'état major général auprès de Wûrmser. Ce fut lui qui conçut le plan compliqué qui aboutit à la bataille de Bassano ; ce fut également lui qui dirigea les travaux de défense de Mantoue et aussi ceux exécutés pendant la marche des Français sur Vienne en avril 1797. Après le traité de Campo-Formio, il fut nommé directeur général du génie. L'Empereur et Thugut le tenaient en si haute estime qu'en avril 1799, lorsque l'archiduc Charles eut demandé son rappel, il fut désigné pour accompagner comme mentor à l'armée d'Allemagne l'archiduc Joseph ;jnais il ne put alors accomplir cette mission. L'année suivante, il fut placé comme conseiller auprès de l'archiduc Jean i. Déjà, pendant le cours de la campagne, et en particulier pour l'organisation défensive de la ligne de ITnn^, on l'avait consulté, et l'on croyait ne pouvoir choisir meilleur guide pour ce jeune général^.
Lauer fut promu feldzeugmeister le 5 septembre 1800. Plus ingénieur que général, il ne réussit pas à se faire bien voir de l'armée, dont il ne put jamais gagner ni la confiance ni l'estime. « Bien éloigné de douter du mérite et des connaissances militaires de Lauer, écrit Colloredo à Thugut, il faut encore bien réfléchir s'il peut rester à la tète de l'armée, comme
1. L'état-major général comprenait, en outre, le feld-maréchal-lieutenant Stipsics et Weyrother, appelé aux fonctions de General -quartier -meister. Des deux chefs d'état major de Kray, pendant la campagne d'été, Chasteler avait pris le commandement d'une brigade dans le Tyrol et Schmidt avait reçu son congé.
2. Thugut à Colloredo, 12 juillet et 3 août (Vivenot, loc. cit., t. II, p. 245 et 253) .