‹ Homère: poëmeChapitre 25 sur 29 · TRISTESSE EN MER · texte numérisé non relu

TRISTESSE EN MER

Les monctles volent et jouent ; Et les blancs coursici*s de la mer, Cabrés sur les vagues, secouent Leurs crins échevelés dans l'air.

Le jour tombe ; une fine pluie Éteint les fournaises du soir, Et le steam-boat crachant la suie Rabat son long panache noir;

go ÉMAUÂ ET CAMÉKS.

Plus pAle que le ciel livide Jo vais au pays du charbon.

Du brouillard et du suicide ; — Pour se tuer le temps est bon.

Mon désir avide se noie Dans le gouffre ouverl qui blanchit ; Le vaisseau danse, l'eau tournoie, Le vent de plus en plus fraichil.

Ohl je me ^^cii^ Tànie fmvït^r; L'Océan goiiJbr, eu soû|i(tatit, S:i poilriiio (ii'Mspéiét^ Comme un miii qui me (^ïiTffft'iid.

Allons, peines d'amour perdues, Espoii^ lassés, illusions Du socle idéal descendues, Un saut dans les moites sillons î

A la mci*, souffrances passées, Qui revenez toujours, pressant Vos blessures cicalrisées Pour leur faire pleurer du sang î

iUla mer. spectres de mes rèw^.

Regrets aux mortelles pàlcui-s.

Dans un cœur rouge ayant sept glaives Comme la Mère des Douleurs.

Chaque fantôme plonge et lutte Quelques instants avec le flot Qui, sur lui, ferme sa volute Et Tengloulit dans un sanglot*

Lest de l'Ame, pesant bagago.

Trésors misérables et cheis.

Sombrez, et dans votre naufrage Je vais vous suivre au fond des mers !

1*2 EMAIX ET CAMÉES.

Bleiiàlrc, enflé, méconnaissable, Bercé par le flot qui bruit, Sur Thumide oreiller de sable Je dormirai bien celte nuil î

... Mais une femme dans sa manie Sur le pont assise à Técail, Une femme jeune et cbannantc Lève vers moi son long regard.

Dans ce regard, à ma détresse La Sympathie aux bras ouverts Parle et sourit, sœur ou raaitresse.

Salut, yeux bleus, bonsoir, flots verts

Les mouettes volent et jouent ; . Et les blancs couraiers de la mor, Cabrés sur les vagues, secouent Leurs crins échevelés dans l'air.

Page 1