Hûffer, loc. cit., t. II, p. 384 et suiv
l'armée autrichienne a la reprise des hostilités 47
il paraît qu'il a peu de confiance, de réputation. Mais par qui le remplacer^ ? » Les instructions, les dispositions de Lauer furent plus d'une fois l'objet de railleries ou de critiques. L'Empereur avait, pourtant, spécialement recommandé à Farchiduc Jean de réagir contre les habitudes de discussion et d'insubordination qui s'étaient introduites à l'armée, aussi bien en Italie qu'en Allemagne ^ ; mais ce fâcheux état d'esprit ne fit au contraire qu'empirer tant que Lauer fut présent à l'armée ^.
L'Empereur, au cours de la visite qu'il avait faite dans les cantonnements pendant le mois de septembre, avait constaté que les troupes étaient encore loin de pouvoir reprendre la lutte avec quelques chances de succès ^.
« Je désire, écrivait-il à Colloredo, que l'organisation et l'armement des bataillons soient poussés avec tout le zèle nécessaire; car, même si, grâce à Dieu, nous obtenons une prolongation d'armistice, il nous faudra travailler avec un redoublement d'activité à nos préparatifs de guerre.
» Vous avez dû savoir par le comte Lehrbach ce qui s'est passé ; pourtant je ne dois pas vous cacher, en raison de notre vieille amitié et en réponse à votre lettre particulière, que, si l'armistice n'était pas prolongé, peut-être tout ne serait-il pas suffisamment prêt pour prendre l'offensive. Il me semble que nous ne savons rien de précis sur les forces de l'ennemi; je
1. Colloredo à Thugut, 15 novembre (ViveDOl, loc. cit., t. II, p. 331).
2. « Tu auras à porter toute ton attention et à employer tous les moyens nécessaires, d'une part, pour gagner l'amour et la confiance des soldats, des officiers et des généraux, et, d'autre part, tu devras tenir slrictement à ce que chacun, quel qu'il soit, fasse exactement son devoir et aussi t'opposer sévèrement aux habitudes de discussion si nettement défendues par les règlements militaires )) [L'Empereur à l'archiduc Jean [Ibid.^ p. 262 et suiv.)].
3. Hûffer, loc. cit., t. II, p. 384 et suiv. — Lorsque, le 18 décembre, l'archiduc Charles prit le commandement en chef, son premier soin fut d'écarter ce général peu sympathique à l'armée. Lauer, retraité en 1801, mourut à Krems en 1893.